En 1982, on pouvait affirmer sans prendre de risques que Black Sabbath avait fait plus que survivre au départ (ou licenciement, ça dépend de qui en parle!!!) d'Ozzy Osbourne. Le groupe avait sorti en 1980 un brûlot de metal plombé, Heaven and hell qui tenait la dragée haute à Blizzard of Ozz paru la même année. L'univers heroic fantasy de Dio s'intégrait parfaitement à la musique de Tony Iommi et Geezer Butler. Des qualités indéniables que l'on retrouvera sur The mob rules en 1981.Sur scène, il est intéressant de voir ce que cela donnait. Avant d'écouter ce Live evil (publié en 1982) pour la première fois, je me disais que les titres écrits par Dio ne poseraient aucun problème. C'est plutôt ceux de l'ère Ozzy qui risqueraient de choquer l'oreille. Et mon instinct ne m'a pas fait me tromper cette fois-ci...
Attention, c'est très bien interprété, aucun problème là-dessus. On parle de Ronnie James Dio, tout de même. Un chanteur exceptionnel, un frontman et un songwriter de génie. Rien de moins... C'est juste que la voix de Dio est particulièrement différente d'Ozzy Osbourne. Ce dernier possède une voix nasillarde mais n'est pas très porté sur la technique, alors que Dio est sans doute plus classique dans son approche du chant. Deux méthodes qui ont indubitablement fait leurs preuves, ceci étant dit.
C'est un détail qui peut, je peux le concevoir, rebuter à la première écoute, mais il faut tenir bon et le réécouter plusieurs fois afin d'apprivoiser la bête comme il se doit. Par la suite, cet album vous fait passer un agréable moment, bien plus que cette horreur de Live at last. Les plus grands classiques y sont: N.I.B., War pigs, Iron man, Black sabbath (que Dio rend plus épique que jamais) et bien évidemment Paranoid. Parmi les titres de la période Dio, on retrouve quelques fameux instants avec entre autres Voodoo, Neon knights, Heaven and hell ou The sign of the southern cross (l'original est déjà grandiose, en live c'est encore bien mieux).
Un album en public qui rend justice aux meilleurs titres de Black Sabbath, avec un son digne de ce nom et un groupe en pleine possession de ses moyens. Un album live qui ne devrait pas réconcilier puristes avec la voix du lutin Dio, mais ce n'était pas son intention première: il s'agissait ici avant tout de montrer que le groupe était bien vivant. Pour ceux que le départ d'Ozzy a rendu inconsolables, il reste toujours Speak of the devil, un bon live du Ozz reprenant les meilleurs titres de Black Sabbath des 70's.
Malheureusement, c'est à cause de ce Live evil que le chanteur et le reste du groupe allaient se séparer, Ronnie accusant ses petits camarades de vouloir le mettre en retrait. C'est donc le début de la carrière solo de Dio et du jeu de chaises musicales pour Black Sabbath. Nos compères ne resteront pas fâchés à vie et enregistreront ensemble en 1992 Dehumanizer et formeront dans les années 2000 Heaven and hell, un groupe qui jouera les titres de Black Sabbath dans lesquels Dio aura chanté, jusqu'à cette fichue année 2010, où Ronnie James Dio tirera sa révérence à jamais. RIP Ronnie!

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