En 1988, Metallica était allé à fond dans sa démarche: du thrash, encore du thrash et toujours du thrash. Les morceaux d'And justice for all... étaient particulièrement aboutis, malgré des titres parfois trop longs et une production drastique et fortement critiquée. Le son des guitares y était plus sec que jamais, le son de batterie était correct mais celui de la basse était carrément inexistant. Dommage pour le nouvel arrivant, le bassiste Jason Newsted, qui avait prouvé qu'il était un remplaçant solide au défunt Cliff Burton.Malgré le succès d'And justice for all..., les membres de Metallica ont senti qu'il était plus que temps de changer de direction, sans renier leurs racines thrash, de proposer des morceaux plus accessibles et surtout plus court. Cet album éponyme paru en 1991 les imposera définitivement.
Lorsque la rumeur a indiqué que le producteur qui avait su valoriser les premières œuvres du groupe était débarqué au profit de Bob Rock, producteur qui a entre autres bossé pour Motley Crue, les fans les plus intransigeants ont eu peur que le groupe vire tapette. Heureusement, ce sera loin d'être le cas.
Je vais tuer le suspense (si suspense il y a encore): cet album est une tuerie. Sur les 12 titres qui le composent, 6 sont devenus des classiques incontournables en live et rien n'est à jeter. Franchement, que dire des titres d'ouverture comme Enter sandman et Sad but true, si ce n'est que Metallica n'avait jamais composé de tels morceaux pour ouvrir un album. C'est efficace, pas trop long et accrocheur. Et on ne peut pas dire que Hetfield and Co ont renié leurs origines. C'est bien cela le principal. Et le morceau suivant, Holier than thou, avec son riff rentre-dedans et sa batterie martiale, ne font qu'enfoncer le clou. A préciser que, surprise, on entend très bien la basse sur cet album. Il était temps!
Premier moment calme, The unforgiven. Une simili-ballade très accrocheuse, aux textes très inspirés parfaitement interprétée et riche en émotions. Pas mal de monde peut s'y identifier. Un des meilleurs moments de cet album et, en ce qui me concerne, un des titres des Four Horsemen que je préfère. Le titre suivant, Wherever I may roam, n'est pas en reste, un riff d'anthologie et une efficacité à toute épreuve qui a eu tôt fait de convaincre les fans.
Tout n'est pas parfait sur cet album, je pense à des titres comme Don't tread on me ou The God that failed, qui sont un cran au-dessous des autres baffes monumentales contenues sur cet opus. Rien de grave, mais il évident que l'on préfère des instants comme Of wolf and man, ou le mélancolique My friend of misery, co-composé par Newsted et où la basse est omniprésente. J'adore également le morceau final, The struggle within, qui achève tout le monde. Metallica a bien changé d'orientation, mais ce titre est bien du thrash pur jus, de haute volée de surcroît.
Je n'ai pas encore mentionné Nothing else matters, une ballade magnifique (et je ne suis absolument pas friand de l'exercice!). Un classique interprété à chaque concert (Comment pourrait-il en être autrement?) avec des textes qui prennent un tout autre sens dans la bouche de James Hetfield. L'individu est bien plus sensible que ce que l'on pouvait supposer.
Metallica a su s'imposer musicalement et commercialement, et c'est sans doute ce qui a déplu aux fans les plus anciens du groupe: devoir partager leur groupe fétiche avec de nouveaux fans. J'avoue que j'ai eu la même attitude avec Rammstein quand ceux-ci sont devenus plus populaires au début des années 2000 et qu'une flopée de jeunes branleurs se disaient fans de la première heure alors qu'ils ignorent que le groupe existait depuis bien plus longtemps...
Je peux comprendre que ce changement d'orientation ait pu déstabiliser les fans hardcore du groupe. Certains sont restés loyaux à Metallica, d'autres les ont quittés en les traitant de vendus. Une orientation qui sera encore plus critiquée avec Load et Reload. Mais comme je disais toujours à l'époque, critiquer Metallica, c'est comme aimer le neo-metal, c'est à la mode...
A mes yeux, il n'y a vraiment rien de choquant sur cet album, juste un groupe qui a décidé et su évoluer. Plutôt courageux pour un groupe qui aurait très bien continuer à proposer la même came à ses fans ad vitam aeternam. Un must qui se laisse réécouter avec grand plaisir, tout simplement...

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