mercredi 6 juillet 2011

Santana - Moonflower


Cela faisait un bon moment que je n'avais plus évoqué en ces lignes ce bon vieux Carlos Santana. Etant donné que nous nous trouvons en période estivale, le moment est bien choisi pour corriger le tir. Avec sa fusion de rock, de rythmes latino, de jazz, de funk, Santana avait su s'attirer la sympathie des foules, à juste titre d'ailleurs. Santana (le groupe) a effectivement pondu d'excellents albums au cours des 70's, tels Caravanserai ou Abraxas. Mais ce Moonflower paru en 1977, peut-être un peu moins connu que ses prédécesseurs, recèle de petites pépites qui font de lui un incontournable dans la discographie de Santana.

Ce disque a d'ailleurs un concept pour le moins curieux: mélanger titres inédits studio et titres enregistrés en public. L'idée qui semblait à l'époque quelque peu farfelue s'est avérée très intéressante. A vrai dire, l'enchaînement a été parfaitement réalisé et cela ne choque aucunement l'oreille.

Il faut bien dire aussi que la qualité des titres, de haute volée, aide à la bonne mise en place du concept. Les titres live, enregistrés entre 1976 et 1977 à Munich, Colmar, Paris et Londres montrent un groupe au sommet de son art. La prise de son est parfaite: le son est cristallin, pur, ce qui ne gâche rien. On profite bien sûr des grands classiques du groupe: Carnaval, Black magic woman, Europa, Soul sacrifice, déjà excellents en studio, s'avèrent littéralement impériaux lorsqu'ils sont interprétés devant un public. Et Carlos Santana, dont le touché de guitare est unique, s'impose avec facilité comme maître de cérémonie, le tout devant une audience quasi-conquise d'avance. Le seul point noir, c'est la présence de Head, Hands and feet, un solo de batterie: autant dire un exercice qui n'apporte rien, si ce n'est de l'ennui. Vite, on zappe!

Concernant les inédits, là aussi, pas grand-chose à redire: il y en a pour tous les goûts: du funk avec Zulu, des rythmes latino avec Flor d'luna, du bon vieux rock sauce Santana avec la reprise de She's not there (des Zombies, groupe de rock anglais des 60's), tous les citer ne servirait finalement à rien car il n'y a pas vraiment à redire: le père Santana ne se fiche pas de nous: les titres sont toujours aussi bons, variés et efficaces. Une bonne incitation à boire des verres de mescal, en regardant le soleil couchant, quelque part sur une plage d'Acapulco ou de Veracruz. C'est cela la force de la musique de Santana, réussir à faire voyager l'auditeur sans que celui-ci n'ait à bouger son cul de son canapé!

Carlos Santana a en plus la chance d'être bien entouré: il faut bien reconnaître que sans des musiciens aussi talentueux que Greg Walker (chant), Graham Lear (batterie), Tom Coster (claviers) ou David Margen (basse), jamais il n'aurait pu faire aussi bien. Ils méritaient bien d'être cités, eux qui ont toujours été en retrait par rapport à leur leader Carlos Santana.

Ce millésime 1977 était incontestablement un grand cru pour Santana, moins coté que ses illustres prédécesseurs, mais il n'y a franchement aucune raison à cela. Je préfère par exemple de très loin ce Moonflower que des albums tels que Amigos (1976) ou Borboletta (1974). Avoir mélangé des titres live à des titres studio a rendu l'ensemble plus dynamique et il n'y a plus de temps mort.

Moonflower prouve encore une fois que lorsque le rock ose s'acoquiner avec d'autres styles, et que cela est fait avec talent, le résultat peut s'avérer tout simplement excellent. Du grand art, à déguster sans modération!

mercredi 29 juin 2011

Dream Theater - Falling into infinity


Dream Theater a longtemps souffert de ma méfiance. Que l'on s'entende bien, j'aime la technique et les musiciens brillants. Mais j'ai toujours éprouvé un certain désintérêt pour ceux qui pensent que la technique est non pas un moyen mais une fin. Et quel autre sous-genre du metal que le progressif tombe régulièrement dans ce travers?
Dream Theater, fier représentant du genre, a fini par me faire succomber. Mais il m'en a fallu du temps pour commencer à apprécier. Et même encore maintenant, je reste assez sélectif parmi les albums du groupe américain. Parmi ceux-ci, Falling into infinity, publié en 1997, est celui qui a le plus facilement su me captiver.

Pourquoi pas un autre? Même s'il reste assez technique, on sent que le groupe (ou peut-être la maison de disques, allez savoir) a eu une tendance à simplifier le propos (oui, tout est relatif, ce n'est pas du neo metal non plus!) et ce n'est pas un mal. D'ailleurs, on remarque la présence d'un titre co-écrit par Desmond Child, un faiseur de tubes à qui nombre d'artistes américains ont eu recours. Les titres proposés sont relativement longs, mais ils défilent rapidement: pas trop le temps de s'ennuyer, contrairement à des albums comme Images and words ou Six degrees of inner turbulence qui sont trop peu digestes.

Mais pour une fois, simplifier le propos ne signifie pas sombrer dans la médiocrité. Il faut bien dire qu'avec cinq musiciens aussi brillants, ça serait malheureux. Tout juste peut-on trouver quelques reproches à faire à l'égard du claviériste Derek Sherinian, alors récemment recruté par Dream Theater. On a la très nette impression qu'il n'est pas parfaitement intégré au groupe: ses interventions donnent parfois la sensation de tomber comme un cheveu sur la soupe.

Pour le reste,difficile de cracher sur ladite soupe, car le tout est parfaitement interprété. L'introduction de New millenium laisse rapidement comprendre que la technique n'a pas pris ses jambes à son cou, You not me est concentré de metal heavy de chez heavy, tout comme Peruvian skies (un classique de DT) l'instrumental Hell's Kitchen ou le plombé Just let me breathe (qui fait parfois penser à Deep Purple, gràace aux claviers de Sherinian). L'émotion est aussi au rendez-vous, que ce soit avec le triste mais splendide Take away my pain (un titre qui traite du décès du père du guitariste John Petrucci, ceci expliquant cela) ou avec le mélancolique bouquet final en trois actes, Trial of tears.

Falling into infinity a pour lui le mérite d'avoir une approche plus variée, ce qui lui a permis de casser son image de groupe de musiciens surdoués proposant une musique pour musiciens surdoués, ce qui était plutôt gavant. Malheureusement, le Théâtre des rêves n'a pas réussi à conquérir un public beaucoup plus large que celui composé par ses fans habituels, et c'est bien dommage car il aurait pu, avec une meilleure promotion sans doute, conquérir un nouveau public. Falling into infinity est en tous cas un album majeur dans la carrière de Dream Theater, même si les puristes diront le contraire, et il mérite amplement votre attention.

mercredi 8 juin 2011

Deep Purple - Last concert in Japan


Pour nombre de fans de l'époque, le Deep Purple Mk IV était loin de faire l'unanimité. Il était quasiment inconcevable que Ritchie Blackmore ne puisse plus en faire partie, et surtout que l'on puisse avoir l'idée de la remplacer. Aurait-on pu imaginer un remplaçant pour Jimmy Page dans Led Zeppelin si celui-ci avait quitté le groupe? Et que dire de la nouvelle orientation musicale prise par Deep Purple? Bref, les fans pouvaient avoir de longues discussions sur le sujet.
En ce qui me concerne, les prestations du jeune Tommy Bolin n'avaient rien de honteux, bien au contraire. Come taste the band (déjà chroniqué en ces lignes) est un excellent album malheureusement trop sous-estimé. Bolin est trop différent de Blackmore? Certes, et ce n'est pas un mal: il aurait été bien dommage se contenter d'un clone de l'irascible Ritchie.
Le live n'était pas vraiment le point fort de la nouvelle formation, non pas par manque de talent, mais principalement pour d'autres raisons, telles que les problèmes de drogue de Bolin et du bassiste Glenn Hughes, mais aussi la lassitude qui se ressentait au fur et à mesure de la tournée Come taste the band.
Last concert in Japan enregistré en 1975 mais publié que deux ans plus tard, est un extrait des difficultés qui émaillèrent le groupe jusqu'à son implosion.

Il faut dire que le moment était particulièrement mal choisi pour enregistrer un album en public. Le label japonais, qui était à l'origine du mythique Made in Japan, a sans doute fait pression sur le groupe dans le but de renouveler la bonne performance en termes de chiffres de ventes. Mais ce qui ne pouvait pas être prévu, c'est que le groupe venait de sortir de deux concerts en Indonésie qui ont été tout bonnement atroces (promoteur véreux, double billetterie, un roadie assassiné, Hughes un moment soupçonné de ce meurtre, intimidation de la police locale, paiement d'un bakchich pour sortir de cet enfer), sans compter que Bolin s'était littéralement bousillé le bras en se faisant une injection d'héroïne. Bolin était tellement mal en point que Jon Lord s'est arrangé pour reprendre à l'orgue certaines parties jouées normalement par Bolin afin que les trous dans le son du Purple ne s'entendent pas trop.

Il était évident que les meilleures conditions n'étaient pas réunies pour rééditer les prouesses du Made in Japan. Le concert enregistré n'est sans doute pas le meilleur du Mk IV, je le concède, mais on ne peut pas dire qu'il soit aussi mauvais que l'on a bien pu le dire par la suite. Le groupe, composé de musiciens particulièrement expérimentés, a su assurer une prestation digne de leur statut malgré un contexte défavorable.

Le groupe a interprété à cette occasion plusieurs titres de Come taste the band et il faut bien reconnaitre que ceux-ci ont facilement passé le cap de la scène. Love child, funky à souhait, est un titre chaud comme la braise et cette sensation est renforcée par le chant de David Coverdale, séducteur en diable. Le mélancolique You keep on moving et le groovy Lady luck n'ont rien à envier aux classiques que sont Burn, Stormbringer, Highway star ou l'inévitable Smoke on the water. Même le titre solo de Bolin, Wild dogs, s'intègre parfaitement dans un concert qui, il faut bien le dire, aurait pu tourner à la débâcle générale.

Glenn Hughes a affirmé des années plus tard que ce disque n'aurait jamais dû sortir. Je suis loin d'être d'accord avec lui. Ce disque a le mérite d'être un des rares témoignages de la période avec Tommy Bolin. Il est certain que s'il avait été enregistré au cours de la tournée américaine qui a suivi, ce live aurait été bien meilleur, mais il était impossible à l'époque de savoir ce qui allait advenir du groupe. D'ailleurs, trois mois plus tard, après une tournée anglaise qui allait tourner au désastre, le groupe allait mettre la clé sous la porte. Rien qu'à écouter le bootleg de leur dernier concert à Liverpool, il était évident que le groupe était rincé.

Last concert in Japan est en ce qui me concerne un disque honnête, avec ses qualités et ses défauts qui font son charme. Si malgré tout, je n'ai pas réussi à vous convaincre, je peux éventuellement vous conseiller On the wings of a Russian Foxbat (enregistré au cours de la tournée US à Longbeach), ou le DVD Phoenix rising qui relate la descente aux enfers du groupe et sur lequel vous retrouvez la video Rises over Japan enregistré en même temps que ce disque.

mercredi 1 juin 2011

Whitesnake - Live in the heart of the city


Les premiers albums de Whitesnake pouvaient laisser à penser que ce groupe fondé par David Coverdale n'était rien de plus qu'un (bon) ersatz de Deep Purple. Réaction assez logique lorsque l'on voit que Coverdale (chant), Ian Paice (batterie) et Jon Lord (claviers), tous ex-membres du Pourpre Profond, ont participé aux albums concernés. Ce sont tous des musiciens expérimentés et on ne peut pas demander à de telles pointures d'oublier ce qui a fait leur renommée. Cependant, réduire Whitesnake à une pâle copie est un raisonnement trop simpliste, comme le prouve ce Live in the heart of the city, publié en 1980.

Déjà, il faut réaliser qu'il y a deux guitaristes, Micky Moody et Bernie Marsden, aux jeux totalement différents de celui de Ritchie Blackmore, mais certainement pas moins bons que celui de ce dernier. Deep Purple, de par sa musique, pouvait s’avérer trop complexe et cela a pu rebuter pas mal de personnes. Whitesnake est sans doute plus lisse, sans aspérités, plus orienté grand public (encore que...) que son glorieux aîné. Et notre ami David Coverdale a su jouer de son charme légendaire pour séduire de nouveaux fans, surtout de la gent féminine, curieusement (mouais!).

Revenons sur ce live en deux parties: la première (8 titres) étant enregistrée le 23 et 24 juin 1980 à l'Hammersmith Odeon de Londres, la seconde (6 titres) le 23 novembre 1978, toujours au même endroit. La première partie fait la part belle à l'excellent Ready an' willing, ce que je comprends aisément tant cet album, sorti la même année, est excellent. Sweet talker, Fool for your loving et Ready an' willing sont de bons moments de hard, tandis que le calme Ain't gonna cry no more laisse Coverdale briller de mille feux. De superbes titres qui n'ont rien à envier aux succulents Come (issu de Snakebite), Walking in the shadow of the blues et Lovehunter (issus de Love Hunter) ou encore à Take me with you (issu de Trouble).

La seconde partie a été enregistrée à une période où le groupe n'avait que deux albums à son actif, Snakebite et Trouble, tous deux parus en 1978. Malgré la qualité intrinsèques de ceux-ci (bien que la production de ceux-ci rappellent beaucoup Deep Purple), Whitesnake ne jouait pas que des titres de ces albums, mais également des reprises de... Deep Purple. On y retrouve pas moins que Might just take your life (un brin accéléré) et la superbe ballade bluesy Mistreated, où Coverdale nous montre une nouvelle fois l'étendue de son talent. Hormis Come on, qui se trouvait déjà sur la première partie, deux titres de Trouble viennent nous régaler les oreilles, et non des moindres: Trouble et le très rock Lie down. Ain't no love in the heart of the city (de Snakebite), plein de feeling, n'a également pas à rougir de la comparaison avec les deux chansons précitées car elle fait partie des plus belles chansons du répertoire de Serpent Blanc.

Whitesnake avait dès ses débuts l'étoffe des grands, même s'il avait du mal à prendre ses distances avec Deep Purple. On ne peut malgré tout pas trouver à redire sur la qualité de ces titres en eux-mêmes, ni même sur leur interprétation devant un public. En dépit sa courte existence, le groupe montre une véritable cohésion et on sent une véritable envie de réussir, ce que le Serpent Blanc ne manquera de faire par la suite avec une orientation plus FM. Pour les fans de la première heure, ce live est un parfait condensé de ce que savait faire le groupe et il est bon de le redécouvrir de temps à autre.

mercredi 25 mai 2011

Lenny Kravitz - 5


Après les succès de Are you gonna go my way et de Circus, il était indéniable que Lenny Kravitz était l'un des artistes les plus en vogue du moment. Inutile de préciser que l'album à venir était attendu au tournant. La question que l'on pouvait légitimement se poser était la suivante: allait-il sortir un disque dans la même veine que ses prédécesseurs ou allait-il nous surprendre? 5, nommé ainsi car il s'agissait du cinquième album de l'Américain, a effectivement réussi à surprendre son public. Retour en 1998.

Là où pensait que Kravitz allait poursuivre dans une veine rock à la Jimi Hendrix, on trouve plutôt des ambiances funk. Et dans ce domaine (comme dans tout autre style musical, me direz-vous), il y a à boire et à manger. Là encore, Kravitz s'est inspiré, tant qu'à faire, des meilleurs. Live, le titre d'introduction, donne le ton: c'est du funk, avec des riffs de guitare et de basse très inspiré par ce courant musical, et on retrouve même des cuivres, utilisés avec intelligence. Le schéma de ce morceau, on le retrouve à plusieurs reprises sur cet album dans différents morceaux, avec autant de bonheur: je pense notamment à Supersoulfighter, à It's your life ou à l'instrumental de haute volée, Straight cold player. Sur ce dernier, la guitare n'est là que pour l'ambiance, ce sont clairement la basse et les cuivres qui prennent leurs aises.

Comme d'habitude, Kravitz a su nous pondre des tubes dont lui seul a le secret: le sympathique Black velveteen, la ballade If you can't say no (je me rappelle que Kravitz avait à l'époque joué sur ce morceau sur le plateau de Nulle part ailleurs, dont l'émission couvrait le Festival de Cannes). Kravitz m'avait bluffé car celui-ci, qui jouait du synthé, est passé sans coup férir à la guitare avec la même maestria. Balèze! Bien entendu, la postérité a retenu le splendide I belong to you (Kravitz a du en conquérir des filles avec ce titre) et surtout Fly away, magnifique, avec un riff très inspiré et diablement efficace. Le genre de morceau que vous écoutez une fois le matin et qui ne vous quitte plus pendant la journée.

Le reste, ce sont des titres calmes à mid-tempo, qui ont moins marqué les esprits, certains à juste titre, comme Can't we find a reason, Take time ou Thinking of you, pour d'autres c'est moins évident, tels les sympathiques You're my flavor ou Little girl's eyes.

Cet album n'a toutefois pas su captiver les critiques, Kravitz se prenant cette fois-ci une volée de bois vert. Pas grave, le public a suivi et c'est plutôt mérité. Je pense que 5 est sans doute un cran au-dessous de ses deux géniaux prédécesseurs, principalement à cause de titres comme Take time, mais le reste est franchement intéressant. Evidemment, si on s'attendait à retrouver ce qui faisait le charme des deux albums précédents, on est loin du compte. Mais un artiste comme Kravitz est obligé d'évoluer sous risque de lasser rapidement.

Kravitz a annoncé à maintes reprises qu'il avait l'intention de sortir un album de funk. Pour moi, il a déjà accompli la moitié de cette tâche, avec brio de surcroît. 5 reste un bon album, plus qu'honnête, et il mérite plusieurs écoutes attentives pour pouvoir être apprivoisé.

mercredi 18 mai 2011

The Knack - Get the knack


The Knack. Le groupe d'un seul titre, My Sharona. Et pourtant, ce groupe américain, qui a débuté sa carrière à la fin des 70's, en a sorti des albums, et pas des moindres. Difficile de comprendre ce qu'il leur a manqué pour égaler les plus grands. Publié en 1979, Get the knack, le premier opus de ce combo sous-estimé, reste de loin leur meilleur.

Pourtant, quand un album contient un titre aussi bon que le sus-nommé My Sharona, on peut penser que l'on va décrocher la timbale. Certes, l'album a connu un succès d'estime, mais rien de comparable par rapport au potentiel de ce combo. En fait, My Sharona a en quelque sorte fait le malheur du groupe, car il a focalisé l'attention du public sur ce titre, et le même public a superbement ignoré le reste.

Car le reste, ce sont des chansons bien rock, bien écrites, bien produites (cela ne sonne jamais daté et le son des instruments, spécifique, fait le charme du groupe) et bien interprétées par un groupe au sommet de son art. La paire Doug Fieger (chant guitare) et Berton Averre (guitare lead) constitue une fameuse paire de songwriters difficilement égalable. D'ailleurs, après la séparation du groupe, les deux musiciens ont été régulièrement sollicités pour écrire des chansons pour d'autres artistes.

La force de The Knack, c'est de savoir écrire des titres rock tout en finesse mais qui conservent suffisamment de gnaque pour pouvoir intéresser les fans de rock plus couillu. Malheureusement, cela n'a pas suffi.

Difficile, en toute bonne foi, de retrouver quelque chose à critiquer sur la qualité intrinsèque de ces titres, si ce n'est qu'ils donnent vraiment l'impression de tous sortir du même moule. Mais c'est en fait le style Knack: du rock à la limite de la pop, des titres tournant autour des trois minutes en moyenne qui peuvent plaire à tout amateur de rock qui se respecte.

Reste le cas My Sharona. "Un riff tellement simple qu'il en est crétin [...] ça fonctionne très bien, c'est accrocheur et bien fait et le solo de guitare est superbe." (Kirk Hammett, Metallica). Je n'aurais pas mieux dit. Tout y est, pas la peine d'en rajouter!

Get the Knack reste un album qui mérite toute l'attention qui lui est due, et non pas seulement à cause de My Sharona. Cet exploit, The Knack n'a jamais su le reproduire sur les albums suivants: pourtant, un disque comme But the little girls understand n'est pas moins bien réalisé que ce premier opus. Vraiment, il y a des injustices que je n'arrive pas à comprendre. Si vous vous prétendez fans de rock et que vous disposez de deux oreilles en état de marche, réécoutez les disques de The Knack, ils ne vous décevront en aucune manière.

mercredi 4 mai 2011

Kraftwerk - Radio-Activity


Après un Autobahn de haute volée, il était entendu pour Kraftwerk qu'il fallait réitérer la performance, à savoir être innovant et original. Pour cet OVNI musical (du moins à l'époque c'était un OVNI),le pari était loin d'être gagné. Difficile de susciter un intérêt auprès du public avec une musique qui à l'époque était considérée comme des plus expérimentales. Mais c'est avec ce genre d'artistes que le monde de la musique progresse et explore de nouveaux horizons.
Pour Radio-Activity, publié en 1975, Kraftwerk décide d'aborder les thèmes de la radioactivité, des ondes radio et de l'électricité. Des thèmes en rapport avec le nom du groupe: Kraftwerk signifiant pour les moins germanophones d'entre vous "centrale électrique." Des thèmes abordés avec un peu d'humour, comme en témoignent les jeux de mots sur plusieurs titres, mais avec beaucoup de noirceur, à l'image de la pochette du disque.

Franchement, je n'aurais pas aimé être chargé la promotion de ce disque. Pas évident à défendre. Par rapport à Autobahn, qui avait un thème somme toute accrocheur même si répété jusqu'à l'écœurement, Radio-activity est un album particulièrement difficile d'accès. Kraftwerk va pousser le concept jusqu'au bout en incluant une introduction et des intermèdes aux noms parfaitement évocateurs (Geiger counter, Intermission, News, Uranium ou Transistor). C'est la noirceur qui prédomine, mais on ne peut nier que le duo Ralf Hütter/Florian Schneider a peaufiné jusqu'au plus petit détail pour illustrer en musique les thèmes qu'il a décidé d'aborder.

Heureusement que les titres chantés arrivent à faire oublier ce côté sombre. Je pense à des titres comme Radioactivity, Radioland, Ohm sweet ohm (oh, le beau jeu de mots) et surtout à Airwaves. Grâce à quelques notes de claviers et quelques mots en anglais et en allemand, on arrive à créer une chanson très inspirée et extrêmement accrocheuse. Comme quoi, le sage n'a pas besoin de déblatérer pendant des heures,
quelques mots seulement suffisent! Airwaves est une bouffée d'oxygène très appréciable car, il faut bien le reconnaître, cette noirceur devient oppressante, presque malsaine. Je ne sais pas si des groupes gothiques se sont déjà inspirés de cet album, mais si ce n'est pas le cas, ils devraient s'y intéresser fortement!

Le défaut de cet album, en dehors du fait qu'il est particulièrement sombre, c'est qu'il est coincé entre deux pavés du genre, Autobahn et Trans-Europe Express. Ce n'est pas que Radio-Activity soit mauvais, très loin de là, mais il lui est très difficile de rivaliser avec ces deux monuments de la musique électronique. La recherche sonore y bat son plein et, étant les moyens mis à leur disposition à l'époque, Ralf Hütter et Florian Schneider ont su encore une fois innover, quitte à sortir une fois de plus des sentiers battus. Et rien que cela mérite d'être salué tant ce genre de démarche est trop rare de nos jours.

Le duo de Düsseldorf est indubitablement un pionnier de la musique électronique et il est évident qu'un nombre incalculable de groupes de la décennie suivante leur doit beaucoup. Alors même si ce Radio-activity est tout sauf facile d'accès, il mérite incontestablement son statut de classique et il convient de le respecter comme tel.