
Celtic Frost avit montré dès ses premiers albums de grandes choses, que ce soit avec Morbid Tales, To Megatherion ou avec le génial Into the Pandemonium. Ce précurseur du metal extrême connaissait pourtant des tensions internes qui ont fait splitter le groupe après la sortie de ce dernier album. Le leader du groupe, Thomas Gabriel Fischer, alias Tom Gabriel Warrior, aurait pu très bien décider d'en rester là. Pourtant, il a décidé de reformer Celtic Frost avec d'autres musiciens pour écrire un nouvel album, Cold lake.
Et là, c'est le drame...
Cet album paru en 1988 a sans doute été la déception majeure de cette annéé-là. Le problème de cet album, ce n'est pas qu'il est intrinsèquement mauvais (jai entendu bien pire depuis), mais c'est qu'il n'aurait jamais dû être publié sous le nom de Celtic Frost. Il s'agit en effet d'un album de rock, du gros rock qui tache, comme aurait très bien pu générer Motley Crue, par exemple. Même si on y reconnait la griffe de Fischer, impossible d'admettre que nous avons affaire ici à un album de groupe suisse maintes fois copié et rarement égalé. Assumant sa démarche jusqu'au bout, Celtic Frost adopte la panoplie du parfait glam rocker...
Une catastrophe sans nom, voilà ce que l'on peut retenir de Cold lake. Bien plus que d'avoir changé d'orientation musicale avec plus ou moins de succès, Cold lake est coupable d'avoir sali un nom jusque-là irréprochable.
Difficile de dire si l'ambition de Fischer lui a fait penser qu'ne empruntant cette voie, il connaîtrait le succès. Mais c'est tout le contraire qui s'est produit: ce disque est trop sombre pour les fans de hard rock US des 80's et bien trop calme pour les fans du Celtic Frost originel. Bref, l'art et la manière de perdre en un album sa notoriété et sa crédibilité. Pas un mince exploit! Si cela n'est pas du sabordage, je ne m'y connais guère...
La musique en elle-même? Comme le disais ci-dessus, cela se laisse écouter, mais franchement pas de quoi s'en réveiller la nuit. Les autres musiciens, Stephen Priestly à la batterie et Oliver Armberg à la guitare entre autres, sont musicalement impeccables, mais quand les compositions ne sont pas terribles à l'origine, difficile d'empêcher l'ensemble de prendre l'eau.
J'ai relu des chroniques d'époque de cet album et j'ai constaté que la presse était unanime à ce sujet: quelle daube! Thomas Gabriel Warrior était grillé pour plusieurs années, et même l'album suivant, Vanity/Nemesis, représentant pourant une marche arrière, n'a pas non plus connu le succès. A tel point que le groupe s'est séparé pour de longues années.
Fischer avait tout perdu le jour où cet album était sorti, et il faudra attendre les années 2000 pour que les helvètes se reforment et engendrent le magistral Monotheist, qui a repris les choses là où Into the Pandemonium les avait laissées.
Cold lake est une déception comme j'en ai rarement connu. Même pour ses géniteurs, c'est pour dire: Celtic Frost a décidé de ne jamais rééditer cet album. Je n'ai pas d'autres exemples de groupes qui aient eu la même démarche vis-à-vis d'un album qui les aurait déçus.
Impossible de défendre l'indéfendable...

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