vendredi 6 août 2010

Black Sabbath - Live evil

En 1982, on pouvait affirmer sans prendre de risques que Black Sabbath avait fait plus que survivre au départ (ou licenciement, ça dépend de qui en parle!!!) d'Ozzy Osbourne. Le groupe avait sorti en 1980 un brûlot de metal plombé, Heaven and hell qui tenait la dragée haute à Blizzard of Ozz paru la même année. L'univers heroic fantasy de Dio s'intégrait parfaitement à la musique de Tony Iommi et Geezer Butler. Des qualités indéniables que l'on retrouvera sur The mob rules en 1981.

Sur scène, il est intéressant de voir ce que cela donnait. Avant d'écouter ce Live evil (publié en 1982) pour la première fois, je me disais que les titres écrits par Dio ne poseraient aucun problème. C'est plutôt ceux de l'ère Ozzy qui risqueraient de choquer l'oreille. Et mon instinct ne m'a pas fait me tromper cette fois-ci...

Attention, c'est très bien interprété, aucun problème là-dessus. On parle de Ronnie James Dio, tout de même. Un chanteur exceptionnel, un frontman et un songwriter de génie. Rien de moins... C'est juste que la voix de Dio est particulièrement différente d'Ozzy Osbourne. Ce dernier possède une voix nasillarde mais n'est pas très porté sur la technique, alors que Dio est sans doute plus classique dans son approche du chant. Deux méthodes qui ont indubitablement fait leurs preuves, ceci étant dit.

C'est un détail qui peut, je peux le concevoir, rebuter à la première écoute, mais il faut tenir bon et le réécouter plusieurs fois afin d'apprivoiser la bête comme il se doit. Par la suite, cet album vous fait passer un agréable moment, bien plus que cette horreur de Live at last. Les plus grands classiques y sont: N.I.B., War pigs, Iron man, Black sabbath (que Dio rend plus épique que jamais) et bien évidemment Paranoid. Parmi les titres de la période Dio, on retrouve quelques fameux instants avec entre autres Voodoo, Neon knights, Heaven and hell ou The sign of the southern cross (l'original est déjà grandiose, en live c'est encore bien mieux).

Un album en public qui rend justice aux meilleurs titres de Black Sabbath, avec un son digne de ce nom et un groupe en pleine possession de ses moyens. Un album live qui ne devrait pas réconcilier puristes avec la voix du lutin Dio, mais ce n'était pas son intention première: il s'agissait ici avant tout de montrer que le groupe était bien vivant. Pour ceux que le départ d'Ozzy a rendu inconsolables, il reste toujours Speak of the devil, un bon live du Ozz reprenant les meilleurs titres de Black Sabbath des 70's.

Malheureusement, c'est à cause de ce Live evil que le chanteur et le reste du groupe allaient se séparer, Ronnie accusant ses petits camarades de vouloir le mettre en retrait. C'est donc le début de la carrière solo de Dio et du jeu de chaises musicales pour Black Sabbath. Nos compères ne resteront pas fâchés à vie et enregistreront ensemble en 1992 Dehumanizer et formeront dans les années 2000 Heaven and hell, un groupe qui jouera les titres de Black Sabbath dans lesquels Dio aura chanté, jusqu'à cette fichue année 2010, où Ronnie James Dio tirera sa révérence à jamais. RIP Ronnie!

mardi 3 août 2010

Metallica - Metallica

En 1988, Metallica était allé à fond dans sa démarche: du thrash, encore du thrash et toujours du thrash. Les morceaux d'And justice for all... étaient particulièrement aboutis, malgré des titres parfois trop longs et une production drastique et fortement critiquée. Le son des guitares y était plus sec que jamais, le son de batterie était correct mais celui de la basse était carrément inexistant. Dommage pour le nouvel arrivant, le bassiste Jason Newsted, qui avait prouvé qu'il était un remplaçant solide au défunt Cliff Burton.
Malgré le succès d'And justice for all..., les membres de Metallica ont senti qu'il était plus que temps de changer de direction, sans renier leurs racines thrash, de proposer des morceaux plus accessibles et surtout plus court. Cet album éponyme paru en 1991 les imposera définitivement.

Lorsque la rumeur a indiqué que le producteur qui avait su valoriser les premières œuvres du groupe était débarqué au profit de Bob Rock, producteur qui a entre autres bossé pour Motley Crue, les fans les plus intransigeants ont eu peur que le groupe vire tapette. Heureusement, ce sera loin d'être le cas.

Je vais tuer le suspense (si suspense il y a encore): cet album est une tuerie. Sur les 12 titres qui le composent, 6 sont devenus des classiques incontournables en live et rien n'est à jeter. Franchement, que dire des titres d'ouverture comme Enter sandman et Sad but true, si ce n'est que Metallica n'avait jamais composé de tels morceaux pour ouvrir un album. C'est efficace, pas trop long et accrocheur. Et on ne peut pas dire que Hetfield and Co ont renié leurs origines. C'est bien cela le principal. Et le morceau suivant, Holier than thou, avec son riff rentre-dedans et sa batterie martiale, ne font qu'enfoncer le clou. A préciser que, surprise, on entend très bien la basse sur cet album. Il était temps!

Premier moment calme, The unforgiven. Une simili-ballade très accrocheuse, aux textes très inspirés parfaitement interprétée et riche en émotions. Pas mal de monde peut s'y identifier. Un des meilleurs moments de cet album et, en ce qui me concerne, un des titres des Four Horsemen que je préfère. Le titre suivant, Wherever I may roam, n'est pas en reste, un riff d'anthologie et une efficacité à toute épreuve qui a eu tôt fait de convaincre les fans.
Tout n'est pas parfait sur cet album, je pense à des titres comme Don't tread on me ou The God that failed, qui sont un cran au-dessous des autres baffes monumentales contenues sur cet opus. Rien de grave, mais il évident que l'on préfère des instants comme Of wolf and man, ou le mélancolique My friend of misery, co-composé par Newsted et où la basse est omniprésente. J'adore également le morceau final, The struggle within, qui achève tout le monde. Metallica a bien changé d'orientation, mais ce titre est bien du thrash pur jus, de haute volée de surcroît.
Je n'ai pas encore mentionné Nothing else matters, une ballade magnifique (et je ne suis absolument pas friand de l'exercice!). Un classique interprété à chaque concert (Comment pourrait-il en être autrement?) avec des textes qui prennent un tout autre sens dans la bouche de James Hetfield. L'individu est bien plus sensible que ce que l'on pouvait supposer.

Metallica a su s'imposer musicalement et commercialement, et c'est sans doute ce qui a déplu aux fans les plus anciens du groupe: devoir partager leur groupe fétiche avec de nouveaux fans. J'avoue que j'ai eu la même attitude avec Rammstein quand ceux-ci sont devenus plus populaires au début des années 2000 et qu'une flopée de jeunes branleurs se disaient fans de la première heure alors qu'ils ignorent que le groupe existait depuis bien plus longtemps...

Je peux comprendre que ce changement d'orientation ait pu déstabiliser les fans hardcore du groupe. Certains sont restés loyaux à Metallica, d'autres les ont quittés en les traitant de vendus. Une orientation qui sera encore plus critiquée avec Load et Reload. Mais comme je disais toujours à l'époque, critiquer Metallica, c'est comme aimer le neo-metal, c'est à la mode...
A mes yeux, il n'y a vraiment rien de choquant sur cet album, juste un groupe qui a décidé et su évoluer. Plutôt courageux pour un groupe qui aurait très bien continuer à proposer la même came à ses fans ad vitam aeternam. Un must qui se laisse réécouter avec grand plaisir, tout simplement...

vendredi 30 juillet 2010

Soulfly - Omen


Le moins que l'on puisse dire, c'est que Soulfly a pas mal bourlingué depuis ses débuts. Passant d'un neo-metal opportuniste (avec une tripotée de stars du moment) avec leur premier album éponyme, à un retour aux sources salutaire (Dark ages), Soulfly s'est désormais tourné vers un hardcore bien burné à la limite du thrash. Pour résumer, le groupe vogue au gré des envies de son leader incontesté (et incontestable), le fameux Max Cavalera. Oui, le fameux Max qui s'est engueulé avec son ancien groupe Sepultura et qui n'a depuis lors cessé de jouer au martyr.
Sepultura a continué de proposer des albums consistants, pas toujours inspirés, mais à la qualité constante. Qu'en est-il de ce Soulfly cuvée 2010?

Les premiers opus de Cavalera en solo m'avaient effectivement moyennement plu, le retour au bon thrash de Dark ages avait fortement remonté le groupe dans mon estime. Et avec Omen, le niveau est toujours aussi élevé. Max est inspiré ce coup, même si parfois certains passages laissent penser qu'il ne s'est pas trop foulé pour écrire ses chansons.

Nous n'y coupons pas, chaque album a ses invités et Omen ne déroge pas à la règle. Nous avons Greg Puciato de Dillinger Escape Plan sur Rise of the fallen, un titre fort sympathique. Tommy Victor fait une légère apparition sur Lethal injection, un titre qui fait partie du ventre mou de l'album.

Outre Rise of the fallen, plusieurs titres valent vraiment le détour, à commencer par le morceau d'ouverture, Bloodbath and beyond,parfait pour ouvrir un concert. Max a encore la rage, aucun doute là-dessus! Great depression est aussi pas mal dans le genre, un titre efficace qui fait mal là où il passe.

Lethal injection et Kingdom me laissent assez indifférents, peut-être que Max s'est laissé aller à la facilité sur ce coup-là. De même, je trouve des titres comme Off with their heads et Mega-doom ne réussissent pas à me captiver. Quelques heures de travail en plus et ces chansons auraient pu être géniales. Quel gâchis! Heureusement que la prestation incroyable de son guitariste Marc Rizzo fait plus que sauver les meubles. Encore heureux que les morceaux suivants font preuve d'une sauvagerie inouïe, je pense entre autres à Jeffrey Dahmer (du nom du fameux serial-killer), Vulture Culture ou Counter sabotage. C'est brut de décoffrage et ça ne fait pas de quartiers, tant mieux pour nous.

L'album se termine par l'incontournable instrumental, Soulfly VII, qui une fois encore, a toutes les peines du monde à décoller. C'est plat, complètement mou. Il faudra que Max pense à arrêter son trip, ce type d'instrumental n'apporte rien et dessert les albums plutôt qu'autre chose...

Max prouve qu'il sait encore écrire des titres à l'efficacité redoutable, mais il est vraiment dommage qu'il ne travaille pas plus certains titres. Pourtant, ce n'est pas les compétences des musiciens qui l'entourent qui le freinent, loin de là: Marc Rizzo est vraiment un guitariste hors-pair, Bobby Burns et Joe Nunez proposent une rythmique pachydermique qui n'a rien à envier aux plus grands du genre. Faudra penser à faire attention, Max, à force de faire dans la facilité et de tomber dans des concepts éculés, tu risques de te planter...

Pour faire simple, Omen est un bon album, certes pas le meilleur de l'année et il ne deviendra une référence du genre. Mais il vous permet de passer un agréable moment et il ne vous lasse pas à la longue, ce qui en soi est déjà pas mal. Est-ce suffisant toutefois? A vous de voir...

mardi 27 juillet 2010

Korn - III: Remember who you are



Korn est l'archétype du groupe difficile à suivre. Parti d'un neo-metal classique (style dont il est l'un des géniteurs), le groupe s'est orienté par la suite vers un metal sombre teinté d'indus et de new wave. Des évolutions qui ont quelque peu bouleversé les fans et qui ont connu des fortunes diverses, avec du bon (je pense à See you on the other side) et du moins bon (Untitled). Pour cette année 2010, Korn a voulu replonger dans ces racines en proposant un metal proche de ce qu'il faisait à ses débuts et en réembauchant son producteur fétiche, le fameux Ross Robinson.
Le quatuor californien nous a pondu en cette année 2010 un album plus que jamais torturé et sombre. Disséquons la bête...

Après une intro qui annonce la couleur suit un Oildale (Leave me alone) sombre, effrayant. Les angoisses du chanteur Jonathan Davis ne se sont pas calmées et son chant nous fiche toujours les pétoches. Il est vraiment grave, ce type! Force est néanmoins de constater qu'il s'est donné à fond, puisque son chant est impeccable de bout en bout.
Davis évoque son problème d'addiction aux médicaments avec Pop a pill, un morceau encore plus sombre que le précédent. Je n'aimerais vraiment pas me retrouver dans son cerveau qui est en plus piteux état que l'esprit de groupe de l'équipe de France de football.
Heureusement que la suite se veut plus entraînante et moins déprimante: des titres comme Fear is a placce to live, Move on, Let the guilt go ou Are you ready to live sont nettement moins empreints de noirceur, ce qui n'est pas un mal, car je pense en toute sincérité que j'aurais eu toutes les peines du monde à écouter d'une traite des titres aussi " dark " qu' Oildale par exemple.
Lead the parade, Never around ou The past, quant à eux, sont assez moyens. Pas la faute de Davis, mais des titres en eux-mêmes. Il faut bien dire qu'on a parfois l'impression que le guitariste Munky et le bassiste Fieldy ne se sont pas trop foulés sur ce coup-là. Ca reste efficace, mais pour la technique et l'originalité, vous repasserez! A noter que le nouveau batteur du groupe, Ray Luzier, est impérial derrière ses fûts. Ce type est impressionnant: c'est vraiment le batteur qu'il fallait à Korn, et personnellement, je le trouve bien meilleur que David Silveria, qui pourtant assurait une ryhtmique phénoménale.
Holding all these lies est particulièrement convaincant, mais on a un sentiment de déjà-entendu, surtout quand Jonathan Davis se met à pleurer à la fin du morceau. Ce la nous prend aux tripes, mais on ne peut que se remémorer que cette ficelle n'est pas nouvelle puisque Davis en avait fait autant sur le titre Daddy, issu du premier album éponyme.

Ce III: Remember who you are est globalement bon, malgré quelques légères déceptions. Le groupe retrouve son lustre d'antant et cela devrait plaire aux fans purs et durs. On regrettera juste que le groupe a évité cette fois-ci toute prise de risques et que certains membres groupes se soient laissés aller à la facilité. Rien de grave, mais le groupe devra y prêter attention par la suite s'il veut garder son aura.
Un des disques majeurs de cette année 2010? Oui, assurément! Sans doute pas le meilleur, mais tout de même.

vendredi 23 juillet 2010

Ozzy Osbourne - Scream

Cela faisait un moment que l'on n'avait plus entendu parler du Ozz, musicalement parlant s'entend. Cependant les dernières nouvelles n'étaient pas des plus rassurantes puisque les rumeurs indiquaient que Zakk Wylde, le guitariste d'Osbourne depuis 1988, avait été remercié, de même que le batteur Mike Bordin.
Le challenge allait être terrible à relever. Wylde étant l'un des meilleurs guitaristes de sa génération, je voyais très mal qui aurait assez de cran pour lui succéder. Ce courageux (ou suicidaire, c'est selon), Gus G., du groupe Firewind. Un quasi-inconnu en dehors de la scène metal, mais loin d'être un manche. A la batterie, on retrouve Tommy Clufetos, un membre du groupe de Rob Zombie. Un choix efficace.
En plus, les derniers albums n'avaient pas été franchement folichons. Ozzmosis, Down to earth, Black rain et l'album de reprises Under cover étaient loins de faire partie des meilleurs disques que Madman ait sorti, malgré quelques bons moments.

Je vais tuer le suspense tout de suite, cet album est MAGNIFIQUE. Le meilleur depuis No more tears. Rien de moins. Musicalement, on n'est pas loin des compositions des compositions de Wylde. Gus G. est un guitariste hors-norme, rien ne l'arrête. Le Grec nous sort des soli de toute beauté, au moins aussi bons que ceux de son prédécesseur.
La triplette d'ouverture Let it die, Let me hear you scream et Soul sucker donne le ton de l'album. De la folie furieuse!!! Diggin' me down, Fearless, I want it more et Latimer's mercy confirment que groupe ainsi reconstitué déchire tout sur son passage. Les soli vont écœurer pas mal de guitaristes en herbe...

Bon, tout n'est pas parfait sur ce disque. Life won't wait, Crucify et Time sont difficile d'accès, un peu trop laborieux à mon goût. Pas mal, mais je ne suis pas convaincu. A noter que Time est le reflet de l'amour d'Ozzy Osbourne pour les Beatles, avec les chœurs typique de la bande à John Lennon. Et je ne parle pas du morceau final, I love you all, une espèce d'outro pas vraiment indispensable.

Bref, un grand moment de hard rock. Je ne m'attendais plus à grand-chose de la part d'Osbourne, mais je me suis pris une bonne baffe, comme ça ne m'était plus arrivé depuis longtemps. Le meilleur album de 2010? Attendons de voir ce que l'année 2010 nous réservera encore pour l'affirmer, mais je pense que ce disque figurera au moins sur le podium. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

mardi 20 juillet 2010

Limp Bizkit - Chocolate starfish and the hot dog flavored water



Bon, je vais être clair avec vous : Limp Bizkit, j’avais de sérieux préjugés concernant la musique de ce groupe. Ce Chocolate starfish and hot dog flavored water ne fait que confirmer ce que je pensais déjà. Ce groupe fait du metal pour amateur de rap. De la merde en branches, quoi. Et encore, de la merde naissent parfois les plus belles fleurs.

Fred Durst est la honte du metal et de la musique en général. Si le renouveau du style doit passer par lui, comme l’indiquent certains média, eh bien je préférerais ne plus en écouter. Je ne vais pas taper plus sur lui, des gens pourraient avoir pitié alors que ce qu’il mérite, c’est de retomber dans l’anonymat le plus complet.

Je n’ai jamais été un grand fan de neo-metal, mais au moins, je retrouve plus de qualités dans des albums de Korn, System of a down ou Deftones. Là, pas grand-chose à sauver. Le seul pas trop ridicule dans cette histoire, c’est le guitariste Wes Borland, qui est loin d’être dénué de talent avec un manche de guitare.

Je crois que là, on a touché le fond. Il n’y avait rien à attendre de ce groupe hautement surestimé et le résultat ne me surprend guère.

En cette période où les deniers publics sont hautement surveillés, il est de mon devoir de citoyen de signaler que cette galette est nulle et ne sert à rien.

Quand le metal sert de prétexte au rap, ça donne ce genre de disques. Néfaste.

Chronique destructrice, défouloir? Oui, j'assume.

vendredi 16 juillet 2010

Rage against the machine - Evil empire

A l'instar de Van Halen, Rage against the machine fait partie de ces groupes qui ont commencé leur carrière sur un coup d'éclat, un premier album qui a mis tout le monde d'accord. L'Amérique avait été surprise par ce combo de Los Angeles qui véhicule des idées marxistes (plutôt rare au pays de l'Oncle Sam) et qui possède un guitariste extrêmement doué qui sort des sons inédits de son instrument.

Leur premier album éponyme avait été un véritable carton à sa sortie en 1992 et ce n'est rien de dire que les membres du groupes étaient attendus au tournant. Leur deuxième album, Evil empire, paru en 1996, allait montrer un groupe incapable de réitérer cet exploit.

Et pourtant, ce n'est pas faute de mal commencer. Les deux premiers titres, People of the sun et Bulls on the parade, sont pêchus comme il se doit, Tom Morello sort des sons incroyables avec sa guitare (encore heureux que sur la pochette ils indiquent n'utiliser aucun sample ou claviers!). Bref, deux titres qui vont droit au but, contrairement aux joueurs de l'équipe de France de football.

On retrouve par la suite quelques titres sympathiques, comme Vietnow, Revolver ou Year of tha boomerang. Certes moins inspirés que les deux titres cités ci-dessus, mais tout de même fort intéressants. Non, le problème des autres titres... Où est passée l'inspiration, la force des titres du premier album? C'est fade, sans consistance, ennuyeux. C'est encore plus flagrant 14 ans après la sortie de cet album. On y retrouve, je veux bien le concéder, quelques fulgurances qui laissent espérer que tout n'est pas perdu, mais tout de même...

Personnellement, il m'a fallu beaucoup de temps pour accrocher, alors que le premier opus était passé comme une lettre à la Poste un jour sans grève... Je ne saurais dire ce qui s'est passé. Trop de pression de la part du public et de la maison de disques qui préférait les voir adoucir leurs propos, perte d'inspiration, choix de la facilité? Certainement un peu de tout cela.

Cet album a été cependant un succès commercial pour RATM et le groupe le doit principalement à People of the sun et Bulls on the parade. Deux titres franchement excellent sur onze, de la part de RATM, ça fait un maigre bilan... Heureusement que le groupe a su vite rebondir par la suite avec l'excellent The battle of Los Angeles, un grand moment de metal.

Et que dire de cette pochette, un gamin habillé en une espèce de Superman sur un fond jaune chiasseux, à part qu'elle carrément moche? RATM représenterait l'empire du mal? Sur cet album, j'ai du mal à le croire. A mes yeux, les Américains incarnaient la force et le renouveau du metal, mais ici ils sont trop mous et trop consensuels. RATM se devait d'être fort, de donner un coup de pied dans la fourmilière, mais pour le coup, à deux exceptions près, c'est raté... Quelle déception...

Bon, je préfère ceci étant ce Evil empire à la majorité de la production rap-metal qui est sortie par la suite (mouvance incarnée entre autres par Limp Bizkit, de sinistre mémoire), mais RATM ne pouvait pas se contenter de sortir ce genre de choses. Les musiciens du groupe ne manquaient pas de talent et disposaient d'un potentiel bien supérieur à la majorité des groupes à succès de l'époque.

Définitivement, RATM a sorti deux albums valables, le premier (éponyme) et The Battle of Los Angeles que j'évoquais précédemment. Le reste, sans être mauvais, n'est pas franchement indispensable. Après, c'est à vous de voir...