mercredi 13 juillet 2011

Vulcain - Big Brothers


Desperados, sorti en 1985,m'avait laissé une bonne impression. Sans être original, Vulcain savait être efficace et avait à ce titre rien à envier à ses maîtres à penser, Motorhead. Déjà pas mal pour un groupe français. A l'époque, à part Trust, pas grand-chose de folichon sur la planète rock française (même si Blasphème ou Satan Jokers essayaient de surnager sans grand succès). Big brothers, publié en 1986, se devait de confirmer que Desperados n'était pas qu'un coup de chance. Pari à moitié réussi.

Rien qu'à la pochette, on pouvait se douter que quelque chose allait clocher. La pochette, bien ancrée dans les années 80, montrait le groupe avec des personnes masquées singeant Mitterrand, Reagan, Thatcher et Gorbatchev. Mouais, ça le fait moyen, ce type de pochette au style bien franco-français. J'ai eu peur d'avoir une leçon de géopolitique, mais le groupe n'aborde pas trop ce type de sujet (sauf sur Khadafi et Le $oviet suprême.

Dès les premières notes, on comprend que la production, signée Elie Banali, a été calibrée pour tenter de séduire un public plus large. On ne peut pas dire que la musique du groupe s'est ramollie, mais il est clair que l'on a tenté d'ôter les aspérités qui faisaient le charme des albums précédents.

On trouve ici de tout: des titres mid tempo vraiment intéressants tels Khadafi, Le $oviet suprême, Faire du rock ou 22, du très bon hard survitaminé que n'aurait certainement pas renié Motorhead, avec Les plaisirs solitaires et Grand prix. Excellents en tous points, ces titres auraient mérité de faire de Vulcain un plus grand groupe qu'il ne l'a été et en faire l'équivalent de Trust. Les musiciens du groupe avaient en tous cas le potentiel, que ce soit au niveau de la technique musicale (Daniel Puzio est un fin guitariste, Marc Varez, lorsqu'il se décide à utiliser la double pédale, donne un gros coup de boost à l'ensemble, et il n'a absolument rien à envier aux plus grands batteurs de hard rock).

Là où je coince plus, c'est sur les bluesy Drôles de jeux (passe encore) mais surtout sur le trop long Jeudi 19 juin, qui traite de la mort de Coluche (un thème bien franco-français, même si j'apprécie l'humoriste génial qu'il était). Mais là où je ne comprends pas du tout où le groupe a voulu en venir, c'est avec la reprise de On nous cache tout on nous dit rien de Jacques Dutronc (rien à voir Dutroux, je vous vois venir!) et avec la paillarde Marylou, où le groupe sort même les banjos. Qu'est-ce que ça vient foutre ici? Je ne vois vraiment pas l'intérêt, si ce n'est faire passer le groupe pour des bons gros franchouillards enclins à la déconne. C'est le genre d'image qui suivra à la trace nombre de groupes français qui leur succèderont...

Alors que je n'avais pas (ou peu) trouvé de moment faible sur Desperados, Big brothers, de par sa volonté de fédérer un public rock plus large, se perd en route. Heureusement que plus de la moitié de l'album tienne la route, sinon, c'eût été un gâchis monumental.

Le leader de Sodom, Tom Angelripper, déclarait récemment à la presse qu'il était un grand fan de Vulcain. Etant donné la passion de celui-ci pour Motorhead, il était évident que Vulcain ne pouvait que lui plaire. Cantonner Vulcain à un rôle de clone de Motorhead serait toutefois réducteur: malgré les tentatives foireuses de se diversifier, Vulcain a sa propre personnalité et à eu au moins le mérite de se faire un nom alors que nombre de groupes français galéraient pour un succès bien inférieur. Vulcain est injustement tombé par la suite dans l'oubli mais je vous conseille vivement d'y poser une oreille, vous pourriez être bien surpris de voir ce que peuvent faire des musiciens rock français quand ils se décident de se bouger.

1 commentaire:

  1. Je ne connais pas vraiment Big Brothers, juste les titres présents sur le Live Force sorti en 1987 et que je possède en vynil, mais pour moi le classique de Vulcain c'est Rock'N Roll Secours.Cependant, j'ai toujours trouvé que le point faible du groupe était justement ce côté " franchouillard" que l'on retrouve dans les textes parfois...

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