Affichage des articles dont le libellé est Années 2010. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Années 2010. Afficher tous les articles

mercredi 23 novembre 2011

Lou Reed & Metallica - Lulu



« La merde a de l’avenir. Vous verrez qu’un jour on en fera des discours. »
Louis-Ferdinand Céline

On en fait même des disques...

Qu'on soit bien d'accord, Lou Reed, j'ai du respect pour l'artiste. Metallica, vous l'avez compris, c'est un de mes groupes préférés.
Mais ce Lulu, fruit de la collaboration entre ces deux monstres sacrés de la musique, est une merde. Passez votre chemin, il y a bien mieux ailleurs.
J'ai du mal à croire que des musiciens aussi reconnus aient pu oser sortir un disque aussi nul. On dirait une jam impromptue avec des musiciens complètement défoncés enregistrée à leur insu. Même la pochette est à l'avenant du contenu: à chier!

Un des journalistes qui avait écouté l'album avant sa sortie avait parlé de mélange entre le Berlin de Reed et le Master of Puppets de Metallica. Mec, achète-toi des oreilles, et accessoirement un cerveau, parce que là, on est loin du compte!
Comment ont-ils pu se fourvoyer à ce point? C'est tout bonnement incompréhensible! Reed parlait récemment du meilleur disque jamais sorti. C'est peut-être le cas dans son univers, mais pas dans celui des gens à peu près normaux!

Bref, un disque ahurissant de nullité, chiant comme la pluie, qui n'apporte rien aux deux parties concernées, si ce n'est des moqueries. Leur crédibilité va en prendre un sérieux coup. Je suis déçu, extrêmement désappointé, et je ne pense pas être le seul.

Un projet qui s'avérait intéressant sur le papier, mais qui est en fait une des pires horreurs de ces dernières années. A tel point que je trouverais presque le dernier album solo de Gene Simmons, Asshole, intéressant, c'est tout dire!

Il y a eu des tas de bons disques cette année, alors ne vous encombrez pas de ce disque aussi inutile que nul.

mercredi 16 novembre 2011

Lenny Kravitz - Black and white America


Kravitz est tout de même un artiste étonnant. Capable de meilleur comme du pire, ce multi-instrumentiste et compositeur de génie m'avait pas mal déçu avec son précédent album paru en 2008, It is time for a love revolution. J'ai eu beaucoup de mal à accrocher, malgré la présence du titre Bring it on que n'aurait pas renié Jimi Hendrix.
Lorsqu'il avait annoncé que son nouvel album serait fortement teinté de funk, mes craintes sont réapparues. Et bien, cette fois-ci, j'en suis pour mes frais, car Black and white America, sorti cette année, n'est pas mal du tout.

Certes, tout n'est pas parfait, encore une fois, sur cet album. Je reproche à Black and white America d'être encore une fois de plus trop long et de contenir des titres de remplissage. 16 titres, c'est indigeste, et en tout honnêteté, 4 d'entre eux auraient pu servir de faces B: je pense notamment à Boongie Drop, Sunflower, Life Ain’t Ever Been Better Than It Is Now et Dream. Des titres qui n'apportent pas grand chose si ce n'est une envie irrépressible d'appuyer sur la touche Next de votre lecteur CD!

Par contre, pour le reste, on a affaire à du très bon: les dix premiers titres (à part Boongie Drop) sont tout simplement ce que Kravitz a fait de mieux depuis un bon moment. C'est funk par moments (Black and white America, Come on Get it, Liquid Jesus) très souvent rock (Rock star city life), souvent calibré pour la radio (Stand), mais sans jamais tomber dans les poncifs du genre. Et ça, ça fait un bien monstrueux à une époque où tout est formaté et où le talent semble être une chose du passé...

S'inspirant de son histoire personnelle (pas facile d'être le fruit des amours d'un père blanc et d'une mère noire dans l'Amérique des 60's), Lenny Kravitz a su se renouveler avec intelligence. Black and white America peut s'avérer déroutant à la première écoute mais vaut vraiment la peine que l'on s'accroche. Dans le genre funk/rock/pop, ce disque est nettement meilleur que 5 (déjà chroniqué en ces lignes), qui pourtant était déjà bien funk dans l'esprit.

Un des meilleurs albums de l'année 2011? A ma grande surprise, oui, incontestablement!

mercredi 7 septembre 2011

Loudblast - Frozen moments between life and death


Cela faisait bien longtemps que nous n'avions pas eu un nouvel album des pionniers du thrash/death français. 7 ans que le combo lillois n'avait pas publié de nouvel album. Et encore, Planet pandemonium était loin d'être ce que le groupe avait fait de mieux. Trop lourd, pas assez varié et donnant une sensation de travail bâclé. Il fallait donc remonter jusque 1998 pour avoir un album suffisamment consistant. Une éternité! Loudblast devait à tout prix se faire pardonner et ce Frozen moments between life and death, sorti cette année, devrait réconcilier les Lillois et son public.

Premier constat: le leader Stéphane Buriez a changé deux membres de son groupe: Alex Colin-Tocquaine (Aggressor) est avantageusement remplacé par un quasi-inconnu, Drakhian, un musicien talentueux qui devrait bientôt faire parler de lui. A la basse, exit François Jamin, bienvenue à Alexandre Lenormand, qui officie avec brio sur ce disque.

Des changements qui n'apportent que du plus car, par rapport à la période Planet Pandemonium, on sent que le groupe a de nouveau la dalle et cela fait toute la différence. Sur les 9 titres que comporte cet opus, il n'y a rien à jeter. On y trouve du bon et du très bon. La qualité des titres est assez homogène mais l'un d'entre eux mérite que l'on s'y attarde un peu. Je parle bien sûr d'Emptiness crushes my soul. On retrouve tous les éléments que l'on adorait avec des albums comme Disincarnate ou Sublime Dementia. La puissance de feu du groupe ne peut être remise en doute, Stéphane Buriez et Drakhian assurent comme des malades à la guitare, Hervé Cocquerel (batterie) est toujours fidèle à lui-même: efficace, carré, impeccable de bout en bout. l'un des meilleurs batteurs français? Indubitablement!
Et difficile aussi de nier que la production signée Peter Tägtgren est plus qu'appréciable: au moins Stéphane Buriez a su retenir les leçons de Planet Pandemonium.

Difficile de trouver à redire sur ce nouvel opus qui fait partie, en ce qui me concerne, des excellentes surprises de cette année 2011. Et je pense qu'il faudra faire fort pour surpasser cette année le groupe nordiste.

Avec ce Frozen moments between life and death, Loudblast revient sur le devant de la scène et ne devrait plus le quitter pendant un moment. Avec Gojira et Loudblast, nous avons enfin deux groupes hexagonaux qui peuvent enfin s'imposer sur la scène metal internationale. Il était plus que temps!

Courrez vite vous procurer ce disque, il mérite amplement votre attention!

mercredi 27 avril 2011

Crowbar - Sever the wicked hand


J'avoue que c'est la première fois que j'écoute en entier un album de Crowbar. Je sais, je devrais avoir honte, car ce groupe est vraiment excellent. Et ce n'est pas Sever the wicked hand, le neuvième album album du groupe paru en 2011, qui arrivera à me faire penser le contraire.

Pour tous ceux qui ne connaîtraient pas Crowbar, ce groupe joue une musique qui mêle habilement stoner, doom et power metal. En gros, ils se situent quelque part entre Black Sabbath et Pantera. Il y a bien pire comme maîtres à penser. En ce qui me concerne, la première référence qui m'est venue à l'esprit, c'est l'album Come my fanatics de Electric Wizard. Ceci étant, malgré toutes ces influences, Crowbar a su rester lui-même.

On sent qu'il y a eu un travail phénoménal, et tous les glandus du métal qui se contentent du strict minimum peuvent en prendre de la graine. Car Kirk Windstein (également impliqué dans de nombreux projets tels Kingdom of Sorrow, Down ou Superjoint ritual) et sa bande savent être originaux tout en conservant leur spontanéité et leur efficacité. C'est lourd de chez lourd, parfois dépressif même (je pense là à Let me mourn ou à Liquid Sky and Cold black earth), mais malgré tout, ça passe tout seul et on n'a pas le temps de s'ennuyer, ce qui devient de plus en plus rare dans le milieu du rock.

J'ai bien du mal à distinguer l'un ou l'autre titre car tous se valent. Cela faisait longtemps qu'un groupe et un disque de ce style ne m'avaient pas bluffés. Pour l'instant, cet album fait clairement partie de mon top 5, et je crois qu'il va falloir faire très fort pour l'en déloger.

Avec autant de qualités, il est vraiment étonnant que Crowbar n'ait pas réussi à obtenir plus de succès au sien de la scène metal, parce qu'avec des albums comme celui-ci, ça ne serait franchement pas volé. Foncez vous procurer Sever the wicked hand, impossible qu'il vous laisse indifférent. Je vous recommande également des albums comme Broken glass (1996) ou Old fellows rest (1998), qui prouveront sans aucune peine que Crowbar mérite véritablement plus de reconnaissance et que l'auteur de ces lignes ne s'emballe pas pour un phénomène éphémère.

Une chouette petite découverte en tous cas, j'espère qu'il en sera de même pour vous.

mercredi 23 février 2011

Blackrain - Lethal dose of...


Ce jeune groupe français, je ne l'avais pu vu arriver! Ce groupe de glam/sleaze, existant depuis 2002 était passé relativement inaperçu malgré des qualités indéniables sur disque ou sur scène. Bien injuste, car ce combo n'a rien à envier aux plus grands du genre et en plus, leur nouvel album, Lethal dose of...,publié en février 2011, vous colle une rouste comme je m'en suis rarement pris, ce que des groupes confirmés tels que Guns'n'roses ou Motley Crue ne semblent plus capables de faire.

Au programme, je veux vous l'accorder, rien de bien original. Du gros glam rock gonflé à la testostérone, mais bien inspiré. C'est bien simple, rien n'est à jeter, on n'a pas le temps de s'ennuyer une minute. Cela faisait bien longtemps qu'un groupe de ce style, et français de surcroît, ne m'avait pas scotché à ce point. Les Suédois d'Hardcore Superstar avaient bien réussi à attirer mon attention, mais rien de comparable à ce qui nous intéresse aujourd'hui.
Dès le morceau d'ouverture, Get a gun, on comprend que nos quatre glamouzes ne sont pas là pour plaisanter. Pour la suite, la puissance de frappe ne faiblit pas (bon, qu'on s'entende bien , ça reste du glam rock, pas du Mortician, hein!) et on trouve plein de pépites qui feront des merveilles en concert: Overloaded, I need my doctor, Baby shoot me down, Burn'n'die, Rock'n'jive. Tout dans la musique et l'attitude de ce groupe me fait penser à Too fast for love, le premier disque de Motley Crue, à une époque lointaine où ce dernier avait la dalle.

D'ailleurs, Lethal dose of... et cette illustre référence partagent un point commun: dommage qu'ils ne bénéficient pas d'une production à la hauteur, car à la place de très bons albums, nous aurions eu de grands albums. Pas grave, on ne va pas chipoter, car la qualité des compositions est bien au rendez-vous.

Ce Lethal dose of... est le disque idéal pour vous refiler la pêche dès le matin. Cette galette a aussi le mérite de vous rendre accro: depuis que je me suis procuré cet album, plus moyen de l'enlever de mon lecteur cd. C'est plutôt bon signe, non?

Ma chronique peut sembler brève, mais je n'ai pas grand chose à rajouter de plus sur ce groupe brillant qui connaîtra la gloire s'il continue à faire ce qu'il faut quand il le faut, si ce n'est qu'il mérite toute votre attention et votre soutien. Courrez acheter ce disque, il le vaut bien.

mercredi 24 novembre 2010

Dimmu Borgir - Abrahadabra


Encore un gros morceau de cette année 2010. On peut dire qu'il était attendu au tournant, ce nouvel opus des Norvégiens. Pensez donc: la formation qui avait signé des chefs-d'œuvres comme Puritanical Euphoric Misanthropia ou Death Cult Armageddon s'est séparé de son clavier (Mustis) et de son bassiste chanteur (ICS Vortex); les leaders du groupe, Shagrath (chant) et Silenoz (guitare) ont décidé, du moins pour le moment, de ne pas remplacer les partants (ou virés, ça dépend de qui raconte l'histoire).
Quand on connait l'importance de ces deux musiciens sur les œuvres précitées, ça génère beaucoup d'inquiétude. A juste titre? Oui et non.

Les trois membres restants, à savoir Shagrath, Silenoz et Galder (guitare), ne sont pas des manches et savant composer. D'ailleurs, il était certain que l'envie d'en découdre allait être belle et bien présente. Les bonnes idées également. C'est que les gaillards sont doués pour le gros œuvre. Par contre, pour les finitions, Mustis et ICS Vortex n'étaient pas de trop, pourrait-on penser à l'écoute de ce Abrahadabra.

Les trois survivants ont voulu prouver qu'ils savaient toujours jouer du black metal symphonique et qu'ils sont toujours au pic de leur forme. Il est évident qu'ils n'on plus rien à prouver. Alors pourquoi cette débauche de symphonique? Trop, c'est trop, et on risque l'indigestion à la fin de l'album.

Dès le morceau d'introduction, Xibir, on comprend que l'album sera symphonique ou ne sera pas. Idem avec le premier extrait de l'album, Gateways, sur lequel participe la chanteuse Agnete Kjolsrud, et avec Chess with the abyss (où participe en tant que musicien de session le bassiste-chanteur Snowy Shaw, connu pour ses participations à Therion, autre pilier de la musique symphonique, on arrive à satiété. Ce sont personnellement les titres qui peinent le plus à me convaincre. Que l'on s'entende bien, ce n'est pas mauvais, j'affirme juste que si les Norvégiens avaient su distiller un peu de subtilité et un peu moins forcer sur le symphonique, l'album et la musique auraient gagné en cohérence et clarté.

Par contre, Born Treacherous avec son riff d'introduction 100% black metal, Ritualist, le superbe Dimmu Borgir et le final Endings and continuations sont d'excellents morceaux qui auraient très bien pu figurer sur Dath Cult Armageddon, tant ces titres sont excellents. Les Scandinaves ont encore la dalle et ces morceaux permettent facilement à ces derniers de clore leur bec à leurs détracteurs.

Les autres morceaux, The demiurge molecule, A jewel traced through coal ou Renewal présentent un intérêt certain, mais donnent l'impression que parfois les Norvégiens sont en pilotage automatique. Dommage, car jusqu'à présent, Dimmu Borgir n'avait jamais donné l'impression d'avoir sombré dans la facilité...

4 excellents titres, 3 titres qui auraient mérité mieux et trois autres plutôt dispensables, voici le bilan de ce Dimmu Borgir cuvée 2010. Plutôt maigre, par rapport à ce à quoi Shagrath and Co nous avaient habitués jusqu'à présent. Il serait inapproprié de dire qu'il s'agit d'un mauvais album, puisque celui-ci contient des titres franchement intéressants (et vu le contexte dans lesquels ils ont été écrits, c'était loin d'être gagné d'avance!), mais je parlerais bien volontiers d'un album de transition, pour lequel Shagrath et Silenoz ont voulu se prouver à eux même qu'ils pouvaient se passer des services de Mustis et ICS Vortex.
Mais remplacer des musiciens de ce calibre n'est pas chose aisée, surtout en si peu de temps. Même si Snowy Shaw est loin d'être un incompétent, sa prestation est loin de faire oublier le travail d'ICS Vortex.
Allez les gars, tout espoir n'est pas perdu, recherchez des mecs solides qui pourront vous seconder et bossez vos compositions! La prochaine fois, je ne serais peut-être pas aussi tendre avec vous...

mercredi 20 octobre 2010

Spiritual Beggars - Return to zero


Spiritual Beggars est le second groupe de Michael Amott. Oui, le guitariste de feu Carcass, le leader du fameux Arch Enemy. Des groupes excellents, dans un style bien sauvage. Pourtant, le talent du monsieur ne se limite pas à une musique bien couillue, puisqu'il sait proposer, avec toujours autant de maestria, une musique proche du stoner, très inspirée par Deep Purple et Uriah Heep. Quitte à se rapprocher de ce qui se faisait dans le passé, autant le faire avec brio, et c'est ce que Spiritual Beggars a toujours fait. Et ce nouvel opus ne déroge pas à la règle. Return to Zero est un disque formidable, l'un des disque phares de cette année 2010.

Il a fallu 5 ans pour que les Suédois se décident à donner un successeur au non moins brillant Demons. Il faut bien dire qu'Amott, entre Arch Enemy et la reformation de Carcass, n'a pas chômé. Entre-temps, il a fallu également trouver un remplaçant au chanteur JB, parti tenter sa chance avec le génial Grand Magus (qui a aussi un opus majeur cette année, Hammer of the north). Ce remplaçant n'est pas du tout un inconnu, puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'Apollo Papathanasio, chanteur de Firewind (groupe dont est issu Gus G., l'actuel gratteux d'Ozzy Osbourne). Un choix surprenant, puisque Firewind est plus un groupe de heavy, mais un choix payant.

Papathanasio possède un timbre nettement plus aigu que ses prédécesseurs, mais cela sied parfaitement à la musique du groupe. A de nombreux instants (nous y reviendrons plus en détails par la suite), sa voix me fait penser à celle de David Byron, chanteur original du mythique Uriah Heep. Quelle coïncidence!

Pour ce qui est de la musique proposée sur Return to zero, je vais tuer le suspense et faire bref: cet album est génial de bout en bout et il n'y a vraiment rien à redire. C'est du grand art, et il est bien dommage que l'on n'en trouve pas plus souvent. J'ai beau écouter et réécouter ce disque, je ne vois pas absolument pas ce qu'on pourrait lui reprocher. Les 13 titres passent très vite, trop même, et vous n'avez absolument pas le temps de vous ennuyer.

J'aurais bien du mal à vous citer un titre qui surpasse les autres, tant les 13 morceaux qui composent Return to Zero sont magnifiques. La triplette Lost in Yesterday, Star born et The Chaos of rebirth est imparable: on se croirait revenu à la grande époque des années 70 sans pour autant que le tout sonne suranné. Une sacrée performance! Parmi les autres coups de cœur, je citerais bien volontiers We are free, Coming home et Believe in me. C'est impeccable de bout en bout, je n'arrive vraiment pas à comprendre pourquoi ce groupe est si peu connu, car il mériterait d'avoir la même réputation que les combos de légende que je citais au début de cette chronique.

Le disque se termine d'ailleurs par une reprise d'Uriah Heep, Time to live (que l'on retrouve sur le légendaire Salisbury, le second opus des Anglais. Même si la prise de risques est minime, on sent que les Suédois sont habités par la musique de la bande à Mick Box. Et Apollo Papathanasio est plus que crédible dans son rôle de vocaliste. Très franchement, si Uriah Heep cherche un chanteur qui soit capable de reprendre les titres de la période David Byron, qu'il ne cherche pas plus loin!

Je pensais avoir trouvé quel serait mon disque n°1 pour cette année 2010, et ce Return to Zero me fait à présent douter. Il faut bien dire que les disques de qualité ne manquent pas cette année. Cette nouvelle galette des Suédois sera sur mon podium, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Courrez vite chez votre disquaire habituel, vous ne serez absolument pas déçus.

mercredi 29 septembre 2010

Scorpions - Sting in the tail


La nouvelle annonçant que Scorpions, après plus de 30 ans de carrière, allait raccrocher les guitares a largement fait l'effet d'une bombe. Le groupe allemand est un pionnier du heavy metal et à ce titre paraissait indéboulonnable, malgré plusieurs faux-pas qui ont émaillé sa carrière. Le groupe a expliqué qu'il préférait tirer sa révérence sur une bonne note plutôt que décliner à petit feu. Intention louable... Le groupe devrait s'arrêter après la tournée qui suit la sortie de leur tout dernier album, Sting in the tail. Alors que dire de ce nouvel opus, sorti en 2010, sans tomber dans l'émotion et restant objectif?

On peut dire tout simplement que l'on ne risquera pas d'être surpris. Dans l'ensemble, les titres sont sympathiques et peuvent plaire aux fans de la première heure tout comme au quidam lambda et à la ménégère de plus de 40 ans...

Je m'explique: dans l'ensemble, Meine, Schenker and Co nous proposent plusieurs titres assez énervés pour plaire à la frange la plus agressive du groupe (dont je fais indubitablement partie), mais continuent à nous proposer quelques compositions plus calme. Je vous l'avais dit, pas de surprise à ce niveau-là. Ce n'est pas après avoir sorti autant d'albums que l'on va changer leurs habitudes, d'autant plus qu'il y a bien pire dans le genre.

On commence avec Raised on rock et Sting in the tail, des titres bien troussés, bien rentre-dedans (enfin, ça reste du Scorpions, les Allemands ne se sont pas mis à faire du thrash, hein!) et on se dit que la renaissance engagée quelques années plus tôt avec l'album Unbreakable est désormais acquise. Une sensation facilement confirmée à l'écoute de titres comme Rock zone, Let's rock ou No limit.

La suite est du même calibre et il n'y vraiment pas de quoi être étonné ni déçu outre-mesure. Scorpions fait bel et bien du Scorpions, et on ne s'en plaindra pas. C'est au niveau des titres plus calmes que l'on peut chercher la petite bête. Lorelei, la première ballade, me laisse dubitatif. Les allemands ont fait bien pire, mais à part rameuter un public plus mainstream, je ne vois pas l'intérêt. The good die young, où figure l'ex-chanteuse de Nightwish Tarja Turunen, me donne la même impression. De même, Sly, soit l'acronyme de Still loving you, me laisse pantois: quand on veut rendre hommage à un tel titre, il faut au minimum s'assurer de la qualité de ce que l'on propose. Mais là, c'est un morceau fadasse qui nous est servi, et c'est vraiment le seul sur lequel je peux dire m'être carrément ennuyé.

Le titre final, The best is yet to come, avec son refrain et ses choeurs, tombent dans facilité, mais c'est un titre sympa. J'ai cependant connu des morceaux concluant des albums de Scorpions bien plus intéressants, je pense notamment à Holiday sur Lovedrive, ou à When the smoke is going down sur Blackout. Bah, je dois déjà être un vieux con qui ne fait que ressasser le passé...

Les trois autres morceaux, Slave me, Turn you on ou Spirit of rock, laisse entrevoir de bonnes idées, mais ces dernières ne me semblent pas totalement abouties. Le résultat? Des titres inégaux, qui auraient pu s'avérer excellents avec un peu plus de travail.

Le bilan de cet album, c'est que Scorpions, après autant de temps en studio et sur scène, reste globalement performant. L'ensemble reste inégal, et le bon côtoie le gnan-gnan, mais si cet opus devait réellement être le chant du cygne de ce groupe de légende, autant vous dire qu'il me laissera une bonne impression. Je me répète, le groupe a sorti des bien meilleurs albums dans les années 70 et 80, mais la qualité de celui-ci reste plus qu'acceptable, surtout en comparaison d'albums pourris comme Eyes II eyes.

Elles sont vraiment coriaces, ces bêtes à pince...

vendredi 30 juillet 2010

Soulfly - Omen


Le moins que l'on puisse dire, c'est que Soulfly a pas mal bourlingué depuis ses débuts. Passant d'un neo-metal opportuniste (avec une tripotée de stars du moment) avec leur premier album éponyme, à un retour aux sources salutaire (Dark ages), Soulfly s'est désormais tourné vers un hardcore bien burné à la limite du thrash. Pour résumer, le groupe vogue au gré des envies de son leader incontesté (et incontestable), le fameux Max Cavalera. Oui, le fameux Max qui s'est engueulé avec son ancien groupe Sepultura et qui n'a depuis lors cessé de jouer au martyr.
Sepultura a continué de proposer des albums consistants, pas toujours inspirés, mais à la qualité constante. Qu'en est-il de ce Soulfly cuvée 2010?

Les premiers opus de Cavalera en solo m'avaient effectivement moyennement plu, le retour au bon thrash de Dark ages avait fortement remonté le groupe dans mon estime. Et avec Omen, le niveau est toujours aussi élevé. Max est inspiré ce coup, même si parfois certains passages laissent penser qu'il ne s'est pas trop foulé pour écrire ses chansons.

Nous n'y coupons pas, chaque album a ses invités et Omen ne déroge pas à la règle. Nous avons Greg Puciato de Dillinger Escape Plan sur Rise of the fallen, un titre fort sympathique. Tommy Victor fait une légère apparition sur Lethal injection, un titre qui fait partie du ventre mou de l'album.

Outre Rise of the fallen, plusieurs titres valent vraiment le détour, à commencer par le morceau d'ouverture, Bloodbath and beyond,parfait pour ouvrir un concert. Max a encore la rage, aucun doute là-dessus! Great depression est aussi pas mal dans le genre, un titre efficace qui fait mal là où il passe.

Lethal injection et Kingdom me laissent assez indifférents, peut-être que Max s'est laissé aller à la facilité sur ce coup-là. De même, je trouve des titres comme Off with their heads et Mega-doom ne réussissent pas à me captiver. Quelques heures de travail en plus et ces chansons auraient pu être géniales. Quel gâchis! Heureusement que la prestation incroyable de son guitariste Marc Rizzo fait plus que sauver les meubles. Encore heureux que les morceaux suivants font preuve d'une sauvagerie inouïe, je pense entre autres à Jeffrey Dahmer (du nom du fameux serial-killer), Vulture Culture ou Counter sabotage. C'est brut de décoffrage et ça ne fait pas de quartiers, tant mieux pour nous.

L'album se termine par l'incontournable instrumental, Soulfly VII, qui une fois encore, a toutes les peines du monde à décoller. C'est plat, complètement mou. Il faudra que Max pense à arrêter son trip, ce type d'instrumental n'apporte rien et dessert les albums plutôt qu'autre chose...

Max prouve qu'il sait encore écrire des titres à l'efficacité redoutable, mais il est vraiment dommage qu'il ne travaille pas plus certains titres. Pourtant, ce n'est pas les compétences des musiciens qui l'entourent qui le freinent, loin de là: Marc Rizzo est vraiment un guitariste hors-pair, Bobby Burns et Joe Nunez proposent une rythmique pachydermique qui n'a rien à envier aux plus grands du genre. Faudra penser à faire attention, Max, à force de faire dans la facilité et de tomber dans des concepts éculés, tu risques de te planter...

Pour faire simple, Omen est un bon album, certes pas le meilleur de l'année et il ne deviendra une référence du genre. Mais il vous permet de passer un agréable moment et il ne vous lasse pas à la longue, ce qui en soi est déjà pas mal. Est-ce suffisant toutefois? A vous de voir...

mardi 27 juillet 2010

Korn - III: Remember who you are



Korn est l'archétype du groupe difficile à suivre. Parti d'un neo-metal classique (style dont il est l'un des géniteurs), le groupe s'est orienté par la suite vers un metal sombre teinté d'indus et de new wave. Des évolutions qui ont quelque peu bouleversé les fans et qui ont connu des fortunes diverses, avec du bon (je pense à See you on the other side) et du moins bon (Untitled). Pour cette année 2010, Korn a voulu replonger dans ces racines en proposant un metal proche de ce qu'il faisait à ses débuts et en réembauchant son producteur fétiche, le fameux Ross Robinson.
Le quatuor californien nous a pondu en cette année 2010 un album plus que jamais torturé et sombre. Disséquons la bête...

Après une intro qui annonce la couleur suit un Oildale (Leave me alone) sombre, effrayant. Les angoisses du chanteur Jonathan Davis ne se sont pas calmées et son chant nous fiche toujours les pétoches. Il est vraiment grave, ce type! Force est néanmoins de constater qu'il s'est donné à fond, puisque son chant est impeccable de bout en bout.
Davis évoque son problème d'addiction aux médicaments avec Pop a pill, un morceau encore plus sombre que le précédent. Je n'aimerais vraiment pas me retrouver dans son cerveau qui est en plus piteux état que l'esprit de groupe de l'équipe de France de football.
Heureusement que la suite se veut plus entraînante et moins déprimante: des titres comme Fear is a placce to live, Move on, Let the guilt go ou Are you ready to live sont nettement moins empreints de noirceur, ce qui n'est pas un mal, car je pense en toute sincérité que j'aurais eu toutes les peines du monde à écouter d'une traite des titres aussi " dark " qu' Oildale par exemple.
Lead the parade, Never around ou The past, quant à eux, sont assez moyens. Pas la faute de Davis, mais des titres en eux-mêmes. Il faut bien dire qu'on a parfois l'impression que le guitariste Munky et le bassiste Fieldy ne se sont pas trop foulés sur ce coup-là. Ca reste efficace, mais pour la technique et l'originalité, vous repasserez! A noter que le nouveau batteur du groupe, Ray Luzier, est impérial derrière ses fûts. Ce type est impressionnant: c'est vraiment le batteur qu'il fallait à Korn, et personnellement, je le trouve bien meilleur que David Silveria, qui pourtant assurait une ryhtmique phénoménale.
Holding all these lies est particulièrement convaincant, mais on a un sentiment de déjà-entendu, surtout quand Jonathan Davis se met à pleurer à la fin du morceau. Ce la nous prend aux tripes, mais on ne peut que se remémorer que cette ficelle n'est pas nouvelle puisque Davis en avait fait autant sur le titre Daddy, issu du premier album éponyme.

Ce III: Remember who you are est globalement bon, malgré quelques légères déceptions. Le groupe retrouve son lustre d'antant et cela devrait plaire aux fans purs et durs. On regrettera juste que le groupe a évité cette fois-ci toute prise de risques et que certains membres groupes se soient laissés aller à la facilité. Rien de grave, mais le groupe devra y prêter attention par la suite s'il veut garder son aura.
Un des disques majeurs de cette année 2010? Oui, assurément! Sans doute pas le meilleur, mais tout de même.

vendredi 23 juillet 2010

Ozzy Osbourne - Scream

Cela faisait un moment que l'on n'avait plus entendu parler du Ozz, musicalement parlant s'entend. Cependant les dernières nouvelles n'étaient pas des plus rassurantes puisque les rumeurs indiquaient que Zakk Wylde, le guitariste d'Osbourne depuis 1988, avait été remercié, de même que le batteur Mike Bordin.
Le challenge allait être terrible à relever. Wylde étant l'un des meilleurs guitaristes de sa génération, je voyais très mal qui aurait assez de cran pour lui succéder. Ce courageux (ou suicidaire, c'est selon), Gus G., du groupe Firewind. Un quasi-inconnu en dehors de la scène metal, mais loin d'être un manche. A la batterie, on retrouve Tommy Clufetos, un membre du groupe de Rob Zombie. Un choix efficace.
En plus, les derniers albums n'avaient pas été franchement folichons. Ozzmosis, Down to earth, Black rain et l'album de reprises Under cover étaient loins de faire partie des meilleurs disques que Madman ait sorti, malgré quelques bons moments.

Je vais tuer le suspense tout de suite, cet album est MAGNIFIQUE. Le meilleur depuis No more tears. Rien de moins. Musicalement, on n'est pas loin des compositions des compositions de Wylde. Gus G. est un guitariste hors-norme, rien ne l'arrête. Le Grec nous sort des soli de toute beauté, au moins aussi bons que ceux de son prédécesseur.
La triplette d'ouverture Let it die, Let me hear you scream et Soul sucker donne le ton de l'album. De la folie furieuse!!! Diggin' me down, Fearless, I want it more et Latimer's mercy confirment que groupe ainsi reconstitué déchire tout sur son passage. Les soli vont écœurer pas mal de guitaristes en herbe...

Bon, tout n'est pas parfait sur ce disque. Life won't wait, Crucify et Time sont difficile d'accès, un peu trop laborieux à mon goût. Pas mal, mais je ne suis pas convaincu. A noter que Time est le reflet de l'amour d'Ozzy Osbourne pour les Beatles, avec les chœurs typique de la bande à John Lennon. Et je ne parle pas du morceau final, I love you all, une espèce d'outro pas vraiment indispensable.

Bref, un grand moment de hard rock. Je ne m'attendais plus à grand-chose de la part d'Osbourne, mais je me suis pris une bonne baffe, comme ça ne m'était plus arrivé depuis longtemps. Le meilleur album de 2010? Attendons de voir ce que l'année 2010 nous réservera encore pour l'affirmer, mais je pense que ce disque figurera au moins sur le podium. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

vendredi 16 avril 2010

Krokus - Hoodoo

Dans le monde du hard rock, Krokus a toujours été considéré comme un second couteau. Il faut bien reconnaître que le mimétisme avec les Australiens d'AC/DC a toujours été un frein pour les Suisses. Ces derniers n'ont jamais véritablement réussi à se démarquer de leurs illustres aînés, malgré une série d'albums de qualité, comme Metal rendez-vous ou One vice at the time. Ce nouvel opus va-t-il changer la donne? Hoodoo est un album de haute volée, mais ce n'est pas encore cette fois-ci que le groupe helvétique va surclasser la concurrence.

Le chanteur Marc Storace possède encore, malgré les années, un organe proche de Bon Scott. Les guitaristes Fernando Von Arb et Mark Kohler auraient pu être très facilement remplacés par les frères Young. C'est bien là le problème, les Suisses manquent cruellement d'originalité. A plusieurs reprises, il m'est arrivé de dire: "Tiens, ils se sont inspirés du riff de Bad boy boogie" ou "on dirait Girls got rhythm ou If you want blood." A un point que cela devient gênant... Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit de plagiat, loin de là, mais le tout sonne comme du déjà entendu.

Attention, l'album est bon, et si vous êtes nostalgique des premiers AC/DC, ce disque vous comblera pleinement. C'est efficace, entraînant, bien produit, ça donne envie de taper frénétiquement du pied. Sans conteste, Hoodoo entre dans le top 5 des meilleurs albums du groupe, ce qui n'est pas rien. Les morceaux sont particulièrement bien construits et il est évident que les membres du groupe ont pris un grand plaisir à les composer. J'adore des titres comme Drive it in, Hoodoo woman ou Rock'n'roll hanshake. Par contre, léger bémol, la reprise de Steppenwolf, n'apporte pas grand-chose à l'ensemble. Je ne vois pas trop pourquoi ils ont tenu à réenregistrer ce morceau maintes fois copié et rarement également. Autant j'adore la version live enregistrée par Slade, autant là je ne vois pas l'intérêt d'une telle reprise. Un léger faux-pas qui ne gâche pas grand-chose car tout le reste de l'album est excellent. Je pourrais encore vous citer des titres comme Dirty street ou Shoot of love qui vous font penser aux grandes heures d'AC/DC à l'époque où Bon Scott s'égosillait en son sein.

Le bassiste et producteur Chris Von Rohr a déclaré lors de la sortie de l'album que Hoodoo pouvait facilement concurrencer Black ice, le dernier opus d'AC/DC. Permettez-moi d'être un peu plus circonspect... Certes, Black ice n'est pas le meilleur album des Australiens, mais au moins ceux-ci sont les dépositaires d'une certaine idée du rock, alors que Krokus ne fait que suivre les bases établies.
Hoodoo est un album hautement recommandable du point de vue de la qualité. Le contraire eut été étonnant, Krokus n'a jamais rien sorti de foncièrement mauvais. Par contre, pour l'originalité, vous repasserez. La discographie pré-1980 d'AC/DC est l'influence prédominante des Helvètes et ces derniers seraient de fieffés menteurs s'ils affirmaient le contraire. A vous de voir ce que vous attendez d'un album de hard rock, mais si vous attendez de l'originalité, passez votre chemin. Si vous voulez des classiques à la pelle, courrez chez votre disquaire. It's up to you!