
Pas facile de suivre un groupe comme Coroner. Non pas qu’il soit mauvais, bien au contraire, mais le combo helvétique fait dans le thrash ultra-technique, un thrash qui rendrait presque simpliste la musique de Metallica, Exodus, Slayer et consorts. Dès ses débuts, le trio suisse a su imposer une recette efficace qui a su se bonifier avec le temps. Le groupe a sorti à la fin des 80’s et au début des 90’s des disques géniaux, que ce soit avec R.I.P. ou le référentiel No more colors. Mental vortex, paru en 1991, est le digne successeur de cette galette de légende.
En fait, là où je voulais en venir quand je disais que ce groupe était difficile à suivre, c’est que le groupe recherchait la complexité alors que d’autres se seraient largement contentés de jouer des morceaux plus basiques. C’est très bien interprété, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais je peux comprendre que cela peut sembler indigeste.
D’ailleurs, cette technicité est à double tranchant : inutile de dire que reproduire certains morceaux sur scène s’est avéré compliqué. La scène a toujours été le point faible des Suisses, ce qui n’a pas joué en leur faveur. Les Helvètes ont toujours été perçus comme un groupe renfermé, peu chaleureux : autrement dit, pas évident d’être populaire dans ces conditions.
Heureusement que la musique et les albums studios font plus que tenir la route et ce Mental vortex ne déroge pas à la règle. La musique de Coroner est comme le cochon : tout y est bon ! Je ne vois rien à jeter sur cet album, même si j’ai un faible pour la triplette Son of Lilith, Semtex revolution, sirens ainsi que pour About life. De grands moments de thrash souvent copiés mais rarement égalés. C’est excellent de bout en bout, le trio est plus qu’inspiré et talentueux.
A noter que cet opus se termine par une reprise, un classique des Beatles, I want you (She’s so heavy). Là, je ne risque pas d’être objectif, étant donné que j’apprécie fortement le combo de Liverpool et qu’Abbey road est mon disque favori des 60’s. Mais force est de reconnaître que sans dénaturer son style, Coroner sait insuffler force et vigueur à la musique des Beatles. L’exercice est souvent casse-gueule, mais le résultat fait plus que tenir ses promesses.
Je ne peux que vous conseiller de vous ruer sur toute la discographie de Coroner, groupe fortement méconnu et trop injustement sous-estimé. Ce groupe n’a jamais sorti de disques pourris, son seul tort est de ne pas avoir su s’adapter aux dures lois du business de la musique. Dommage, mais il n’est pas trop tard pour redécouvrir ce combo aussi génial que talentueux qu’était Coroner.

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