
Incroyable de voir que Lynyrd Skynyrd est toujours là en 2009! Avec ce que ce combo légendaire a subi au cours de sa longue et tumultueuse carrière, on ne peut que saluer la ténacité de ses membres. Et le plus fort, c'est que les albums font bien plus que tenir la route. Increvables, les vieux rockers! Et ce n'est pas le petit dernier, God and guns, paru en 2009, qui va me faire changer d'opinion à leur sujet.
Lynyrd Skynyrd n'a pas changé d'un iota sa recette et cela lui va plutôt bien: on a toujours des grosses guitares, avec un soupçon de blues et un rien de country.Et ça passe tout seul. Quant aux textes, là aussi pas trop de changement: l'amour pour leur pays, l'Amérique. Ils ont clairement un point de vue totalement différent sur la question par rapport à nous Européens, on peut être complètement indifférent à leur discours de redneck, mais il faut être de mauvaise foi pour dire que leur musique est pourrie.
Cette dernière est de manière surprenante particulièrement sombre, comme le prouve le titre d'ouverture, le fantastique Still unbroken. Clairement, le groupe ne nous avait pas habitué à cela. Serait-ce la politique de Barack Obama qui vous ficherait le cafard, les gars? En tous cas, on ne peut qu'adorer la production, bien carrée et très actuelle, qui ne fait que renforcer l'impact des titres. Je tiens également à signaler la performance de Rickey Medlocke et Gary Rossington aux guitares: malgré le poids des années, les deux compères assurent encore comme des dieux!
Pas vraiment de moment de répit, si ce n'est la simili ballade Unwrite that song, où Johnny van Zant en fait des caisses au chant. A vrai dire le titre que j'aime le moins sur cet album. Au niveau surprises, on a la présence du guitariste John 5 (ex Marilyn Manson) qui joue sur le morceau titre: ce gratteux hors-pair a eu la bonne idée de ce fondre dans la masse et on ne devine pas qu'il joue sur ce titre. Je disais que Lynyrd Skynyrd sonnait résolument moderne, mais pas non plus au point de jouer de l'industriel non plus!!! Autre surprise, la présence au chant de Rob Zombie sur Floyd, un titre au refrain ultra-simpliste mais qui fait mouche dès la première écoute. J'avoue que je ne m'attendais pas à le trouver à chanter avec Lynyrd Skynyrd.
En bref, un album de grande qualité, comme Lynyrd Skynyrd n'en avait plus sorti depuis leur album de 1991. Une éternité, en somme. God and guns est un disque plus que recommandable, une excellente surprise de la part d'un combo dont je n'attendais pas grand-chose, si ce n'est de se reposer sur ses acquis. Mais au lieu de cela, vous avez un album hautement inspiré dont on sent qu'il a été composé dans la douleur (le groupe ayant perdu plusieurs de ses membres au cours de la gestation de God and guns) mais avec envie. Un disque qui se classe sans problème parmi les tous meilleurs de ce combo de légende qui a pourtant sorti un sacré paquet d'albums hautement référentiels au cours de sa carrière.



