mardi 13 juillet 2010

Van Halen - Van Halen II

Van Halen avait tout explosé avec son premier album éponyme. Le groupe y proposait un hard rock furieux et hautement inspiré. Eddie Van Halen révolutionnait en une trentaine de minutes le monde de la musique et allait donner de nombreuses crampes aux guitaristes en herbe par la suite. Mais comme toujours, un premier album est capable de surprendre, le second se doit d'être encore meilleur ou au moins égaler son prédécesseur. Avec ce deuxième opus, publié en 1979, Van Halen n'allait pas réussir à atteindre cet objectif, malgré des compositions de haute volée.

Attention, je ne dis pas que c'est mauvais, loin s'en faut. Le chanteur David Lee Roth est toujours aussi déchaîné, la section rythmique du bassiste Michael Anthony et du batteur Alex Van Halen est toujours aussi efficace et Eddie Van Halen reste fidèle à lui-même, à savoir un excellent guitariste qui allie virtuosité et innovation. C'est juste que l'effet de surprise n'est plus là. Et le fait que certaines compositions soient moins inspirées n'arrange rien.

Parmi les titres phares de cet album, il faut relever Somebody get me a doctor, Light up the sky, D.O.A., le solo de guitre Spanish Fly (qui n'égale pas Eruption mais qui est tout de même bien balèze!) ou encore le fabuleux morceau final Beautiful girls, plein de groove et d'énergie. Dance the night away est le titre majeur de ce disque, le seul à vrai dire qui soit passé à la postérité. C'est là que le bât blesse. Sur le précédent album, au moins quatre titres étaient restés dans la mémoire collective (Eruption, Ain't talkin' 'bout love, Runnin' with the devil, You really got me (reprise des Kinks)). Et là, sur Van Halen II, un seul titre reste dans les annales. Dommage!

La faute à la présence sur cette galette de quelques titres moins aboutis? Sans nul doute... Le titre d'ouverture You're no good est assez fade, je ne l'aurais pas mis personnellement en première position. Sans être mauvais, ce titre est poussif et à vraiment du mal à déclencher les hostilités. Bottoms up! est mou du genou, un comble pour un titre qui veut à l'origine vous faire taper du pied!!! Une sensation de travail bâclé que l'on retrouve avec Outta love again. Rébarbatif au possible, ce titre me donne envie de passer au titre suivant. Women in love commence avec une intro fort intéressante, mais la suite est laborieuse et traîne en longueur.

Rien de catastrophique cependant, mais le groupe semble avoir voulu aller trop vite en besogne. Le tout donne l'impression d'avoir été écrit à la va-vite et il me semble que seul l'énergie et le talent du groupe sauve ce disque du ratage. Leur premier méfait était un grand album, celui-ci n'est "qu'" un bon album, sympathique, mais pas franchement indispensable. Heureusement que le groupe a rapidement appris de ses erreurs de jeunesse et s'est remis très sérieusement au boulot. Les albums suivants, Women and Children first et Fair Warning, seront par contre des albums de qualité, des classiques incontournables pour tout fan de rock qui se respecte.

Pas le disque de Van Halen que je vous recommanderais d'acheter en premier, mais en aucun cas un album maudit à éviter à tout prix. le groupe était encore débutant et il n'est pas anormal de commettre quelques erreurs, mais fort heureusement le groupe a vite corrigé le tir avec les albums sus-nommés. Pour résumer, un disque avec quelques bonnes idées, mais pas le plus indispensable de ce combo de légende.

vendredi 9 juillet 2010

Marilyn Manson - Antichrist Superstar

Revoici le révérend Manson, la terreur de la très puritaine Amérique. Chaque décennie a eu ses trublions, et en ce qui concerne les 90's, on n'a rien trouvé de mieux aux States que Manson pour emmerder les puritains. Ceux-ci d'ailleurs ne se sont pas gênés pour lui rendre la monnaie de sa pièce: diffamation, concerts annulés, etc. Au fait, pourquoi une telle aversion envers lui? Tout simplement parce qu'il a sorti un album nommé Antichrist Superstar, paru en 1996. Et que dans ce pays, on peut presque tout faire sauf toucher à tout ce qui se rapproche de la religion. Encore heureux que les mœurs ont bien changé, sinon, il aurait eu droit au bûcher!

C'est définitivement avec Antichrist Superstar que la carrière de Marilyn Manson a littéralement décollé. La réputation sulfureuse du disque y a bien sûr contribué, mais il faut reconnaître que la qualité est cette fois-ci au rendez-vous, ce qui n'a pas été le cas avec ses deux précédentes galettes. On peut noter la production monstrueuse de Trent Reznor qui a su parfaitement restituer l'atmosphère glauque du groupe. Le son de guitare est extrêmement puissant, distordu à fond, idéal pour faire chier ses parents (je parle par expérience!). Prenez un morceau comme Tourniquet, ça vous vrille les tympans au fond du cerveau!
Des classiques, cet album en contient à la pelle: Irresponsable Hate Anthem, enregistré dans des conditions live, The beautiful people, le premier tube original du groupe, Mister Superstar (mon préféré!), Angel with the scabbed wings (autre incontournable du groupe) ou le martial et efficace Antichrist Superstar.
Le reste? Du metal industriel, un peu plus original que ce que le groupe avait pu sortir sur Portrait of an American family ou Smells like children, mais pas de quoi s'en relever la nuit non plus. Le groupe est définitivement plus soudé qu'auparavant et ça s'entend. Au-delà d'une image de bouffons pourfendeur des bonnes mœurs, Marilyn Manson -le groupe- a su imposer son style décalé aidé en cela par un marketing ingénieux (le comportement de Manson sur scène lors de la tournée qui a suivi alimentait les rumeurs les plus folles).

Marilyn manson n'a certes pas inventé grand-chose, son mentor de l'époque, Trent Reznor avec son groupe Nine Inch Nails étant déjà passé par là quelques années auparavant. Mais Manson a su pousser le bouchon au-delà du raisonnable et il n'est pas faux de dire qu'à partir de cet album, le disciple a dépassé le maître. Le disque n'aurait sans doute pas connu autant de succès si ses géniteurs n'avaient pas ce côté sulfureux, mais il faut reconnaître que cet Antichrist Superstar contenait de très bonnes choses. Il ne s'agit pas de mon disque préféré de cette décennie, mais il a su me marquer, à sa manière, durablement. Il fait partie de mon top 10 des 90's, pour sûr. Vieux con nostalgique? Oui, j'assume...

mardi 6 juillet 2010

AC/DC - For those about to rock (We salute you)

En ce début de décennie, AC/DC semble être le groupe à qui presque tout sourit. Certes, le groupe australien a perdu l'année précédente son légendaire frontman Bon Scott, mais a retrouvé l'énergie des débuts grâce à sa nouvelle collaboration avec le chanteur Brian Johnson. Le combo en a profité au passage pour sortir l'un des albums les plus vendus au monde, Back in black la même année. En 1981, année de sortie de For those about to rock, l'objectif principal était de réitiérer la performance. Objectif partiellement réussi.

Pourtant, l'équipe en place pour Back in black reprend du service sur disque. Le groupe travaille d'arrache-pied pour finaliser un album qui a pour but de faire au moins aussi bien que son prédécesseur. Tâche titanesque s'il en est. Le groupe ressent un peu de lassitude et l'inspiration n'est plus autant au rendez-vous. Des tensions apparaissent au sujet du son que doient avoir les différents instruments, notamment les guitares. Ce sera au final un son tranchant, lourd, qui ne ressemble en rien aux standards du groupe.
La première face du LP ne laisse rien montrer des difficultés lors de la gestation de FTATR. Le titre éponyme semble traîner en longueur, mais la puissance du groupe y est en fait crescendo. Vous avez affaire ici à un morceau-phare, un de ceux qui doivent être impérativement joués live (ce sera généralement le morceau final de chaque concert) et il faut dire que le final avec les coups de canon se prête bien à l'exercice. Une grosse baffe d'entrée, les Australiens nous y avaient habitués. Cependant, ce ne sera pas le seul moment de gloire de cet album. Les morceaux suivants, Put the finger on you, Let's get it up, Inject the venom ou Snowballed sont autant de claques monstrueuses qui font mouche à chaque fois. C'est du très lourd, et effectivement il n'y a rien à redire sur la qualité de ces morceaux.
Le problème vient plutôt de la deuxième partie de l'album. Les titres sont aussi plats qu'un disque solo de Gene Simmons. Non, j'exagère! mais si peu... Bien sûr, on a toujours les grosses guitares des frères Young, les mêmes rugissements de Brian Johnson, mais l'inspiration semble avoir pris ses jambes à son cou. Je sais bien qu'il y aura toujours des gens pour défendre C.O.D., Spellbound ou Breaking the rules, mais à mon humble avis, il n'y a vraiment pas de quoi casser trois pattes à un canard. Heureusement que surnagent les titres Evil walks et Night of the long knives de ce marasme le plus complet. Les trois titres maudits que je viens de citer font partie, je pense, des plus mauvaises chansons du répertoire du groupe.

AC/DC allait d'ailleurs en souffrir, puisque le groupe n'allait pas du tout réussir à atteindre son objectif d'égaliser le succès de Back in black. Certains iront jusqu'à dire que FTATR est un album pourri, opinion à laquelle je suis bien loin de souscrire, mais il faut bien reconnaître que certains titres sonnent creux. Ce n'était qu'hélas le début d'une sale période pour AC/DC, les tensions internes, les pannes d'inspiration allaient se succéder jusqu'à la fin des 80's. Il faudra attendre 1988 et Blow up your video pour pouvoir à nouveau jouir d'un grand album d'AC/DC, ce qui est plutôt long, vous en conviendrez. FTATR est un album plus que recommandable qui n'a pas connu les faveurs du public, mais il est bien meilleur que ce que l'on veut bien en dire.

jeudi 1 juillet 2010

Quels seront vos disques de l'été?

Un été parfait, c'est un temps magnifique, la plage, les barbecues, les apéros qui s'éternisent... et aussi une bande-son qui nous marquera durablement, à tel point qu'écouter un de ces disques pendant l'hiver nous fera regretter cette douce période.

En ce qui me concerne, les 20 disques qui marqueront mon été seront, sans ordre particulier:

Lacuna Coil : Hmm, je me tâte... In a reverie ou The EP's, le disque regroupant les deux mini-albums que le groupe a sorti au début de sa carrière. Querelle d'experts... La voix enchanteresse de Cristina Scabbia est tout bonnement irrésistible.Les compos y sont très inspirées. Allez, va pour The EP's...
Mactatus: The complex bewitchment. Un groupe de black metal symphonique injustement méconnu dans nos contrées, mais qui mérite largement d'être redécouvert. Une bonne alternative à Dimmu Borgir.
Krokus: Hoodoo. Rien d'original, juste du hard rock qui donne envie de taper du pied comme un furieux. C'est déjà pas mal en soi.
Kraftwerk: Autobahn. Un classique parmi les classiques. Idéal pour m'accompagner sur la route.
Judas Priest: Ram it down. Un des de mes plus récents coups de foudre. Je ne m'en lasse pas.
Scorpions: Lovedrive. Pas besoin de best-of, tout y est.
Mike Oldfield: Hergest ridge. Un peu de douceur, même en période estivale, ne fait de tort à personne.
Kiss: là, j'hésite entre Lick it up, Creatures of the night ou Asylum. Le choix est cornélien (non pas que Corneille écoutait Kiss, mais il aurait dû!). Allez, je retiens le dernier cité, Asylum, pour son côté festif. A vrai dire, j'ai du mal à comprendre pourquoi les gens ne retiennent que ce que le groupe a sorti dans les 70's, certes de bonne facture, mais autrement moins consistant que ce qu'il a sorti entre 1981 et 1985.
Queen: Hot space. Peut-être pas le meilleur des Anglais, mais l'un des plus rythmés. Et que dire de Under Pressure, si ce n'est que c'est l'un des meilleurs morceaux. La collaboration avec David Bowie est l'un des moments clés de la carrière de la Reine.
Deep Purple: Stormbringer. Trop sous-estimé, cet album est pourtant du même calibre que ses prédécesseurs. Les voix chaudes et profondes de Hughes et Coverdale ne peuvent que me convaincre d'avoir ce disque à mes côtés en cette saison.
ZZ Top: Deguëllo: rien de tel pour faire la route. Des titres comme I'm bad, I'm nationwide ou Cheap sunglasses ont un petit air de vacances à eux tout seuls.
Ozzy Osbourne: Scream. Le petit dernier du Ozz est tout simplement grand. Je crois qu'il va même m'accompagner bien au-delà des vacances. Une bonne surprise de la part d'un mec que je ne pensais plus capable d'accomplir un tel prodige.
Van Halen: 5150. Le premier album enregistré avec Sammy Hagar. Parfait pour cette période estivale. Tout me fait penser aux vacances et à la fête sur ce disque. Meilleur que n'importe quel antidépresseur!
Rainbow: Rising. Que voulez-vous, ce disque est un classique indémodable qui arrive toujours à me filer des frissons. Je pourrais difficilement m'en passer, peu importe les saisons ou les cirsconstances.
Black Sabbath: Technical ecstasy. Du bon gros rock qui fait du bien lorsque vous êtes coincé dans un bouchon. Enervé juste ce qu'il faut, pas prise de tête. Idéal, quoi...
Led Zeppelin: II. Un classique, encore un. Je n'y peux rien, c'est ma drogue... Mais celle-ci n'est pas nocive pour la santé!
Rammstein: Liebe ist für alle da. La musique des Allemands est pour moi synonyme de chaleur, tout comme l'été. Difficile de passer à côté.
Lenny Kravitz: Baptism. Pour une fois que Kravitz est à peu près inspiré, on ne va pas s'en plaindre. Du rock sans prétention mais très bien fait. L'air de rien, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue...
Guns'n'roses: Appetite for destruction. Le seul album valable de leur discographie. Celui-là aussi, je me le passe pas mal en boucle ces derniers temps. J'adore Welcome to the jungle et Rocket Queen en particulier.
Nirvana: Live at Reading. Loin d'être le meilleur live que j'ai entendu du groupe, mais il possède un je-ne-sais-quoi qui le rend foncièrement attachant. Cobain était un songwriter hors-pair à défaut d'être un génie de la guitare.

Que vous restiez chez vous ou au boulot, ou que vous partiez en vacances, je vous souhaite d'ores et déjà un excellent été et de bonnes vacances pour les plus veinards d'entre vous!

mardi 29 juin 2010

The Beatles - Abbey road


Il est impressionnant de voir que les groupes qu'écoutaient les parents peuvent déteindre sur leurs enfants. Que certains classiques restent indémodables. Que certains albums sont proches de la perfection.


C'est mon père qui m'a fait découvrir ce groupe de légende. Mon paternel avait quelques bons vinyles dans sa collection et il m'en a fait profiter. Ma passion pour des groupes comme Deep Purple et les Beatles, c'est lui qui me l'a transmise, et je ne l'en remercierai jamais assez.

Abbey road, c'est un condensé d'une quarantaine de minutes de ce que les Beatles ont pu faire de mieux. Vu le niveau de leurs précédentes réalisations, comme Sergeant Pepper’s lonely heat club band, je peux vous assurer que le niveau de jeu est particulièrement élevé. On commence par deux gros chefs-d'œuvre, Come together et Something, qui montre un groupe à son top, les talents du duo Lennon-McCartney pour le premier, et du guitariste George Harrisson pour le second, ne sont plus à démontrer. 40 ans après l'enregistrement de l'album, cela sonne encore frais, jeune. Tout est possible lorsqu'on a un producteur comme George Martin, mais si les compositions ne suivaient pas, ce dernier n’aurait rien pu faire. Les arrangements proposés ici sont de haute volée, largement meilleurs que ce qui se pratiquait à l’époque.

Tout ne peut pas passer à la postérité, et un titre comme Maxwell's silver hammer semble un peu oublié. Personnellement, je n'ai jamais vraiment adhéré et je ne saurais expliquer pourquoi. Rien de bien grave, mais je trouve que ce titre est de qualité bien moindre que tout le reste de l’album.

Oh! Darling et Octopus's garden entretiennent la flamme, sans que ce soit des classiques intemporels. Mais ils très bien fichus et il aurait été vraiment dommage de les faire passer à la trappe. A noter que pour Octopus's garden, c'est le batteur Ringo Starr qui est au micro.

I want you...she's so heavy est un autre monument de cet album. Ce titre fait preuve à lui tout seul de l'inventivité des Beatles, des guitares formidables, Mc Cartney fait preuve de son talent à la basse, le thème de basse à la fin du morceau en a inspiré plus d'un. D'ailleurs, c'est l'un des titres les plus repris du répertoire des Beatles. Je pense notamment à Noir Désir (sur le live Dies Irae) ou aux chevelus helvétiques Coroner (sur l'album Mental Vortex), pour ne citer qu’eux.

La suite est du même calibre: Here comes the sun est une superbe chanson qui me flanque à chaque fois la chair de poule. Harrisson y est impérial, que ce soit au chant ou avec sa guitare folk. Là aussi, un classique que tout fan du groupe se doit de connaitre.

Le reste des morceaux est en fait un medley, 7 titres qui s'enfilent d'un trait et qui font du bien au moral, tellement c'est bien fait, les enchaînements sont nickels (on ne se rend pas compte qu'on passe d'une chanson à l'autre) et les arrangements sont – désolé de me répéter - merveilleux. J'ai du mal à retenir l'un ou l'autre de ces 7 morceaux, tant la qualité de ces derniers ne varie pas d'un bout à l'autre. J'ai cependant un petit faible pour deux d'entre eux, Golden Slumbers et Carry that weight, un brin mélancoliques.

Cet album est le dernier que les Beatles ont enregistré. Let it be est sorti en 1970 mais a été enregistré avant Abbey Road. Et ça s'entend, les titres sont moins joyeux que jamais et il règne une atmosphère sombre, révélatrice de l’ambiance délétère qui régnait alors au sein du groupe. Mais cela ne gâche en rien le travail de composition et d’arrangement réalisé ici.

C'est un petit bijou de pop-rock comme les Beatles seuls ont su le faire. C'est pour moi le disque ultime des 60's, un de ceux dont on ne se lassera jamais. En ce qui me concerne, le rituel est toujours le même : j’enlève délicatement le vinyle de sa pochette, je vérifie que le vinyle ne comporte aucun grain de poussière qui pourrait altérer la bonne lecture de cette galette et j’attends avec une grande impatience que les premières notes de Come together surgissent de mes enceintes. Et à chaque fois, je retrouve des choses que je n’avais pas perçues auparavant, même après un nombre incalculable d’écoutes.

Un quasi sans-faute. Tout simplement très fort. Si je devais prendre un album des 60's sur une île déserte, c'est sans conteste celui-là que je prendrais. Pourtant, le choix ne manque pas dans cette décennie, entre Jimi Hendrix, The Doors, les MC5 ou les premiers Led Zeppelin.

La légende dit que Paul McCartney avait offert à chacun de ses enfants Pet sounds des Beach boys, tant il trouvait ledit album formidable. A sa manière, mon paternel m’a transmis sa passion pour Abbey Road, et je ne peux que lui en être reconnaissant. Je ne serais sans doute pas le même homme si je n’avais pas eu la chance d’avoir pu écouter ce joyau. A ce niveau, je devrais plutôt parler d’œuvre d’art. Vous aussi, essayez-le (honte à vous si ce n’est pas encore fait !) et vous en ressortirez transformés, grandis.

vendredi 25 juin 2010

Kiss - Gene Simmons

Il est assez surprenant de voir à quel point on peut être influencé par son entourage proche. Tenez, voici un exemple. Prenez ma voisine d’en face. Une saloperie de cas social de la pire espèce, comme on commait hélas tous. Tout un vocabulaire de charretier que je ne m’imaginerais pas utiliser en public. « Ferme ta gueule, espèce de connard ,» est un exemple de ce qui peut sortir de la bouche de cette morue défraîchie à l’égard de ses enfants.

Concernant Gene Simmons, grande gueule de service chez Kiss, on a bien envie de lui faire la même réflexion. Parce que franchement, quand on la ramène autant et que l’on n’est même pas fichu d’assurer un minimum, on a vraiment envie de lui fermer son caquet, à ce vieux coq prétentieux. Prenez son dernier (et j’espère que ce sera toujours le cas) effort solo, Asshole. Une bouse infâme qui n’aurait jamais dû voir le jour. Etre aussi nul à ce point, ça me paraît inconcevable. L’homme a pourtant composé des trucs sympas dans sa formation d’origine. Du moins, il est crédité sur la plupart des morceaux de Kiss. Alors, peut-on soupçonner que son acolyte Paul Stanley couvre son incompétence ? La question se pose, effectivement.


En 1978, chaque membre de Kiss a sorti un album solo. Ace Frehley et Paul Stanley ont limité les risques en proposant des titres dans la veine de Destroyer. Gene Simmons a lui essayé de sortir des sentiers battus (ce qui est courageux), avec plus ou moins de réussite. Pour quel résultat ? Sensiblement meilleur que cette merde d’Asshole (ce n’était pas bien difficile !), mais pas transcendant non plus.


Ce bon vieux Gene a été influencé pendant sa jeunesse par les Beatles, c’est plus qu’évident. La musique qu’il nous propose est influencée par Kiss et par Lennon and Co. Parmi les moments les plus sympathiques (attention, je dis pas bons, hein !), je me dois de relever Radioactive man, sur lequel Joe Perry (Aerosmith) fait une apparition. Burning up with fever n’est pas trop mal non plus, on pourrait croire à un titre de Whitesnake à ses débuts. Mister make believe et Man of 1.000 faces auraient également pu être coécrits avec la paire Lennon/ Mc Cartney tant les arrangements sont typiques des Britanniques.


Le reste ? Cela va au mieux du moyen au ridicule. Le pire de cet album, c’est When you wish upon a star. Quelle daube! Je comprends mieux d’où viennent les horreurs que j’ai entendu sur Asshole! C’est nul, Simmons aurait mieux fait de s’abstenir. Encore une fois, me direz-vous, et vous n'auriez pas tort. Les autres morceaux ne tombent dans cet extrême, mais franchement pas de quoi s’extasier. Aussitôt écoutés, aussitôt oubliés.


Mettre autant de moyens dans un album et en arriver ce résultat, c’est tout de même franchement décevant, vous en conviendrez. Le problème ne vient pas de la production en elle-même, tout à fait correcte, ni même de la pléiade d’invités qui figurent sur cet album (Joe Perry, Bob Seger, Cher (sic !), entre autres) mais tout bonnement des morceaux en eux-mêmes. Tout est plat, affreusement sans relief. Le genre d’album qui ne suscite pas le mépris mais juste l’indifférence.


Le public ne l’a pas vu de la même manière et l’album de Gene Simmons a fini par atteindre le statut de disques de platine. A croire que la race humaine se contente de bien peu… On n’atteint pas des sommets de médiocrité, mais le génie est loin, très loin. Kiss a sorti bien des albums autrement plus intéressants que ce disque chiant comme un dimanche pluvieux.


Ce bon vieux Gene excelle sans doute dans d’autres domaines et il ferait mieux de s’en contenter. L’ex-guitariste de Kiss, Bruce Kulick, affirmait récemment que « Gene Simmons est le Donald Trump du rock. » C’est assez vrai, Gene Simmons est un redoutable businessman, les produits dérivés Kiss (souvent kitsch au possible, cela va sans dire) se paient très chers. Dommage pour nous que ses compétences en musique n’aient rien de comparable par rapport à son talent pour les affaires.

mardi 22 juin 2010

Slayer - Undisputed Attitude

Durant la deuxième partie des 90's, le thrash n'était aps au top de sa forme. Metallica baissait le rythme avec Load et Slayer sortait un album de reprises punk. Exercice particulièrement casse-gueule quand on connaît l'extrêmisme du groupe. L'annonce de cet album m'a franchement laissé dubitatif: Slayer reprenant des morceaux de punk (c'est-à-dire pas les plus élaborés qui soient), que cela pouvait-il bien donner? Un album qui claque certes, mais quasiment sans nuances. Retour sur ce Undisputed Attitude sorti en 1996.

L'instigateur de ce projet était le guitariste Jeff Hanneman, le plus gros fan de punk du groupe. Parmi les groupes qui ont marqué sa jeunes, D.R.I., Verbal Abuse, Minor threat, D.I., The Stooges, entre autres. Autant de groupes que l'on retrouve sur cet album, avec plus ou moins de bonheur. Hanneman s'est rappelé qu'il avait autrefois composé deux morceaux de punk que l'on retrouve ici, Can't stand you et Ddamn, sympathiques et typiquement dans l'esprit de Slayer, mais à mes yeux pas les meilleurs titres de ce Undisputed Attitude.
Les plus gros morceaux de ce disque, ce sera plutôt du côté de Disintegration/Free money et I hate you (Verbal abuse), Guilty of being white (Minor threat), Violent pacification (DRI), Richard hung himself (DI), I wanna be your God (et non pas dog, comme le chantait les Stooges). Les autres reprises? Rien de mauvais, loin de là, mais pas de quoi s'extasier non plus. On passe d'un titre à l'autre sans temps mort, chaque titre ressemblant au précédant. C'est là la plus grosse critique que l'on puisse faire à ce disque.
A noter que l'album se conclut par Gemini, un titre original composé par le chanteur Tom Araya et le guitariste Kerry King. Un excellent titre, lourd, malsain, typiquement slayerien. De loin le meilleur morceau présent sur cette galette. Le début a de quoi vous coller la trouille, tant il est sombre. Puis viennent les soli de King et Hanneman, de bonne facture, suivi par un final de toute beauté. "Walking slow, you could see death sweat!": ça c'est du lourd. C'est ce que j'attendais de Slayer.

Le projet de cet album de reprises m'avait laissé perplexe et à juste titre. Je me doutais bien que cela ne conviendrait pas vraiment à Slayer. Il serait mensonger de dire que les Américains se sont littéralement vautrés car on passe un bon moment, mais rien à voir avec les monuments Reign in blood, South of heaven ou même Divine intervention. Le groupe a montré quelques signes de faiblesse avec ce Undisputed Attitude et ce n'était que le début, puisque l'album suivant, Diabolus in musica confirmera plus largement cette baisse de régime. Des déceptions (tout est relatif) qui prendront fin avec les années 2000. Mais je ne connais aucun groupe qui puisse prétendre ne s'être jamais planté au moins une fois dans sa carrière, cela arrive même aux plus grands, la preuve...