jeudi 30 décembre 2010

Les titres les plus écoutés au cours de cette année 2010

Cette année 2010 touche bientôt à sa fin, le moment est venu de faire le point sur ce que l'on a écouté au cours de cette année 2010.

En ce qui me concerne, voici les 20 titres que j'ai le plus écoutés, sans ordre particulier de préférence:

Guns'n'roses: Welcome to the jungle (Appetite for destruction)
Kiss: I was made for lovin' you (Dynasty) et Uh! all night (Asylum)
Billy Idol: Dancing with myself (Billy Idol)
Van Halen: In a simple rhyme (Women and children first)
Led Zeppelin: Dazed and confused (bootleg Live at Whiskey a Go Go,1969)
Rammstein: Waidmanns Heil (Liebe ist für alle da)
Lenny Kravitz: Where are we runnin' (Baptism)
Ozzy Osbourne: Let it die (Scream)
Scorpions: When the smoke is going down (Blackout)
Nirvana: Pennyroyal tea (In utero)
Black Sabbath: The sign of the southern cross (The mob rules)
Pink Floyd: Money (Dark side of the moon)
Motley Crue: Live wire (Too fast for love)
Type O negative: Unsuccesfully coping with the natural beauty of infidelity (Slow deep and hard)
Black Label Society: Whiter shade of pale (Hangover music Vol.5)
Gary Moore: Back on the streets (Back on the streets)
AC/DC: Whole lotta Rosie (AC/DC Live)
Slade: Born to be wild (Slade alive)
Deep Purple: Fools (Fireball)

Et vous, quelle serait la set-list idéale de cette année 2010?

mercredi 22 décembre 2010

Poison - Look what the cat dragged in


Bon, je vous vois arriver avec vos gros sabots. Non, le chroniqueur n'a pas viré de bord! Il est vrai que les mecs(?) de Poison ont toujours eu un look plus ridicule que la moyenne des groupes de glam des 80's (et ce n'est pas un mince exploit!). Mais on parle de musique sur ce blog, et le reste on s'en fiche, non?
Le combo américain avait autant de fans et de détracteurs. Pourtant, quand on y réfléchit bien, que proposait Poison sur ce premier opus, paru en 1986? Des brûlots de rock, avec des grosses guitares, des riffs simples mais efficaces, des textes orientés sexe, fête et rock'n'roll, tout simplement. Une recette qui ressemble étrangement à la formule utilisée par des groupes comme AC/DC ou Kiss.

Poison, très clairement, a su être représentatif de son époque. Il n'était guère original, je vous l'accorde, mais ce n'était pas le seul groupe de ce style à souffrir de ce défaut. Des titres qui vous droit au but, un groupe qui n'a pas la prétention de révolutionner le style et qui a juste pour but de vous faire passer un bon moment, rien de mal à cela me semble-t-il...

Parmi les dix titres proposés sur cet album, plusieurs sont devenus des classiques du groupe: Talk dirty to me, Look what the cat dragged in et surtout I want action. C'est on ne peut plus efficace: une fois entendu, une fois mémorisé à jamais. Pas le temps de s'ennuyer une seconde: ce disque est vraiment un hymne à la fête. En ce sens, en peut dire que Poison avait ce petit côté "branleur" que l'on retrouvait sur les premiers Guns'n'roses ou Motley Crue. En ces temps de grisaille, cela ne peut pas faire de tort.

D'autant plus que la production n'a pas trop souffert du temps qui passe, et on devine difficilement que cet album a été publié au milieu des années 80, chose que l'on ne peut pas concéder pour les premiers Motley Crue ou Warrant, au hasard. Les musiciens ont sans nul doute un look plus que risible, mais en ce qui concerne leurs compétences en matière de rock'n'roll, rien à redire. Brett Michaels a une voix plus que correcte, ce qui change des voix de canard que l'on entend chez Ratt ou Warrant. CC DeVille sait parfaitement se débrouiller avec un manche de guitare et nous pond des riffs diaboliquement efficaces et des soli bien troussés, la section rythmique, représentée par le bassiste Bobby Dall et le batteur Rikki Rockett, fait bien plus que servir de métronome.

Poison a montré dès son premier effort qu'il fallait compter sur lui, et l'avenir lui a donné raison. Il est clair que le look glamouze en a rebuté plus d'un, je peux le comprendre, mais il est tout aussi évident que ce groupe était tout sauf dénué de talent. La génération suivante, celles des Nirvana, Pearl Jam and Co ne s'est pas gênée par traîner la mouvance glam dans la boue et Poison en a pâti, mais c'est injuste dans le sens où ce sont les excès et le mode de vie des groupes de glam et non pas la musique qui a été critiquée.

Look what the cat dragged in n'est sans doute pas le disque le plus original qui soit, mais il atteint très facilement son but, à savoir vous divertir. Maintenant, à vous de voir si vous pouvez vous concentrer sur la musique et ignorer ce qui va autour.

mercredi 8 décembre 2010

Overkill - Bloodletting


Overkill a beau faire partie des seconds couteaux du thrash, il n'en demeure pas moins increvable. Pourtant, qui aurait parié un kopeck sur ce groupe certes de qualité, mais pour qui l'efficacité prime sur l'originalité et qui ne s'est pas beaucoup renouvelé depuis ses débuts? Pas moi, je l'avoue. Près de 25 ans après ses débuts discographiques, Overkill est toujours là, fidèle au poste, malgré le fait que le groupe ne soit jamais devenu le nouveau cador du thrash. Autant d'années, avec autant de changements de musiciens, de galères et de petits succès. Bloodletting, publié en 2001, en fait incontestablement partie.

Pour ce qui est de la musique, je vais être bref, on reste en terrain connu. On ne va pas s'en plaindre, car l'ensemble est globalement bon. On retrouve ce qui a fait la marque de fabrique du groupe: la voix nasillarde de Bobby Ellsworth, la basse qui vous vrille l'estomac dans les talons de DD Verni, des riffs de guitares acérés et un cogneur de fûts qui frappe comme si sa vie en dépendait.
Sur l'état de la boucherie Overkill, vous trouverez des morceaux de premier choix: le titre d'introduction, Thunderhead, efficace en diable, What I'm missin' qui enfonce le clou, ou les deux tueries finales, My name is pain ou Can't kill a dead man.

Cependant, je dois reconnaître que le groupe a tenté quelques petites choses, afin d'apporter une couleur, une nuance plus sombre à leur musique. Personnellement, j'accroche moins aux morceaux en question (Bleed me, Death comes out to play, Left hand man ou Blown away) mais je me refuse toutefois à dire que ce sont de mauvaises chansons. C'est juste qu'elles sont moins immédiates que ce que les Américains ont l'habitude de proposer, et cela surprend.

Pour le reste, comme je l'ai déjà indiqué, vous n'êtes pas en terrain inconnu et si vous avez aimé les albums précédents comme WFO ou From the underground and below, vous aimerez forcément celui-ci, même si Overkill vous présente une facette de sa personnalité moins immédiate.

Je ne trouve pas grand-chose de plus à dire au sujet de ce groupe, très bon au demeurant, mais qui reste malgré tout un inconnu comparé aux géants du genre tels Metallica ou Megadeth qui, eux, ont bien évolué depuis leurs débuts. Vous me direz: "on ne change pas une formule qui marche" et vous auriez bien raison. Mais avec le temps, les mêmes ficelles continuent à lasser et il est effectivement plus que temps qu'Overkill se décide un peu à expérimenter.
Il y aura toujours des fans qui refuseront que leur groupe fétiche change un peu la donne (dites aux fans d'AC/DC de faire autre chose que du AC/DC, pour voir!), mais je fais partie de la seconde catégorie qui préfère qu'un groupe prenne des risques, quitte à se casser la figure.
A vous de voir dans quelle catégorie vous vous classez. Mais pour ce qui est de ce Bloodletting, vous pouvez y aller en toute confiance, c'est un bon disque.

mercredi 1 décembre 2010

Bathory - Destroyer of worlds


Encore un groupe loin d'être facile à suivre! Génial précurseur de la musique extrême, avec des albums qui ont ouvert la voie au black metal tels The return (déjà chroniqué en ces lignes) ou Under the sign of the black mark, Bathory s'est ensuite orienté avec succès vers ce que l'on a appelé par la suite le viking metal avec des albums grandioses tels Hammerheart ou Twilight of the Gods, avant de se vautrer lamentablement avec un thrash basique avec des opus comme Octagon ou Requiem. Cela fait beaucoup d'orientations musicales tout ça...
Sans compter que ce groupe (si l'on peut dire, car il est notoire que Bathory est le projet d'un seul homme, Quorthon, bien que ce dernier ait parfois utilisé quelques musiciens de session en studio) ne s'est jamais beaucoup frotté aux médias et qu'il n'a jamais foulé une scène pour défendre sa musique devant un public, il faut bien reconnaître que le bonhomme n'a jamais rien fait pour devenir populaire...
Après plusieurs années de silence, Bathory est revenu en 2001 avec ce Destroyer of Worlds. Verdict?

Le premier constat est que cet album est long long, trop peut-être. 13 titres, 65 minutes, ça surprend pour de la part de Quorthon. La pochette pourrait laisser penser que Bathory revient sur ce qu'il a fait de mieux, à savoir le viking metal. C'est en partie vrai, mais je nuancerais en disant que les ambiances black et le thrash ne sont pas bien loin.
L'album débute par trois compositions plus qu'intéressantes, Lake of fire, Destroyer of worlds et Ode. C'est lourd de chez lourd, parfois on croirait presque à du doom, mais la marque de fabrique Bathory est belle et bien présente. Lake of fire et Ode arrivent à me prendre aux tripes, ce qui n'est pas un mince exploit, surtout quand je me rappelle le dégoût engendré par une horreur comme Requiem. Il semblerait que Quorthon ait décidé de travailler la production (moins crade qu'à l'accoutumée) et ses compositions, autrement plus inspirées que ce qu'il avait pu faire au milieu des années 90. Parmi les autres excellents moments, je me dois également de relever Day of wrath, qui laisse augurer du meilleur pour la suite.

Ce bon constat rendra la suite bien moins reluisante: Quorthon a voulu faire trop long et a inclus des titres plus faibles, avec plus ou moins de potentiel. Dans la première catégorie, je placerais bien volontiers Pestilence, 109, Sudden death et White bones, sympathiques, mais trop fouillés pour être accrocheurs. Ces morceaux sonnent malheureusement bâclés et il faut bien reconnaître que malgré le génie de Quorthon, le thrash n'est pas son truc. Il y a très clairement bien mieux dans le genre. Je me répète, cela se laisse écouter sans problème, mais des groupes comme Slayer ont fait bien mieux.

Mais là où cela se corse vraiment, ce sont pour les 5 titres restants. C'est tout simplement inintéressant et indigne du talent de Quorthon. Pourquoi s'est il décidé à publier ces titres de remplissage? Nous n'aurons jamais la réponse (puisque le monsieur est parti au Valhalla en 2004), mais ce qui est sûr, c'est que cela pue la facilité et le ratage intégral. Aucune utilité, vraiment... Avec la meilleure volonté du monde, je ne vois rien d'autre à en dire.

Si Bathory n'avait sorti que les huit premiers titres que j'ai évoqué ci-dessus, Destroyer of worlds aurait fait partie de ses disques-phares. Mais 5 titres sur 13, cela fait beaucoup et une telle quantité de titres médiocres finit par plomber un album, peu importe lequel. Destroyer of Worlds est franchement plus intéressant que des bouses comme Octagon, mais il n'y pas de quoi s'en relever la nuit.

Sympathique, mais guère essentiel. A vous de voir...

mercredi 24 novembre 2010

Dimmu Borgir - Abrahadabra


Encore un gros morceau de cette année 2010. On peut dire qu'il était attendu au tournant, ce nouvel opus des Norvégiens. Pensez donc: la formation qui avait signé des chefs-d'œuvres comme Puritanical Euphoric Misanthropia ou Death Cult Armageddon s'est séparé de son clavier (Mustis) et de son bassiste chanteur (ICS Vortex); les leaders du groupe, Shagrath (chant) et Silenoz (guitare) ont décidé, du moins pour le moment, de ne pas remplacer les partants (ou virés, ça dépend de qui raconte l'histoire).
Quand on connait l'importance de ces deux musiciens sur les œuvres précitées, ça génère beaucoup d'inquiétude. A juste titre? Oui et non.

Les trois membres restants, à savoir Shagrath, Silenoz et Galder (guitare), ne sont pas des manches et savant composer. D'ailleurs, il était certain que l'envie d'en découdre allait être belle et bien présente. Les bonnes idées également. C'est que les gaillards sont doués pour le gros œuvre. Par contre, pour les finitions, Mustis et ICS Vortex n'étaient pas de trop, pourrait-on penser à l'écoute de ce Abrahadabra.

Les trois survivants ont voulu prouver qu'ils savaient toujours jouer du black metal symphonique et qu'ils sont toujours au pic de leur forme. Il est évident qu'ils n'on plus rien à prouver. Alors pourquoi cette débauche de symphonique? Trop, c'est trop, et on risque l'indigestion à la fin de l'album.

Dès le morceau d'introduction, Xibir, on comprend que l'album sera symphonique ou ne sera pas. Idem avec le premier extrait de l'album, Gateways, sur lequel participe la chanteuse Agnete Kjolsrud, et avec Chess with the abyss (où participe en tant que musicien de session le bassiste-chanteur Snowy Shaw, connu pour ses participations à Therion, autre pilier de la musique symphonique, on arrive à satiété. Ce sont personnellement les titres qui peinent le plus à me convaincre. Que l'on s'entende bien, ce n'est pas mauvais, j'affirme juste que si les Norvégiens avaient su distiller un peu de subtilité et un peu moins forcer sur le symphonique, l'album et la musique auraient gagné en cohérence et clarté.

Par contre, Born Treacherous avec son riff d'introduction 100% black metal, Ritualist, le superbe Dimmu Borgir et le final Endings and continuations sont d'excellents morceaux qui auraient très bien pu figurer sur Dath Cult Armageddon, tant ces titres sont excellents. Les Scandinaves ont encore la dalle et ces morceaux permettent facilement à ces derniers de clore leur bec à leurs détracteurs.

Les autres morceaux, The demiurge molecule, A jewel traced through coal ou Renewal présentent un intérêt certain, mais donnent l'impression que parfois les Norvégiens sont en pilotage automatique. Dommage, car jusqu'à présent, Dimmu Borgir n'avait jamais donné l'impression d'avoir sombré dans la facilité...

4 excellents titres, 3 titres qui auraient mérité mieux et trois autres plutôt dispensables, voici le bilan de ce Dimmu Borgir cuvée 2010. Plutôt maigre, par rapport à ce à quoi Shagrath and Co nous avaient habitués jusqu'à présent. Il serait inapproprié de dire qu'il s'agit d'un mauvais album, puisque celui-ci contient des titres franchement intéressants (et vu le contexte dans lesquels ils ont été écrits, c'était loin d'être gagné d'avance!), mais je parlerais bien volontiers d'un album de transition, pour lequel Shagrath et Silenoz ont voulu se prouver à eux même qu'ils pouvaient se passer des services de Mustis et ICS Vortex.
Mais remplacer des musiciens de ce calibre n'est pas chose aisée, surtout en si peu de temps. Même si Snowy Shaw est loin d'être un incompétent, sa prestation est loin de faire oublier le travail d'ICS Vortex.
Allez les gars, tout espoir n'est pas perdu, recherchez des mecs solides qui pourront vous seconder et bossez vos compositions! La prochaine fois, je ne serais peut-être pas aussi tendre avec vous...

mercredi 17 novembre 2010

Coroner - Mental Vortex


Pas facile de suivre un groupe comme Coroner. Non pas qu’il soit mauvais, bien au contraire, mais le combo helvétique fait dans le thrash ultra-technique, un thrash qui rendrait presque simpliste la musique de Metallica, Exodus, Slayer et consorts. Dès ses débuts, le trio suisse a su imposer une recette efficace qui a su se bonifier avec le temps. Le groupe a sorti à la fin des 80’s et au début des 90’s des disques géniaux, que ce soit avec R.I.P. ou le référentiel No more colors. Mental vortex, paru en 1991, est le digne successeur de cette galette de légende.

En fait, là où je voulais en venir quand je disais que ce groupe était difficile à suivre, c’est que le groupe recherchait la complexité alors que d’autres se seraient largement contentés de jouer des morceaux plus basiques. C’est très bien interprété, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais je peux comprendre que cela peut sembler indigeste.

D’ailleurs, cette technicité est à double tranchant : inutile de dire que reproduire certains morceaux sur scène s’est avéré compliqué. La scène a toujours été le point faible des Suisses, ce qui n’a pas joué en leur faveur. Les Helvètes ont toujours été perçus comme un groupe renfermé, peu chaleureux : autrement dit, pas évident d’être populaire dans ces conditions.

Heureusement que la musique et les albums studios font plus que tenir la route et ce Mental vortex ne déroge pas à la règle. La musique de Coroner est comme le cochon : tout y est bon ! Je ne vois rien à jeter sur cet album, même si j’ai un faible pour la triplette Son of Lilith, Semtex revolution, sirens ainsi que pour About life. De grands moments de thrash souvent copiés mais rarement égalés. C’est excellent de bout en bout, le trio est plus qu’inspiré et talentueux.

A noter que cet opus se termine par une reprise, un classique des Beatles, I want you (She’s so heavy). Là, je ne risque pas d’être objectif, étant donné que j’apprécie fortement le combo de Liverpool et qu’Abbey road est mon disque favori des 60’s. Mais force est de reconnaître que sans dénaturer son style, Coroner sait insuffler force et vigueur à la musique des Beatles. L’exercice est souvent casse-gueule, mais le résultat fait plus que tenir ses promesses.

Je ne peux que vous conseiller de vous ruer sur toute la discographie de Coroner, groupe fortement méconnu et trop injustement sous-estimé. Ce groupe n’a jamais sorti de disques pourris, son seul tort est de ne pas avoir su s’adapter aux dures lois du business de la musique. Dommage, mais il n’est pas trop tard pour redécouvrir ce combo aussi génial que talentueux qu’était Coroner.

mercredi 10 novembre 2010

Celtic Frost - Cold Lake


Celtic Frost avit montré dès ses premiers albums de grandes choses, que ce soit avec Morbid Tales, To Megatherion ou avec le génial Into the Pandemonium. Ce précurseur du metal extrême connaissait pourtant des tensions internes qui ont fait splitter le groupe après la sortie de ce dernier album. Le leader du groupe, Thomas Gabriel Fischer, alias Tom Gabriel Warrior, aurait pu très bien décider d'en rester là. Pourtant, il a décidé de reformer Celtic Frost avec d'autres musiciens pour écrire un nouvel album, Cold lake.

Et là, c'est le drame...

Cet album paru en 1988 a sans doute été la déception majeure de cette annéé-là. Le problème de cet album, ce n'est pas qu'il est intrinsèquement mauvais (jai entendu bien pire depuis), mais c'est qu'il n'aurait jamais dû être publié sous le nom de Celtic Frost. Il s'agit en effet d'un album de rock, du gros rock qui tache, comme aurait très bien pu générer Motley Crue, par exemple. Même si on y reconnait la griffe de Fischer, impossible d'admettre que nous avons affaire ici à un album de groupe suisse maintes fois copié et rarement égalé. Assumant sa démarche jusqu'au bout, Celtic Frost adopte la panoplie du parfait glam rocker...

Une catastrophe sans nom, voilà ce que l'on peut retenir de Cold lake. Bien plus que d'avoir changé d'orientation musicale avec plus ou moins de succès, Cold lake est coupable d'avoir sali un nom jusque-là irréprochable.
Difficile de dire si l'ambition de Fischer lui a fait penser qu'ne empruntant cette voie, il connaîtrait le succès. Mais c'est tout le contraire qui s'est produit: ce disque est trop sombre pour les fans de hard rock US des 80's et bien trop calme pour les fans du Celtic Frost originel. Bref, l'art et la manière de perdre en un album sa notoriété et sa crédibilité. Pas un mince exploit! Si cela n'est pas du sabordage, je ne m'y connais guère...

La musique en elle-même? Comme le disais ci-dessus, cela se laisse écouter, mais franchement pas de quoi s'en réveiller la nuit. Les autres musiciens, Stephen Priestly à la batterie et Oliver Armberg à la guitare entre autres, sont musicalement impeccables, mais quand les compositions ne sont pas terribles à l'origine, difficile d'empêcher l'ensemble de prendre l'eau.

J'ai relu des chroniques d'époque de cet album et j'ai constaté que la presse était unanime à ce sujet: quelle daube! Thomas Gabriel Warrior était grillé pour plusieurs années, et même l'album suivant, Vanity/Nemesis, représentant pourant une marche arrière, n'a pas non plus connu le succès. A tel point que le groupe s'est séparé pour de longues années.

Fischer avait tout perdu le jour où cet album était sorti, et il faudra attendre les années 2000 pour que les helvètes se reforment et engendrent le magistral Monotheist, qui a repris les choses là où Into the Pandemonium les avait laissées.

Cold lake est une déception comme j'en ai rarement connu. Même pour ses géniteurs, c'est pour dire: Celtic Frost a décidé de ne jamais rééditer cet album. Je n'ai pas d'autres exemples de groupes qui aient eu la même démarche vis-à-vis d'un album qui les aurait déçus.

Impossible de défendre l'indéfendable...