Les années 2000 avaient plutôt mal commencé pour Alice Cooper. Les deux premiers albums sortis au cours de cette décennie, Brutal planet et Dragontown, n'avaient pas convaincu. Ce bon vieil Alice avait voulu s'orienter vers une voie qui n'était pas la sienne, celle d'un gros rock à la limite de l'industriel. Ce n'était pas du tout ce que les fans attendaient et les chiffres de vente s'en sont ressentis.Brutal planet et Dragontown étaient censés être les deux premiers volets d'une trilogie. Tout le monde s'attendait à ce que l'album suivant continue dans cette lancée. Alice Cooper, aka Vincent Furnier a pris tout le monde à contre-pied en publiant en 2003 un disque dans la plus pure lignée de ce qu'il sait faire de mieux, à savoir un bon gros hard rock des familles.
Il a su pour cela bien s'entourer, en recrutant entre autres Ryan Roxie, guitariste talentueux vu auparavant dans Slash's snakepit, ainsi que le batteur vétéran Eric Singer, qui a un CV plus long que le bras et qui a entre autres joué avec Black Sabbath et Kiss. le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Alice retrouve ses marques rapidement et nous propose un hard rock inspiré qui aurait facilement pu s'imposer auprès du grand public si son géniteur n'avait pas été Alice Cooper. L'image effrayante qu'il dégageait dans les 70's reste gravée dans les esprits bien-pensants et il est difficile, comme chacun sait, de faire changer ces mêmes esprits. Dommage pour eux, tant mieux pour nous!
Franchement, rien de mauvais dans ce disque aux titres tous plus accrocheurs les uns que les autres. Parmi ces titres de haute volée, on trouve What do you want from me?, excellent en morceau d'ouverture. Le ton est donné, et ce n'est pas des titres comme Between high school and the old school, Love should never feel like this, Man of the year ou Backyard brawl qui me feront changer d'avis. Alice Cooper a su rapidement regagner le coeur de ses fans purs et durs, et ces titres n'y sont indubitablement pas étrangers à cette reconquête.
Lorsque je vous disais qu'Alice aurait pu connaître un succès commercial, je pensais principalement à Novocaine. C'est bien fait, accrocheur comme il se doit, calibré pour la radio. Malheureusement, les programmateurs de ces mêmes radios préfèrent diffuser des âneries à longueur de journée plutôt qu'ouvrir un minimum leurs oreilles. Dommage...
Les 13 titres de cet album sont de petits bijoux dont il est impossible de se lasser, à réécouter pour se rappeler à quel point le hard rock peut être simple et accrocheur. La fan-base du groupe a d'ailleurs eu tôt fait de se ruer sur cet opus qui, en toute honnêteté, le mérite. Cela faisait bien longtemps qu'Alice Cooper n'avait plus rien sorti d'aussi intéressant.
Je vous accorde volontiers que l'originalité n'est pas le point fort de ce disque, mais on s'en fiche pas mal. Alice Cooper avait voulu changer de voie avec une réussite commerciale et artistique plutôt discutable. Avec ce retour aux sources, Alice Cooper prouve qu'il n'est pas fini et qu'il a encore de nombreuses choses à dire.
A conseiller à tous ceux qui ont aimé un jour Alice Cooper, que ce soit avec School's out, Billion dollar babies ou Hey stoopid. Un des nombreux points cuminants de la carrière du Coop'...

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