
Voici un album qui a beaucoup fait parler de lui, en bien la plupart du temps. Le genre d'album qui fait sortir un groupe des cercles d'initiés et qui permet de se faire connaître du grand public sans pour autant adoucir le propos.
C'est cela,le tour de force de ce Highway to hell. Car il faut bien reconnaître qu'en cette année 1979, rien n'était gagné d’avance pour les frères Young et leur bande.
Avant cet album, AC/DC avait sorti de nombreux disques,intéressants, pour ne pas dire excellents, mais rien qui ne leur avait permis de cartonner. Les frères Young et le chanteur Bon Scott ont dû se résoudre à changer leurs producteurs (la paire Harry Vanda/George Young (le frère d'Angus et Malcolm Young)) pour quelqu'un qui connait bien le business de la musique et qui pourrait leur apporter un regard neuf sur leur travail.
Leur maison de disques leur a bien proposé Eddie Kramer (qui a notamment bossé avec Jimi Hendrix et Kiss, rien de moins!) mais le courant entre ce dernier et le groupe ne passe absolument pas car leurs idées n'avaient rien en commun. Ils rencontrent presque par hasard Robert John "Mutt" Lange qui arrive à les convaincre de travailler ensemble.
Et après plusieurs semaines de labeur acharné, le résultat final est à la hauteur des espérances. Le groupe a su devenir accessible sans pour autant trop se simplifier. Disons que les Australiens, bien aidés par Lange, ont su polir les aspérités qui pouvaient rebuter le grand public.
On ne peut effectivement pas nier que les chansons se retiennent très facilement, tous les titres sont des hits potentiels, indémodables, pouvant sans problème tenir le cap de la scène.
La recette d'AC/DC, à savoir un chanteur, deux guitares, une basse et une batterie, est une recette simple et qui a été largement éprouvée avec leurs précédents albums et leurs premières tournées. Alors, à quoi bon changer, si ce n'est pour faire pire?
Highway to hell, le titre, est un hit incontournable pour tout fan de rock qui se respecte, If you want blood (you've got it) est un concentré de sauvagerie, tout comme le fantastique Beating around the bush (quel riff!). L'efficacité de titres comme Girls got rhythm, Shot down in flames, Touch too much ou Walk all over you ne peut indubitablement être remise en cause, de même que la qualité de titres tels que Get it hot ou Love hungry man, que je qualifierais de plus faibles (même si tout est relatif, cela va sans dire).
A noter que cet album se termine par Night prowler, un blues excellent mais très sombre, qui possède un je-ne-sais-quoi d'effrayant. Une chanson qui a su surprendre son monde, mais qui avait largement sa place sur ce disque. Dire que c'était le dernier sur lequel on entendrait la voix de Bon Scott. Fichue injustice! Ce titre a fait parler de lui dans les années 80 car un tueur en série aux Etats Unis le chantait avant de commettre ses crimes. Cela a valu pas mal d'ennuis aux Australiens outre-Atlantique, d'autant plus que nos amis religieux voyaient en ce disque une incitation à pratiquer des rites satanistes.
Laissez-moi rire!!! Dans les textes d'AC/DC, il n'a toujours été question que de la vie en tournée, de fête, d'alcool, de femmes... D'ailleurs Night prowler était, d'après Bon Scott, "un titre qui devait pousser les jeunes gens à quitter la maison de leurs parents la nuit pour se rendre discrètement chez leurs copines et, hum,..."
No comment!
Highway to hell allait être, comme je l'ai indiqué précédemment, le sommet d'AC/DC période Bon Scott, car ce dernier allait quitter le monde des vivants début 1980. Un C'est le genre de disques qui ne prendra jamais une ride et qui provoquera toujours autant de plaisirs même après 1000 écoutes. Un must de la part d'un groupe au sommet de son art.