
Dès 1979, Blackmore et sa bande avait emprunté des sentiers plus commerciaux avec Down to earth. La qualité des titres proposés n'avait rien à envier aux albums de la période Dio: c'est juste que Rainbow avait juste suivi une orientation musicale radicalement différente. Cela n'a pas fait que des heureux, mais il est évident que Blackmore n'avait rien perdu de son talent de compositeur et d'instrumentiste. Toujours bien entouré, Blackmore allait pondre Difficult to cure, paru en 1981, un album de hard FM particulièrement efficace.
Pour cet opus, exit le fantasque et lunatique Graham Bonnet. A sa place, on retrouve le chanteur Joe Lynn Turner (plus tard entendu chez Malmsteen et Deep Purple), dont la voix acidulée et le look propre sur lui collait parfaitement avec les intentions commerciales du groupe. A la basse, on retrouve Roger Glover (ex puis de nouveau dans Deep Purple, également producteur de cet album), Don Airey aux claviers (lui aussi futur Deep Purple) et le batteur Bobby Rondinelli. Bref, un line-up qui n'a rien envier à ceux qui ont enregistré les albums les plus réputés du groupe.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces musiciens assurent comme des bêtes. Blackmore a toujours autant le sens de la mélodie et on entre très rapidement dans le vif du sujet. I surrender, composé par le faiseur de tubes Russ Ballard, est impressionnant autant par sa technique que par son côté accrocheur. Une nouvelle preuve que l'on peut être accrocheur et mélodique tout en gardant un niveau de qualité élevé. Certains peuvent en prendre de la graine...
Spotlight kid et Freedom sont également des petits bijoux de technicité (pour le premier, quelle intro!) qui montrent une nouvelle fois que le groupe ne tombe pas dans la facilité, et c'est tout à son honneur.
Le reste, rien de mauvais, juste des titres bien pensés mais qui n'auront pas l'honneur de figurer sur les divers best-ofs de Rainbow à venir. On retrouve entre autres Can't happen here, qui ouvre la face B de manière plus qu'honorable, les instrumentaux Vielleicht das nächstes Mal (Maybe the next time) et Difficult to cure (tout le monde aura reconnu la neuvième symphonie de Beethoven comme thème principal) constituent des moments de techniques irréprochables dont Ritchie Blackmore et Don Airey sont les principaux instigateurs.
Ces 9 titres ont en outre particulièrement bien vieilli, et on ne peut pas en dire autant d'autres disques de hard FM paru au cours de cette décennie-là. Roger Glover est là aussi bourré de talent: producteur, bassiste et co-compositeur, cela en fait du boulot. Une tâche dont il s'est acquitté à merveille.
En ce qui me concerne, même si je ne vois pas grand chose à reprocher à Difficult to cure, j'ai un faible pour son prédécesseur, Down to earth, et son successeur, Straight between the eyes (tous deux déjà chroniqués en ces lignes). En tous cas, le succès ne s'est pas fait attendre et ce n'était clairement pas injustifié.
Un groupe difficile à soigner? (difficult to cure). Au vu de ce qu'ils nous ont proposé en cette année 1981, ce n'est sûrement pas une maladie honteuse!

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