mercredi 22 février 2012

Lynyrd Skynyrd - Pronounced Leh-nerd Skin-nerd

Le sud des Etats-Unis, son passé, sa musique tradionnelle (le Blues et la country). Lynyrd Skynyrd sait restituer toutes ces choses dans sa musique. Ce groupe n'a pas toujours été irréprochable dans ses propos vis-à-vis des Afro-américains, mais il n'empêche qu'ils ont réussi à nous livrer quelques petites merveilles, comme ce premier album, paru en 1973.

A cette époque, personne ne parlait vraiment de rock sudiste. C'est Lynyrd Skynyrd qui l'instigateur de tout cela. Au fait c'est quoi, ça, dur rock sudiste? C'est du gros blues rock qui tache, plein de feeling, qui fleure bon le sud de l'Amérique. Tout simplement.

Au menu de cet album, 8 titres qui savent alterner douceur et rage. Du gros rock basique (I ain't the one, Gimme Three Steps,Things goin' on et Poison Whiskey), de la folk teintée de blues et de country (Mississippi kid), et trois gros classiques: Tuesday's gone (reprise plus tard par Metallica sur son album Garage Inc.), Simple Man (savoir aussi bien manier les ambiances calmes et les moments de colère, ça me laisse rêveur).

Mais le fin du fin reste pour moi Freebird, qui parviendra toujours, je crois, à me coller des frissons terribles dans le dos. Ça commence par une ballade toute gentille, et ça se termine par un déluge de notes. Un solo de malades! Plus de 6 minutes à fond! C'est de toute beauté, efficace, énergique, presque surhumain. La légende voudrait que James Hetfield, grand fan de Lynyrd Skynyrd devant l'Eternel, ait déclaré que Freebird était son morceau fétiche.

Un premier album d'une grande qualité, gorgé de feeling, majestueux. C'était la pote ouverte à une fabuleuse carrière. Le groupe atteindra la consécration avec l'album suivant et son fameux tube, Sweet Home Alabama.

Un accident d'avion détruira le groupe en 1977, emportant plusieurs de ses membres. Et quelques propos malheureux terniront la réputation d'un groupe qui aurait pu devenir tout bonnement énorme.

mercredi 15 février 2012

Audioslave - Audioslave

Audioslave est, pour ceux qui l'ignoraient encore, le super groupe réunissant rien de moins que le vocaliste de feu Soundgarden Chris Cornell et les trois instrumentistes de Rage Against The Machine, à savoir le génial Tom Morello à la guitare, Brad Wilk à la batterie et Tim Commerford à la basse. Bref, que des as dans leur domaine respectif.
Et que peut donner la collaboration de ces quatre musiciens qui n'ont plus rien à prouver? Du bon gros rock qui tache, sans fioriture. Ce premier opus, paru en 2002, le prouve amplement.

Franchement, l'association de la paire RATM-Cornell pouvait laisser dubitatif. Cornell n'a rien de Zakk de la Rocha. Et la musique de RATM est assez différente de celle de Soundgarden. Chacun a su faire un pas vers l'autre, et ce pour aboutir vers l'un des meilleurs albums de rock de cette décennie.

Sur les 14 titres de cet album, pas de grosses bouses. Un album peut-être un peu trop long, personnellement j'aurais mis de côté les quatre derniers titres qui, sans être mauvais, donnent l'impression que le groupe s'est fatigué en cours de route. Retravaillés, ils auraient sans doute cassé la baraque, mais là ce n'est pas trop le cas.
Par contre, pour les dix premiers titres, là je tire mon chapeau. C'est tout bonnement excellent, efficace, et surtout ça sonne frais, comme si les musiciens n'étaient que des débutants. Et pourtant, à de nombreux moments, on entend des parties que les musiciens auraient pu placer dans leurs groupes d'origine. Il faut dire que Chris Cornell possède une voix unique et se montre impérial. Quand j'écoute des titres comme Show me how to live, What you are ou Shadow on the sun, j'en ai la chair de poule. Ce mec est indubitablement l'un des meilleurs vocalistes de sa génération. Et ses trois comparses ne sont pas en reste, surtout Morello, Cochise, Set it off ou I am the Highway sont puissants, avec de riffs bien rentre-dedans, et la guitare nous émet des sons incroyables. Il y a des fois où je me demande même comment Morello fait pour les obtenir. Franchement impressionnant!

Vous aurez compris que nous avons affaire ici à de la bien belle ouvrage. On se demande vraiment comment les deux parties ont pu faire preuve d'une telle osmose en si peu de temps. Les dix titres que j'évoquais précédemment ont carrément une portée intemporelle. Je suis certain que cet album sonnera toujours aussi bien dans 20 ans et qu'il sera vu comme un classique. Et ça ne serait que justice. Faut dire aussi que nos quatre amis ont su s'entourer : le producteur n'est autre que Rick Rubin (qui a travaillé avec AC/DC, Slayer, Metallica, System of a down ou les Red Hot Chili Peppers. Pas mal le pédigrée) et celui-ci a bien su mettre en valeur Audioslave.

Dommage que les deux autres albums studio qu'Audioslave a pu sortir par la suite n'ont pas été aussi brillants, principalement parce que l'effet de surprise n'y était plus. Out of exile ou Revelations sont sympathiques, sans plus, alors que ce premier boulet de canon est tout simplement brillant. Au cas où vous l'auriez raté à sa sortie en 2002, procurez-vous ce disque. Ce serait une erreur monumentale de prétendre aimer le rock et de ne jamais ne serait-ce qu'avoir écouté cet album. Et tant que vous y êtes, réécoutez le premier Rage Against the Machine et Superunknown de Soundgarden, pour ne citer qu'un album de chaque groupe dont les membres d'Audioslave sont issus. Plus de dix ans après leur sortie, ces albums restent toujours des baffes magistrales.

Sont forts ces types... Des albums comme ça dans une décennie, il n'y en a pas assez. Espérons que la nouvelle décennie qui s'annonce me fera mentir...

mercredi 8 février 2012

Van Halen - 1984

Cet album me renvoie directement à mon adolescence, lorsque j'étais encore un collégien, en 1996. J'avais acheté ce disque un peu par hasard, la pochette avait attiré mon attention. Je la trouvais franchement belle et pour le moins provocante. Ce n'est pourtant pas dans mes habitudes d'acheter un disque à partir du critère de l'esthétique d'une pochette, mais pour le coup, bien m'en a pris. 1984 est une tuerie. Ni plus ni moins.

Le pire, c'est que j'en connaissais le titre le plus célèbre sans savoir que ça venait de Van Halen. Je parle naturellement de Jump, popularisé par l'O.M. et régulièrement entendu dans les stades. Eddie Van Halen troque sa guitare contre des claviers et le résultat est tout aussi brillant que si Eddie était resté à la gratte. Un morceau fort bien construit, calibré pour connaître un succès fulgurant. Mais 1984, c'est loin de se résumer à Jump.
On enchaîne avec Panama, autre titre majeur de la bande des frères Van Halen. Eddie retrouve avec maestria sa guitare et, le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas de quartiers. Un riff mémorable, un chant de David Lee Roth inspiré, du grand art. On continue dans la même veine avec Top Jimmy, de facture plus classique mais pas moins efficace. Le groupe est au sommet de son art, et c'est tant mieux pour nous.

La suite est un peu moins conventionnelle (bon, c'est du Van Halen, ça reste du big rock, du fun, de la déconne): Drop dead legs est plutôt originale, avec son riff de guitare répétitif et sa batterie hypnotique. Alex Van Halen montre à tous ceux qui en doutaient encore (mais cela est-ce possible?) qu'il est un batteur et un percussionniste de haute volée.
Pour moi, le fin du fin sur cet album, c'est Hot for teacher. Le riff de base est aussi inspiré qu'il est simple et répétitif, mais quand on arrive au solo, c'est de la pure folie. Et je ne vous parle pas du final: j'adore la basse que l'on peut entendre à la fin du titre. C'est le genre de chansons qui vous redonne le moral en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
I'll wait, aux claviers, est de facture plus classique: loin d'être aussi génial que ne l'était Jump, ce morceau ne restera pas dans les annales. De même pour Girl gone bad, parfaitement élaboré et toujours inspiré, mais, je ne saurais expliquer pourquoi, ce morceau n'a jamais su me captiver. On conclut avec un House of pain magnifique, très efficace du début à la fin. Le riff d'intro est brillant, tout comme les soli, Roth y est déchaîné. Splendide, exceptionnel, extraordinaire...

En ce qui me concerne, je trouve le succès de cet album entièrement mérité. Il est rare qu'un album cumule succès commercial et succès artistique. 1984 en est un exemple parfait. Je ne pense pas que le groupe ait déjà fait aussi bien (sauf peut-être avec leur premier album éponyme) et le combo n'a jamais réussi à renouveler cet exploit. Autant de bons titres sur un album d'une petite trentaine de minutes, ce n'est pas un mince exploit. Et, cerise sur le gâteau, l'album a bénéficié d'une production de haut niveau et, plus de 25 ans plus tard, cette dernière demeure irréprochable.

Mais ce qui devait ouvrir des portes en a refermé d'autres. Etant donné l'énorme succès de l'album, David Lee Roth a perdu le sens de la mesure et a préféré quitter le groupe et mener à bien ses projets solo avec plus ou moins de réussite. Ce départ n'a pas porté plus que cela préjudice à Van Halen, du moins commercialement parlant. Le groupe a remplacé son chanteur originel par Sammy Hagar (ex Montrose) et est devenu plus sérieux. J'apprécie moins l'ère Hagar pour cette raison. Avec Roth comme frontman, Van Halen était un groupe qui incitait à la fête, un peu comme Kiss. Avec Hagar, Van Halen s'est trop pris au sérieux.

Un must des années 80. Sans doute l'album de cette décennie que j'ai le plus écouté. Cet album est aussi jouissif qu'addictif, vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas écouter ce disque.

mardi 31 janvier 2012

David Lee Roth - Eat'em and smile

David Lee Roth est en 1986 l'ancien chanteur de Van Halen. Des divergences avec les frères Van Halen l'ont fait quitter ce groupe qui était au sommet de la gloire avec l'album 1984. Histoire de ne pas s'en mordre les doigts, le fantasque chanteur décide de faire son propre truc, et qu'il soit juste assez énorme pour concurrencer d'emblée son ancienne formation. Rien de moins!

Pour cela, il décide de s'entourer des meilleurs. Regardez la liste d'embauche: Billy Sheehan à la basse, Gregg Bissonette à la batterie et surtout l'excellent Steve Vai à la guitare. Tout le monde se demandait à l'époque qui aurait assez de cran pour concurrencer Eddie Van Halen, le virtuose de la six-cordes leur apportera avec brio la réponse.

Et la réponse, c'est ce Eat'em and smile de folie. On commence avec Yankee Rose, un hit majeur qui suivra David tout au long de sa carrière, un refrain énorme, une gratte surpuissante et un solo qui ferait baver le père Van Halen, rien de tel pour mettre la pêche.
Et le reste, certes un peu moins connu, est une bible pour tout amateur de big rock pêchu. David Lee Roth est un mec qui aime faire la fête et ça s'entend. Ecoutez Shyboy, Goin Crazy ou Tobacco Road. Une fois logés dans le crâne, impossible de s'en débarrasser.

10 titres, 10 furies, David Lee Roth, plus revanchard que jamais, est déchaîné, Steve Vai est un dieu vivant et il aurait été vraiment dommage que Roth ne se serve pas de son talent. Et la section rythmique est très efficace, capable de s'aligner sur les délires de Vai et Roth.

Le seul défaut majeur de cet album, c'est qu'il est trop court (une petite trentaine de minutes seulement). Mais bon, je préfère de loin Eat'em and Smile qu'un album comme... je sais pas, moi... Tiens, Balance, de Van Halen, qui est deux fois plus long et tout aussi chiant!

Il n'y a que des Américains qui soient capables de sortir ce type d'album, et de faire carton plein dès le premier album. Les frères Van Halen ont sorti la même année 5150, où on a pu remarquer que le côté fun s'est envolé. A leur place, je l'aurais eu mauvaise, quand même.

Coup d'essai et coup de maître, donc. Cela ne durera pas pour David Lee Roth, ce dernier n'arrivera pas à garder bien longtemps les membres de son groupe et la qualité en souffrira.

Mais s'il n'y avait qu'un seul album à retenir de ce frontman de génie, c'est bien celui-ci. Allez donc vous plonger dans la bonne humeur communicative de ce Eat'em and smile!

jeudi 26 janvier 2012

ZZ Top - Tres Hombres

ZZ Top, c'est le groupe mythique par excellence. Plus de trente ans de carrière, toujours le même line-up, pas d'album maudit, beaucoup de tubes (surtout dans les 80's). Mais aujourd'hui, abordons leur troisième album, celui qui allait mettre tout le monde d'accord et les faire sortir de leur Texas natal.

La période était favorable à ce rock mâtiné de blues et de country, une période faste pour les Blackfoot et autres Lynyrd Skynyrd. Il fallait juste un petit plus par rapport à leurs deux premiers albums pour percer. Un hit, par exemple. Et ce hit, ce sera La grange, du nom d'un célèbre bordel du Texas. Trois petits accords basiques, un solo de dingues et le tour est joué.

Mais limiter cet album à La Grange, c'est faire injure au travail de Billy Gibbons (chant guitare), Dusty Hill (basse, chant) et Frank Beard (Batterie). Tres Hombres, c'est 10 titres fabuleux contenant de nombreux classiques du groupe. Je pense notamment à la triplette d'introduction: Waitin' for the bus, Jesus just left Chicago et Beer drinkers and Hell raisers. Du blues rock comme on n'en fait plus, bien produit et au son toujours d'actualité de surcroit.

Parmi les autres titres, j'ai un grand faible pour le calme Shiek et le morceau final, Have you heard?, un grand moment de blues-rock.

Maintenant, on me dira aussi que ça ne semble pas bien original, et ce n'est pas faux. Mais ça reste efficace. Essayez d'écouter La Grange sans taper du pied, tiens, pour voir... Fermez les yeux et passez vous un Beer Drinkers & Hell raisers et imaginez vous un tripot proche de la frontière mexicaine... ça y est vous vous y voyez déjà?

Rien d'original, l'efficacité du rock, avec le feeling du blues en prime. L'air de rien, ça fait du bien de retourner à ses racines musicales. Bien sûr, certains râleront toujours et voudront leur Gimme all your lovin, Legs, Sharp-dressed man et autres Got me under pressure. Mais pour ça, amigos, faudra repasser dans 10 ans!

Allez Hombre, sers-moi une tequila!

mercredi 18 janvier 2012

Santana - Caravanserai


Santana est connu pour avoir osé la fusion entre le rock et les musiques latino-américaines. Le jeu et le son de guitare Carlos est reconnaissable entre mille. Les trois premiers albums ont connu un succès considérable, bien aidés en cela par des titres comme Jingo-Lo-Ba, Evil ways, Soul sacrifice, Oye como va, Samba pa ti, Black magic woman et j'en passe.
Cependant, Santana s'est aperçu qu'appliquer toujours la même recette a fini par lasser le public.
Pour ce quatrième album, publié en 1972 Carlos Santana a voulu intégrer un peu de jazz pour élargir ses horizons. Et ça s'entend.

Bien sûr, tout n'est pas inspiré par ce style de musique. L'introduction, Eternal caravan of reincarnation, avec ses ambiances arabisantes, fait bien sûr penser aux longs convois de chameaux menés par des Bédouins dans le Sahara qu'on appelle justement des caravansérails.

On retrouve le fameux cocktail rock + musique latine dans plusieurs titres qui, personnellement m'enthousiasment au plus point. Je pense notamment à des titres comme Wave within, Look up (to see what's comin' down), Just in time to see the sun et Stone Flower. Lorsque j'écoute ces deux dernières, je ferme les yeux et je me crois sur une plage, quelque part au Mexique, sur une chaise longue, en train de siroter un verre de mescal. C'est ça la magie de la musique de Santana, et ça fait du bien surtout pendant les froides journées d'hiver!

Tout cela est bien beau, mais reste de facture classique. Des titres aux influences plus jazzy, vous en trouvez notamment sur Song of the wind, All the love of the universe, Future Primitive, La Feuta Del Ritmo ou encore sur Every Step of the way. Et tous ces titres passent bien, aidés en cela par une formation au top de sa forme.

En 1972 Santana (le groupe) comprend entre autres, outre Carlos Santana au chat et à la guitare, Neal Schon (futur Journey) à la seconde gratte, Mike Schrieve (batterie) et Greg Rolie aux claviers. Bref, pas les plus mauvais musiciens que cette Terre ait engendré!

L'ensemble se tient fort bien et même pour les personnes réfractaires au jazz (dont moi-même), le plaisir à écouter du Santana est intact. C'est du premier choix, sans aucun doute. Bon, c'est sûr que si vous êtes un fan récent du guitariste mexicain, et que vous adorez Maria Maria, et tous ses albums parus dans les années 2000, vous risquez d'être perdus.

L'innovation a permis au groupe d'avancer et d'explorer de nouvelles sphères tout en gagnant de nouveaux fans. Et c'est mérité, le Santana des années 70 est très inspiré. Profitez-en, les bouses des années 1980 sont encore loin!

Hé les gringos, écoutez-moi ça, vous ne serez pas déçus du voyage entre le Sahara et le Mexique!

mercredi 11 janvier 2012

The Stooges - Fun House

Ces mecs sont des malades. Pour pondre une œuvre aussi sauvage, il faut vraiment être cinglé. Rarement vu autant d'énergie dans un disque des années 70, et surtout en aussi peu de temps (une petite trentaine de minutes). Il n'y a pas dire, en ce de début de décennie, Iggy Pop et ses acolytes sont en forme.

Comme la pochette l'indique, cette musique, c'est du magma en fusion. Du rock incandescent, à la limite du punk. Du rock séminal aussi, ça déborde de testostérone sur cet album. Les sept titres ne feront pas de quartiers, et vous serez, à votre tour, les victimes de ces brutes sanguinaires.

L'enchaînement Down on the street, Loose et TV eyes est l'un des plus brillants que je connaisse. Vous êtes maltraités dès le début, à grands coups de riffs ravageurs et de rythmiques percutantes. TV eyes, c'est quand l'apothéose de ce disque. La perfection n'est pas loin, la mort de votre système auditif et nerveux non plus!

Heureusement qu'ils ont prévu deux moments calmes, les bougres. Dirt et Fun House sont plus lents, aux influences plus blues. Mais ce n'est pas moins sulfureux pour autant, il règne toujours cette ambiance oppressante.

Le second grand morceau de cette galette diabolique, c'est 1970, rapide comme il faut, extrêmement simpliste (il n'y pas beaucoup de riffs), mais ça vous donne l'impression que ça vous rentre dans le crâne, tel un burin. Et le solo de saxophone à la fin nous prouve que c'est l'œuvre d'esprits malsains et décadents. 1969, sur l'album précédent était déjà magnifique, mais là, c'est tout simplement grand.

Reste le dernier titre, L.A. Blues, une grande inconnue. C'est un bordel innommable, pas de mélodie, pas de riff reconnaissable. Juste de la lave en fusion (on y revient). C'est sans doute le seul moyen qu'ils aient trouvé pour exprimer leur frustration, leur colère. Le doigt d'honneur ultime à la société. Bon, c'est sûr que ce n'est pas avec ce titre qu'on comprend que Ron Asheton (guitare), Scott Asheton (Batterie), Dave Alexander (basse) et Steve Mackay (saxo) sont des musiciens de haut niveau. La technique n'est clairement pas leur point fort, mais leur capacité à écrire des chansons simples mais efficaces leur a permis d'entrer dans l'Histoire du rock.

Un disque d'ordures. Pour engendrer un album pareil, il faut vraiment être de belles ordures. Cette Maison du Plaisir, publiée en 1970, est dégueulasse, ses habitants sont bons pour l'hôpital psychiatrique (d'ailleurs Iggy Pop va finir par y aller quelques années plus tard!), les voisins se plaignent du bruit dans le quartier. Mais c'est trop bon!

Après un premier album de haute volée (quand on a des titres comme I wanna be your dog et No fun sur son premier album, on est content!!!), Iggy et ses potes confirment que les Stooges sont le groupe le plus bruyant et le plus cinglé de l'époque. Une offrande majeure pour tous les groupes punk qui allaient débouler quelques années plus tard.

Un exemple de sauvagerie musicale, même 40 ans plus tard!