Ce disque est en fait une compilation du deuxième album qu'a sorti Possessed, Beyond the gates, publié en 1986, et d'un mini-album nommé The eyes of horror sorti l'année suivante.Possessed a reçu avec son premier album mythique Seven Churches un succès d'estime. Le groupe a voulu capitaliser dessus, avec plus ou moins de succès. Ce sera aujourd'hui l'objet de mon propos.
Il est évident que pour renouveler l'impact d'un album comme Seven Churches, il fallait être très fort. Renouveler cette performance signifiait en fait pour ce groupe apporter au public un nouvel effet de surprise. Mission quasi-impossible en fait.
Débutons avec Beyond the gates. Ce qui me choque le plus, c'est la production, très sombre, très crue. Ce n'est pas, à mon avis, le son qui correspondait le mieux à Possessed. Heureusement que de bons titres y figurent. Phantasm, No will to live, Tribulations, Seance, Beyond the gates sont des brûlots de speed-thrash qu'on qualifiait à l'époque de death metal. Les musiciens y sont toujours impériaux: Le chant de Jeff Becerra est plus affirmé, les guitares de Mike Torrao et Larry Lalonde sont plus acérées que jamais, et pour le moins très inspirées. Et le batteur Mike Sus cogne comme si sa vie en dépendait, l'efficacité primant sur la beauté du geste.
Certes, Beyond the gates contient quelques moments plus faibles, comme The beasts of the Apocalypse, Restless dead ou Dog fight, mais ce n'est pas là à mon avis le point le plus faible de cet album. La production, signée Carl Canedy, producteur réputé à l'époque, dessert le groupe plus qu'autre chose. Bien dommage que l'album soit sorti ainsi, car à côté de méga productions comme Master of puppets de Metallica ou Reign in blood de Slayer, ce Beyond the gates n'avait pas les moyens de rivaliser.
Concernant l'EP The eyes of horror, le problème est différent. La production signée Joe Satriani (oui, le fameux guitariste), ancien professeur de guitare de Lalonde, est autrement meilleure que celle de l'album précédent. Pas bien difficile, il est vrai. Mais les compositions sont légèrement moins bonnes que sur Beyond the gates. Sans être réellement mauvais, Confessions, My belief ou the eyes of horror n'apportent pas grand-chose d'original. Par contre, j'admets que Swing of the axe et Storm in my mind sont d'une rare efficacité, excellents pour conclure un album sur une bonne note.
Les premières divergences musicales, et de faibles moyens par rapport aux superstars du metal de l'époque ont empêché Possessed d'arriver à la cheville des dits groupes. Ce n'est aucunement le manque de talent, car ce serait être d'une mauvaise foi crasse que d'affirmer que le groupe n'avait pas de réelles dispositions. Cet état de fait a mené le groupe vers la séparation et c'est bien dommage, car celui-ci, j'en suis intimement convaincu, avait encore beaucoup à dire.
Après ce sabordage, seul Mike Torrao a véritablement voulu réactiver, en vain, le groupe. Je ne crois pas, hélas, qu'on entendra reparler de sitôt de Possessed, donc je ne peux que vous conseiller de vous ruer sur leurs albums qui sont à l'origine de toute une scène.

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