mercredi 1 juin 2011

Whitesnake - Live in the heart of the city


Les premiers albums de Whitesnake pouvaient laisser à penser que ce groupe fondé par David Coverdale n'était rien de plus qu'un (bon) ersatz de Deep Purple. Réaction assez logique lorsque l'on voit que Coverdale (chant), Ian Paice (batterie) et Jon Lord (claviers), tous ex-membres du Pourpre Profond, ont participé aux albums concernés. Ce sont tous des musiciens expérimentés et on ne peut pas demander à de telles pointures d'oublier ce qui a fait leur renommée. Cependant, réduire Whitesnake à une pâle copie est un raisonnement trop simpliste, comme le prouve ce Live in the heart of the city, publié en 1980.

Déjà, il faut réaliser qu'il y a deux guitaristes, Micky Moody et Bernie Marsden, aux jeux totalement différents de celui de Ritchie Blackmore, mais certainement pas moins bons que celui de ce dernier. Deep Purple, de par sa musique, pouvait s’avérer trop complexe et cela a pu rebuter pas mal de personnes. Whitesnake est sans doute plus lisse, sans aspérités, plus orienté grand public (encore que...) que son glorieux aîné. Et notre ami David Coverdale a su jouer de son charme légendaire pour séduire de nouveaux fans, surtout de la gent féminine, curieusement (mouais!).

Revenons sur ce live en deux parties: la première (8 titres) étant enregistrée le 23 et 24 juin 1980 à l'Hammersmith Odeon de Londres, la seconde (6 titres) le 23 novembre 1978, toujours au même endroit. La première partie fait la part belle à l'excellent Ready an' willing, ce que je comprends aisément tant cet album, sorti la même année, est excellent. Sweet talker, Fool for your loving et Ready an' willing sont de bons moments de hard, tandis que le calme Ain't gonna cry no more laisse Coverdale briller de mille feux. De superbes titres qui n'ont rien à envier aux succulents Come (issu de Snakebite), Walking in the shadow of the blues et Lovehunter (issus de Love Hunter) ou encore à Take me with you (issu de Trouble).

La seconde partie a été enregistrée à une période où le groupe n'avait que deux albums à son actif, Snakebite et Trouble, tous deux parus en 1978. Malgré la qualité intrinsèques de ceux-ci (bien que la production de ceux-ci rappellent beaucoup Deep Purple), Whitesnake ne jouait pas que des titres de ces albums, mais également des reprises de... Deep Purple. On y retrouve pas moins que Might just take your life (un brin accéléré) et la superbe ballade bluesy Mistreated, où Coverdale nous montre une nouvelle fois l'étendue de son talent. Hormis Come on, qui se trouvait déjà sur la première partie, deux titres de Trouble viennent nous régaler les oreilles, et non des moindres: Trouble et le très rock Lie down. Ain't no love in the heart of the city (de Snakebite), plein de feeling, n'a également pas à rougir de la comparaison avec les deux chansons précitées car elle fait partie des plus belles chansons du répertoire de Serpent Blanc.

Whitesnake avait dès ses débuts l'étoffe des grands, même s'il avait du mal à prendre ses distances avec Deep Purple. On ne peut malgré tout pas trouver à redire sur la qualité de ces titres en eux-mêmes, ni même sur leur interprétation devant un public. En dépit sa courte existence, le groupe montre une véritable cohésion et on sent une véritable envie de réussir, ce que le Serpent Blanc ne manquera de faire par la suite avec une orientation plus FM. Pour les fans de la première heure, ce live est un parfait condensé de ce que savait faire le groupe et il est bon de le redécouvrir de temps à autre.

mercredi 25 mai 2011

Lenny Kravitz - 5


Après les succès de Are you gonna go my way et de Circus, il était indéniable que Lenny Kravitz était l'un des artistes les plus en vogue du moment. Inutile de préciser que l'album à venir était attendu au tournant. La question que l'on pouvait légitimement se poser était la suivante: allait-il sortir un disque dans la même veine que ses prédécesseurs ou allait-il nous surprendre? 5, nommé ainsi car il s'agissait du cinquième album de l'Américain, a effectivement réussi à surprendre son public. Retour en 1998.

Là où pensait que Kravitz allait poursuivre dans une veine rock à la Jimi Hendrix, on trouve plutôt des ambiances funk. Et dans ce domaine (comme dans tout autre style musical, me direz-vous), il y a à boire et à manger. Là encore, Kravitz s'est inspiré, tant qu'à faire, des meilleurs. Live, le titre d'introduction, donne le ton: c'est du funk, avec des riffs de guitare et de basse très inspiré par ce courant musical, et on retrouve même des cuivres, utilisés avec intelligence. Le schéma de ce morceau, on le retrouve à plusieurs reprises sur cet album dans différents morceaux, avec autant de bonheur: je pense notamment à Supersoulfighter, à It's your life ou à l'instrumental de haute volée, Straight cold player. Sur ce dernier, la guitare n'est là que pour l'ambiance, ce sont clairement la basse et les cuivres qui prennent leurs aises.

Comme d'habitude, Kravitz a su nous pondre des tubes dont lui seul a le secret: le sympathique Black velveteen, la ballade If you can't say no (je me rappelle que Kravitz avait à l'époque joué sur ce morceau sur le plateau de Nulle part ailleurs, dont l'émission couvrait le Festival de Cannes). Kravitz m'avait bluffé car celui-ci, qui jouait du synthé, est passé sans coup férir à la guitare avec la même maestria. Balèze! Bien entendu, la postérité a retenu le splendide I belong to you (Kravitz a du en conquérir des filles avec ce titre) et surtout Fly away, magnifique, avec un riff très inspiré et diablement efficace. Le genre de morceau que vous écoutez une fois le matin et qui ne vous quitte plus pendant la journée.

Le reste, ce sont des titres calmes à mid-tempo, qui ont moins marqué les esprits, certains à juste titre, comme Can't we find a reason, Take time ou Thinking of you, pour d'autres c'est moins évident, tels les sympathiques You're my flavor ou Little girl's eyes.

Cet album n'a toutefois pas su captiver les critiques, Kravitz se prenant cette fois-ci une volée de bois vert. Pas grave, le public a suivi et c'est plutôt mérité. Je pense que 5 est sans doute un cran au-dessous de ses deux géniaux prédécesseurs, principalement à cause de titres comme Take time, mais le reste est franchement intéressant. Evidemment, si on s'attendait à retrouver ce qui faisait le charme des deux albums précédents, on est loin du compte. Mais un artiste comme Kravitz est obligé d'évoluer sous risque de lasser rapidement.

Kravitz a annoncé à maintes reprises qu'il avait l'intention de sortir un album de funk. Pour moi, il a déjà accompli la moitié de cette tâche, avec brio de surcroît. 5 reste un bon album, plus qu'honnête, et il mérite plusieurs écoutes attentives pour pouvoir être apprivoisé.

mercredi 18 mai 2011

The Knack - Get the knack


The Knack. Le groupe d'un seul titre, My Sharona. Et pourtant, ce groupe américain, qui a débuté sa carrière à la fin des 70's, en a sorti des albums, et pas des moindres. Difficile de comprendre ce qu'il leur a manqué pour égaler les plus grands. Publié en 1979, Get the knack, le premier opus de ce combo sous-estimé, reste de loin leur meilleur.

Pourtant, quand un album contient un titre aussi bon que le sus-nommé My Sharona, on peut penser que l'on va décrocher la timbale. Certes, l'album a connu un succès d'estime, mais rien de comparable par rapport au potentiel de ce combo. En fait, My Sharona a en quelque sorte fait le malheur du groupe, car il a focalisé l'attention du public sur ce titre, et le même public a superbement ignoré le reste.

Car le reste, ce sont des chansons bien rock, bien écrites, bien produites (cela ne sonne jamais daté et le son des instruments, spécifique, fait le charme du groupe) et bien interprétées par un groupe au sommet de son art. La paire Doug Fieger (chant guitare) et Berton Averre (guitare lead) constitue une fameuse paire de songwriters difficilement égalable. D'ailleurs, après la séparation du groupe, les deux musiciens ont été régulièrement sollicités pour écrire des chansons pour d'autres artistes.

La force de The Knack, c'est de savoir écrire des titres rock tout en finesse mais qui conservent suffisamment de gnaque pour pouvoir intéresser les fans de rock plus couillu. Malheureusement, cela n'a pas suffi.

Difficile, en toute bonne foi, de retrouver quelque chose à critiquer sur la qualité intrinsèque de ces titres, si ce n'est qu'ils donnent vraiment l'impression de tous sortir du même moule. Mais c'est en fait le style Knack: du rock à la limite de la pop, des titres tournant autour des trois minutes en moyenne qui peuvent plaire à tout amateur de rock qui se respecte.

Reste le cas My Sharona. "Un riff tellement simple qu'il en est crétin [...] ça fonctionne très bien, c'est accrocheur et bien fait et le solo de guitare est superbe." (Kirk Hammett, Metallica). Je n'aurais pas mieux dit. Tout y est, pas la peine d'en rajouter!

Get the Knack reste un album qui mérite toute l'attention qui lui est due, et non pas seulement à cause de My Sharona. Cet exploit, The Knack n'a jamais su le reproduire sur les albums suivants: pourtant, un disque comme But the little girls understand n'est pas moins bien réalisé que ce premier opus. Vraiment, il y a des injustices que je n'arrive pas à comprendre. Si vous vous prétendez fans de rock et que vous disposez de deux oreilles en état de marche, réécoutez les disques de The Knack, ils ne vous décevront en aucune manière.

mercredi 4 mai 2011

Kraftwerk - Radio-Activity


Après un Autobahn de haute volée, il était entendu pour Kraftwerk qu'il fallait réitérer la performance, à savoir être innovant et original. Pour cet OVNI musical (du moins à l'époque c'était un OVNI),le pari était loin d'être gagné. Difficile de susciter un intérêt auprès du public avec une musique qui à l'époque était considérée comme des plus expérimentales. Mais c'est avec ce genre d'artistes que le monde de la musique progresse et explore de nouveaux horizons.
Pour Radio-Activity, publié en 1975, Kraftwerk décide d'aborder les thèmes de la radioactivité, des ondes radio et de l'électricité. Des thèmes en rapport avec le nom du groupe: Kraftwerk signifiant pour les moins germanophones d'entre vous "centrale électrique." Des thèmes abordés avec un peu d'humour, comme en témoignent les jeux de mots sur plusieurs titres, mais avec beaucoup de noirceur, à l'image de la pochette du disque.

Franchement, je n'aurais pas aimé être chargé la promotion de ce disque. Pas évident à défendre. Par rapport à Autobahn, qui avait un thème somme toute accrocheur même si répété jusqu'à l'écœurement, Radio-activity est un album particulièrement difficile d'accès. Kraftwerk va pousser le concept jusqu'au bout en incluant une introduction et des intermèdes aux noms parfaitement évocateurs (Geiger counter, Intermission, News, Uranium ou Transistor). C'est la noirceur qui prédomine, mais on ne peut nier que le duo Ralf Hütter/Florian Schneider a peaufiné jusqu'au plus petit détail pour illustrer en musique les thèmes qu'il a décidé d'aborder.

Heureusement que les titres chantés arrivent à faire oublier ce côté sombre. Je pense à des titres comme Radioactivity, Radioland, Ohm sweet ohm (oh, le beau jeu de mots) et surtout à Airwaves. Grâce à quelques notes de claviers et quelques mots en anglais et en allemand, on arrive à créer une chanson très inspirée et extrêmement accrocheuse. Comme quoi, le sage n'a pas besoin de déblatérer pendant des heures,
quelques mots seulement suffisent! Airwaves est une bouffée d'oxygène très appréciable car, il faut bien le reconnaître, cette noirceur devient oppressante, presque malsaine. Je ne sais pas si des groupes gothiques se sont déjà inspirés de cet album, mais si ce n'est pas le cas, ils devraient s'y intéresser fortement!

Le défaut de cet album, en dehors du fait qu'il est particulièrement sombre, c'est qu'il est coincé entre deux pavés du genre, Autobahn et Trans-Europe Express. Ce n'est pas que Radio-Activity soit mauvais, très loin de là, mais il lui est très difficile de rivaliser avec ces deux monuments de la musique électronique. La recherche sonore y bat son plein et, étant les moyens mis à leur disposition à l'époque, Ralf Hütter et Florian Schneider ont su encore une fois innover, quitte à sortir une fois de plus des sentiers battus. Et rien que cela mérite d'être salué tant ce genre de démarche est trop rare de nos jours.

Le duo de Düsseldorf est indubitablement un pionnier de la musique électronique et il est évident qu'un nombre incalculable de groupes de la décennie suivante leur doit beaucoup. Alors même si ce Radio-activity est tout sauf facile d'accès, il mérite incontestablement son statut de classique et il convient de le respecter comme tel.

mercredi 27 avril 2011

Crowbar - Sever the wicked hand


J'avoue que c'est la première fois que j'écoute en entier un album de Crowbar. Je sais, je devrais avoir honte, car ce groupe est vraiment excellent. Et ce n'est pas Sever the wicked hand, le neuvième album album du groupe paru en 2011, qui arrivera à me faire penser le contraire.

Pour tous ceux qui ne connaîtraient pas Crowbar, ce groupe joue une musique qui mêle habilement stoner, doom et power metal. En gros, ils se situent quelque part entre Black Sabbath et Pantera. Il y a bien pire comme maîtres à penser. En ce qui me concerne, la première référence qui m'est venue à l'esprit, c'est l'album Come my fanatics de Electric Wizard. Ceci étant, malgré toutes ces influences, Crowbar a su rester lui-même.

On sent qu'il y a eu un travail phénoménal, et tous les glandus du métal qui se contentent du strict minimum peuvent en prendre de la graine. Car Kirk Windstein (également impliqué dans de nombreux projets tels Kingdom of Sorrow, Down ou Superjoint ritual) et sa bande savent être originaux tout en conservant leur spontanéité et leur efficacité. C'est lourd de chez lourd, parfois dépressif même (je pense là à Let me mourn ou à Liquid Sky and Cold black earth), mais malgré tout, ça passe tout seul et on n'a pas le temps de s'ennuyer, ce qui devient de plus en plus rare dans le milieu du rock.

J'ai bien du mal à distinguer l'un ou l'autre titre car tous se valent. Cela faisait longtemps qu'un groupe et un disque de ce style ne m'avaient pas bluffés. Pour l'instant, cet album fait clairement partie de mon top 5, et je crois qu'il va falloir faire très fort pour l'en déloger.

Avec autant de qualités, il est vraiment étonnant que Crowbar n'ait pas réussi à obtenir plus de succès au sien de la scène metal, parce qu'avec des albums comme celui-ci, ça ne serait franchement pas volé. Foncez vous procurer Sever the wicked hand, impossible qu'il vous laisse indifférent. Je vous recommande également des albums comme Broken glass (1996) ou Old fellows rest (1998), qui prouveront sans aucune peine que Crowbar mérite véritablement plus de reconnaissance et que l'auteur de ces lignes ne s'emballe pas pour un phénomène éphémère.

Une chouette petite découverte en tous cas, j'espère qu'il en sera de même pour vous.

mercredi 20 avril 2011

Kiss - Peter Criss


Même à la grande époque de Kiss, Peter Criss, à l'instar de son de son acolyte Ace Frehley, a toujours été dans l'ombre de Paul Stanley et Gene Simmons. Il est vrai que malgré une voix sympathique utilisée à plusieurs reprises et un jeu de batterie imparable, Peter Criss n'est pas un compositeur hors pair. Du moins, s'il compose pour Kiss, ce qu'il propose au groupe n'est que rarement retenu. La postérité n'aura retenu que la seule la ballade mielleuse Beth (que je n'ai jamais pu blairer) sur l'album Destroyer. Miné par des conflits internes, les membres de Kiss se voient proposer de sortir un album solo en 1978, afin de prouver ce que chacun sait faire. Alors que les albums d'Ace Frehley et de Paul Stanley sont de franches réussites et celui de Gene Simmons tout juste moyen qu'en est-il de celui de Peter Criss?

A l'écoute de ce disque, je comprends mieux pourquoi les compositions du batteur au maquillage félin sont très souvent refusées... Criss est celui dont les influences sont sans doutes les plus variées du groupe et on peut penser qu'il est courageux d'essayer autre chose. Mais si encore c'était bien fait! Parce que franchement, faire du sous-Rolling stones, écrire des ballades qui fleurent bon la guimauve et s'inspirer du disco, il n'y a pas franchement de quoi pavoiser!

Les Stones, parlons-en, tiens... C'est quand leur influence est présente que les chansons de Criss restent de qualité correcte: I'm gonna love you, Tossin' and turnin', That's the kind of sugar Papa likes (déjà notez les titres!), Rock me baby et Hooked on rock'n'roll. On reste loin des standards de Kiss cependant, mais ce sont malgré tout les titres les plus supportables.
You matter to me avec son introduction à deux balles au synthé sonne complètement daté. Je n'ai rien contre cet instrument, à condition de savoir s'en servir et s'il permet d'apporter de la valeur ajoutée, mais là c'est carrément le contraire!
Et les ballades... quatre sur un total de 10 titres. C'est beaucoup, diront certains, moi je dis que c'est trop. Si en plus on ne sombrait pas dans la médiocrité, passe encore, (j'exclue bien bien volontiers Easy thing, qui sans être géniale reste correcte) mais le reste est tout bonnement nul, à peine bon pour servir de générique à des séries télévisées à rallonge qui occupent le quotidien des ménagères de plus de 40 ans. C'est mièvre, sans saveur et ça n'apporte rien, si ce n'est de l'ennui.

En fait, c'est bien le souci de cet album, c'est qu'il ne s'y passe pas grand-chose. Je comprends maintenant la paire Stanley-Simmons quand ils refusaient de laisser figurer des titres écrits par leur batteur! C'eût été le plantage assuré! Mais si les titres les plus rock sont sympathiques, ils n'en demeurent pas moins fades et sans relief. Je me suis rarement autant ennuyé à l'écouté d'un disque, c'est dire. Un album à réserver aux plus inconditionnels fans de Kiss, pour le reste, passez votre chemin et procurez-vous d'autres albums de Kiss ou ceux des Rolling Stones: ce sera une façon plus intelligente de dépenser votre argent.

mercredi 13 avril 2011

Rainbow - Down to earth


Je pense que serez d'accord avec moi lorsque j'affirme que Ritchie Blackmore est l'un des plus talentueux guitaristes qui soient. Le talent appelant le talent,Blackmore a toujours su bien s'entourer, surtout lorsque cela concernait son groupe Rainbow. Même si ce dernier était à géométrie variable: regardez un peu qui l'a secondé au cours de ces années: Bob Daisley, Jimmy Bain et Craig Gruber à la basse, Cozy Powell à la batterie et surtout le génial chanteur Ronnie James Dio (RIP). Bref que du beau monde. Et ce n'est pas avec Down to earth, paru en 1979, que le père Blackmore va commencer à s'entourer de manchots.

Pourtant on pouvait craindre le pire. Certes, l'ancien partenaire de chez Deep Purple Roger Glover est intronisé nouveau bassiste et producteur, mais Dio a quitté le groupe pour de bêtes divergences musicales. Dio déclarera bien des années plus tard: " Ritchie voulait s'orienter vers des choses plus commerciales, parlant des relations entre les hommes et les femmes. J'ai refusé catégoriquement de chanter ce genre d'âneries. Ce faisant, je me condamnais à devoir quitter le groupe." Pour remplacer ce frontman d'exception, Blackmore fit appel à Graham Bonnet, un chanteur quasi-inconnu à l'époque, qui dispose d'un timbre plus adapté à la nouvelle orientation musicale du groupe.

Quand on compare Down to earth aux albums sur lesquels Dio a chanté, le mot qui vient à l'esprit est "commercial". Attention, ici, cela n'a absolument rien de péjoratif, car l'ensemble est très bon, un peu déroutant, mais loin d'être la daube annoncée.

Graham Bonnet rassure les fans de Rainbow avec les deux hits qui figurent sur ce disque: Since you've been gone et All night long (une reprise d'un titre de Russ Ballard). Le reste n'a malheureusement pas laissé un souvenir impérissable, mais ce n'est aucunement la faute de Bonnet, ni même des compositions. Ces dernières sont parfaitement interprétées mais il manque peut-être le petit plus qui fait le différence entre un bon disque et un grand disque.

La voix de Bonnet me fait penser parfois à celle de David Coverdale et il faut bien dire que le style de Blackmore renforce parfois ce mimétisme. Je pense notamment à des titres comme Love's no friend (situé quelque part entre Mistreated et Soldier of fortune), les claviers signés Don Airey (actuellement chez Deep Purple) sur Danger Zone ou No time to lose font invariablement penser à du... Deep Purple! Quant à Blackmore, il est toujours au top, ses soli et ses riffs sont toujours aussi impressionnants de qualité. Ce type est vraiment brillant, dommage que ce soit une tête de lard!

Malheureusement, Down to earth restera le seul album de Rainbow sur lequel Bonnet a collaboré. Toujours ces fameuses divergences musicales et personnelles! Mais en aucun cas Down to earth n'est un mauvais disque. Je comprends tout à fait qu'il puisse décontenancer les fans ultimes de la période Dio, mais il n'y a absolument rien à jeter. C'est du Rainbow, que diable! Down to earth est indéniablement un disque qui mérite une seconde chance: je vous fiche mon billet qu'il ne vous décevra pas.