
Encore un musicien atypique et très difficile à suivre. Paul D'Anno est surtout connu pour sa participation aux deux premiers opus d'Iron Maiden (Iron Maiden et Killers). Après avoir été débarqué du légendaire groupe anglais, Di'Anno s'est enfoncé dans les abus en tous genres tout en continuant la musique avec ses propres groupes (Battlezone, Killers pour les plus connus) ou en intégrant d'autres (comme Praying Mantis) avec des fortunes diverses.
Début 2000, Di'Anno se met à travailler avec des Brésiliens sur un projet nommé Nomad. Le premier et solo opus sous cette formation publié en 2000 montre qu'avec Paul Di'Anno, quand il décide de donner la peine, tout espoir n'est pas perdu.
Car en effet, même si sa carrière post-Maiden a connu plus de bas que de haut, il faut reconnaître que Di'Annno est capable de pondre des albums plus qu'honnêtes. Bien sûr, il n'arrivera jamais à la cheville d'un Iron Maiden, mais je tiens à dire qu'il peut être bon quand il est clean et qu'il se sort les doigts du cul. Cela n'arrive pas trop souvent et c'est pourquoi il faut en profiter quand cela se produit.
Et en 2000, cette situation rare se produit enfin. Aidé des guitaristes Paulo Turin et Chico Dehira, du batteur Aquiles Priester et du bassiste Felipe Andreoli (ces deux derniers joueront plus tard dans Angra), Paul Di'Anno retrouve son inspiration et surtout sa voix. Cette dernière n'a plus rien à voir avec celle qui avait fait le succès des premiers efforts de Maiden car elle devenue plus rocailleuse, plus brute de décoffrage, plus à même d'interpréter des titres proches des derniers Judas Priest.
Et il faut reconnaître que dans ce registre, Paul Di'Anno fait plus que se débrouiller. En plus d'avoir écrit tous les textes de cet album, la prestation vocale du chanteur est impeccable de bout en bout, ce dont on ne le croyait plus capable. A tort, car il a vraiment l'envie bien faire.
Je reconnais bien volontiers que le registre heavy metal sur lequel opère le groupe n'est pas franchement original, mais la musique reste suffisamment accrocheuse pour ne pas lasser. Les riffs et les soli restent particulièrement efficaces pour convaincre un auditoire blasé et Aquiles Priester, en très grande forme, utilise régulièrement la double pédale, histoire d'enfoncer le clou en rappelant que l'on n'a pas affaire à un groupe de mollassons.
Ce Nomad est bien entendu passé inaperçu à l'époque, d'autant plus que Paul Di'Anno n'a pas été fichu de le défendre correctement sur une scène. L'embellie était malheureusement de courte durée, ce qui me fait dire qu'il faut d'autant plus apprécier ce Nomad car il est incertain qu'un tel éclair de génie, aussi bref soit il, puisse un jour se reproduire. Du gâchis, vous dites? Oui, indubitablement.

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