mardi 9 mars 2010

Cradle of filth - Dusk and her embrace

Cradle of filth a toujours été le groupe controversé par excellence. Trop brutal, trop symphonique, trop commercial, moins bons que Dimmu Borgir. Toutes les excuses sont bonnes à prendre. Mais quand on y réfléchit bien qu'est-ce que Cradle of filth? Du black, symphonique certe, mais du black quand même. Et du bon en plus, à la hauteur de ses concurrents scandinaves. Auteurs d'un déjà magnifique The principle of evil made flesh, les Anglais vont enfoncer le clou en 1996 avec ce Dusk and her embrace.

Dani Filth, leader et chanteur du groupe, ne fait pas de manières dans le choix des thèmes de ses chansons. Sexe, sang, violence, serial killers, ésotérisme, tout y passe. Mais comme il s'agit de black symphonique, le tout se doit d'être abordé avec finesse. Bon, c'est pas de l'opéra, d'accord, mais tout de même...

Difficile de retenir un titre parmi les neuf proposés ici, tant la qualité de ces derniers est particulièrement élevée. Le groupe a su enlever les aspérités qui avaient tendance, à la longue, à gâcher leur premier opus. Les riffs de Stuart Anstis et John Piras sont toujours aussi inventifs, les claviers de Damien Gregori apportent une ambiance malsaine au possible, la section rythmique est ultra-carrée (il faut dire aussi que la batteur Nicholas Barker n'est pas le premier venu en la matière) et Dani Filth est fidèle à lui-même, polyvalent, enragé, éructant des vocaux que des porcins ne renieraient pas. Bref, vous l'avez compris, c'est magnifique. Tout simplement. Impossible de se lasser de cette cinquantaine de minutes de musique variée, sophistiquée effrayante et raffinée.

Cradle of filth confirmait, en l'an de grâce 1996, qu'il était un groupe sur lequel il fallait compter à l'avenir. Dusk and her embrace n'était qu'en fait le début d'une longue série d'albums plus majestueux et référentiels les uns que les autres. Cruelty and the beast, Midian, Damnation and a day, Nymphetamine sont des albums magnifiques et c'est sans conteste l'opus de 1996 qui a ouvert la voie. La concurrence avec les Norvégiens de Dimmu Borgir sera des plus saines, car elle permettra une parfaite émulation entre les deux groupes, l'avantage ne sera jamais clairement gagné par un camp ou par l'autre.

Dusk and her embrace, un grand moment de musique extrême à réécouter sans modération!

lundi 8 mars 2010

Lenny Kravitz - Circus

Après avoir sorti des albums aussi excellents que Let love rule et Mama said, il semblait que Kravitz avait tout dit. Pour de nombreux observateurs, le dernier album correct est Are you gonna go my way. Je trouve cette vision assez réductrice, car, même s'il lui a été assez difficile d'égaler ce dernier opus, Kravitz nous a offert par la suite de nombreux morceaux de qualité.
Ce Circus, publié en 1995, nous le prouve une fois encore.

J'admets que la pochette a, encore une fois, le don de m'exaspérer. Ce mec est on ne peut plus narcissique! Mais c'est un narcissique génial, et il le sait en plus...

D'entrée de jeu, Kravitz nous colle une rouste monumentale avec Rock and roll is dead, particulièrement entraînant, avec un riff aussi simple que mémorable, funky en diable. Kravitz n'a pas changé la recette qui a fait son succès: du gros rock à la Hendrix, un soupçon de funk, une voix magnifique, un solo de haute volée, le tout remis au goût du jour. Et c'est extrêmement efficace et accrocheur.
La suite se veut à l'image de la pochette, sombre. Circus est lourd, plutôt lent, sans que je puisse le qualifier de ballade. J'aime beaucoup les paroles de ce titre, particulièrement inspirées. Beyond the 7th sky est du même calibre, bien qu'un peu plus planant que son prédécesseur, en raison principalement du chant de Kravitz. Tunnel vision est funky à souhait, ce qui tranche clairement avec les titres sombres précédemment cités.
Autre tube: Can't get you off my mind, une ballade où Kravitz n'en fait pas des caisses. Quand on connaît la carrière de Kravitz, c'est assez rare pour être souligné. Magdalene se veut être un rock gentillet, sans prétention et le titre atteint son but sans trop de difficultés. Mais est-ce un morceau original? Non, pas vraiment. Thin Ice fait une nouvelle fois la part belle au funk, ce n'est pas l'usage récurrent de la wah-wah qui va me contredire. Un bon titre, bien construit, qui laisse deviner quelles sont les influences de Kravitz.
Don't go and put a bullet in your head laisse apparaître des influences rhythm'n'blues pas désagréables. Original, pour une fois. In my life today appelle plus ou moins les mêmes commentaires que Circus, j'adore les chœurs à la fin du morceau. Des émotions à la pelle,mais rien à voir avec les niaiseries refourguées par la Star Academy pendant des années.

En fait, sur ces 11 morceaux, deux me gênent: God is love et The resurrection. Pas qu'ils soient mauvais, pas à cause de leur message religieux. Je trouve que Kravitz a voulu faire une suite à Believe, un morceau génial que l'on trouvait sur Are you gonna go my way. Mais les morceaux s'intègrent mal à l'ensemble. Ces morceaux arrivent à faire perdre à eux seuls pas mal d'intensité, alors que cet album en dégageait à foison. Dommage.

Il était à peu près certain que Kravitz n'arriverait pas à égaler la qualité de Are you gonna go my way. Pour autant, cet opus vaut largement son pesant d'or. 2 tubes incontournables et 7 morceaux qui auraient pu le devenir, il y a bien pire comme constat. Le problème viendrait plutôt du fait que Kravitz commençait à être perçu comme un has-been. Comme je l'expliquais ci-dessus, les racines de sa musique sont plutôt anciennes. Ce n'est pas pour autant que sa musique soit démodée, bien au contraire.
A mon sens, Lenny Kravitz est l'un des meilleurs guitaristes de sa génération et l'un des artistes rock les plus inspirés des 90's. Je reconnais qu'il n'a pas toujours utilisé son talent à bon escient, mais à mon sens, ce n'est pas sur cet album qu'il faille faire les plus gros reproches, mais plutôt sur les deux suivants, 5 et Lenny.
Replongez-vous dans cet album relativement méconnu de celui que je qualifierais sans hésiter de Jimi Hendrix des 90's. Et tant que vous y êtes, procurez-vous tous ceux qui l'ont précédé.

vendredi 5 mars 2010

Scorpions - Blackout

Scorpions, vous l'aurez également compris, est un de mes groupes favoris. Près de 40 ans de carrière, quelques rares faux-pas, des albums légendaires, des tubes interplanétaires. Des musiciens talentueux, un chanteur reconnaissable entre mille. Voilà, je pense avoir correctement planté le décor pour vous présenter ce Blackout, paru en 1982.

Rien qu'à la pochette, on a compris que les Germains étaient revenus pour tout casser. Il s'en est fallu de peu que Klaus Meine, le chanteur, perde ses cordes vocales. Après plusieurs opérations et semaines de convalescence, celui-ci peut repasser derrière le micro. Ouf, on a eu chaud, on aurait pu avoir Don Dokken à la place...

Le groupe, en cette année 1982, est au pic de sa forme. Tous les titres, je dis bien tous les titres, sont excellents. Plutôt pas mal. Des classiques à perte de vue. On commence avec un Black out qui prouve que le groupe va tout détruire sur son passage, comme le prouve Klaus Meine et ses cris en fin de morceau. On enchaîne sur un premier hit, Can't live without you, avec son refrain mémorable. Excellent. la suite n'est pas mal non plus: No one like you, et son riff d'anthologie, est un des plus grands tubes des Allemands. Un incontournable. Le genre de morceau qui doit être joué à chacun de leurs concerts sous peine de créer une émeute.
La suite est sans doute un peu moins connue que ces deux morceaux de bravoure, mais tout de même, dire qu'ils sont efficaces et inspirés relève d'un doux euphémisme. You give me all I need commence tel une ballade, puis on continue avec un grand riff comme seul la bande à Rudolf Schenker sait les pondre. Now!, Dynamite et Arizona sont de facture plus classique, mais pas moins impressionnants pour autant. Près de 28 ans plus tard, ça le fait toujours grave. Du grand art, ni plus ni moins...
China white innove quelque peu, c'est le morceau le moins calibré pour la radio, de par sa longueur (7 minutes) et son côté oppressant, lourd, qui ne ressemble en rien à du Scorpions typique. Un grand riff, bien lourd, que n'aurait pas renié Black Sabbath, la voix de Klaus Meine apporte un côté épique pas désagréable. Un morceau qui a peut-être moins marqué les esprits, alors qu'il ne dépareille pas par rapport à certains des chefs d'œuvre conçus par Iron Maiden ou Judas Priest à la même époque.
Scorpions a toujours glissé dans ses albums au moins une ballade, et ce sera cette fois-ci When the smoke is going down. Un morceau brillant, de toute beauté. Scorpions a toujours été le roi du slow qui tue, et ce titre ne déroge pas à la règle. Si tous les groupes qui se plient à cet exercice pouvaient être aussi bons que Scorpions, je ne m'en plaindrais pas...

En ce début de décennie, Scorpions est LE groupe du moment, qui a su conquérir le public sans ramollir son propos. Une véritable prouesse, s'il en est. Produit par leur mentor Dieter Dierks, ce bijou est toujours à la hauteur en termes de production et on ne devine absolument pas que ce grand cru date de 1982. Tous les musiciens sont au top, et j'aimerais également souligner, outre la performance des guitares, le rythme infernal qu'apporte le batteur Herman Rarebell.

Et dire que ce n'est pas fini... Love at first sting et Savage amusement vont, une fois de plus, enfoncer le clou. Les 80's auront vraiment été une décennie magnifique pour les Allemands qui vont cumuler succès critique et commercial.

jeudi 4 mars 2010

Kraftwerk - Trans-Europe Express

1977: une année cruciale pour la musique. Alors qu'en Angleterre, des fous furieux qui se prétendent punks veulent tout exploser sur leur passage, en Allemagne, un petit groupe de Düsseldorf s'apprête à établir les standards de la musique électronique, inspirant au passage tous les plus grands groupes de la décennie suivante. Ce groupe, que j'avais évoqué il y a quelques temps sur ce blog, c'est Kraftwerk. Autobahn, paru en 1974, était certes novateur mais quelque peu répétitif. Ce Trans-Europe Express, sorti en 1977, va proposer une musique bien plus innovante et efficace, un travail qui est considéré encore par beaucoup comme leur meilleur opus.

Les membres de Kraftwerk se sont toujours sentis très éloignés du mouvement punk: c'est entre autres pourquoi ils ont décidé s'afficher sur la pochette en costard cravate et propres sur eux. Ah, cette rigueur allemande! Mais ce travail permanent va leur permettre d'accoucher de leur meilleur album.
On commence avec un Europe Endless qui donne tout de suite le ton: l'originalité est de rigueur. Les claviers se veulent plus inventifs que jamais. Bien sûr, le tout peut sembler daté, mais c'est ce côté suranné qui donne du charme à cet album. Certaines des sonorités se retrouvent quelques années plus tard sur des albums comme Speak and spell de Depeche Mode. Les paroles désenchantées de Florian Schneider laissent deviner un sérieux scepticisme quant à l'avenir de l'Europe en tant qu'institution. Là aussi, Kraftwerk serait-il un groupe visionnaire? A méditer...
On continue avec un Hall of mirrors, lent, lourd, sentencieux, à la froideur et à la rigueur toute germanique. Encore une réflexion sur l'Homme et son image. Showroom dummies aurait pu facilement passer à la radio, ces quelques notes de synthétiseur avaient largement de quoi attirer l'attention du grand public. Des idiots en vitrine? Certaines personnes sont superficielles à un point que cela en devient ridicule. En tous cas, la mélodie et la sonorité de ce titre ne seront pas oubliés par les groupes de new wave des 80's.
Nous arrivons sur la partie la plus intéressante de l'album: Trans-Europe Express couplé à Metal on metal. Le thème du train qui traverse l'Europe (Paris, Düsseldorf et Vienne sont cités). Düsseldorf seraient d'après l'étape idéale pour rencontrer Iggy Pop et David Bowie. Ce dernier avait sorti en 1976 Station to station (de gares en gares) qui a amplement influencé Ralf Hütter et Florian Schneider et leur a donné l'idée du thème de l'album. Ce Trans-Europe Express va influencer à son tour Bowie qui rendra hommage à Schneider sur son album Heroes. On passe directement de TEE à Metal on metal sans coupure nette; Metal on metal reprend le thème principal de TEE et on y entend Karl Bartos imposer ses percussions qui donnent véritablement l'impression d'être sur une voie de chemin de fer.
Les deux derniers titres, Franz Schubert et Endless endless reprennent le premier thème employé dans Europe endless et y rajoutent quelques variations supplémentaires. Sympathiques, mais pas en mesure de concurrencer Showroom Dummies, Trans Europe-Express et Metal on metal.

Kraftwerk laisse en 1977 exploser son talent à la face du monde. Inutile de dire que cet album est considéré comme une référence ultime par tous ceux qui se prétendent fans de musique électronique. Tous ceux qui ont fait de la musique électronique pendant les deux décennies suivantes ont été influencés par cet album: ceux qui prétendent le contraire sont des fieffés menteurs. Après Autobahn, Trans-Europe Express est le deuxième coup de maître de Kraftwerk. Histoire de mettre tout le monde à genoux, les Allemands vont sortir d'autres pépites, tels The man machine et Computer world. La musique électronique en tant que style vient de trouver ses premières références et il sera difficile par la suite de faire aussi bien que ces précurseurs.

mercredi 3 mars 2010

Whitesnake - Slide it in

Whitesnake a toujours été perçu comme étant le meilleur groupe qui ait émergé de la dissolution de Deep Purple en 1976. Il faut dire que plusieurs membres de ce derniers ont continué à collaborer au sein du Serpent Blanc: le leader du groupe n'est autre que le chanteur David Coverdale, le claviériste Jon Lord et le batteur Ian Paice y ont continué leurs carrières. En 1984, année où est sorti ce Slide it in, le big rock est à l'honneur. Des groupes comme Van Halen sont à leur apogée. Le rock teinté de blues des premiers albums de Whitesnake ne satisfait plus son leader. Afin d'assurer la pérennité de son groupe, Coverdale décide de l'orienter vers des voies plus commerciales, tout en ne reniant pas son passé. La première mission de Slide it in sera d'assurer une transition en douceur.

Le groupe, outre Coverdale et Lord, n'est composé que de musiciens aguerris. On y retrouve les fidèles Micky Moody et Mel Galley aux guitares, le vétéran Cozy Powell à la batterie et Colin Hodgkinson à la basse. Pas les musiciens les moins doués du marché! Des professionnels qui sauront s'adapter à la nouvelle orientation de Coverdale.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça marche du feu de dieu. On retrouve un hard rock certes conventionnel, mais extrêmement pêchu, le mimétisme avec le Van Halen période Sammy hagar est flagrant. Les gros riffs rock sont là, tout comme la voix caractéristique de Coverdale, toute en puissance. Les claviers typés 80's sont également présents, même si ce n'est pas toujours de très bon goût. Je pense à un titre comme Gambler qui laisse plus que d'habitude Jon Lord s'exprimer: le tout sonne incroyablement daté.
Quant aux autres morceaux, impossible de retrouver à redire: c'est particulièrement bien fait, ça donne envie de taper du pied et c'est bien produit. Du travail d'orfèvre, calibré pour cartonner dans des stades. Guilty of love, All or nothing, Hungry for Love, Slow an'easy ont clairement été conçus pour plaire aux fans de hard rock de l'époque, mais les anciens fans de Deep Purple et des premiers albums du Serpent Blanc peuvent s'y retrouver. La coupure est nette, mais malgré tout, l'aspect bluesy, surtout au niveau des guitares, demeure toujours présent. Bref, prise de risques minimum pour David Coverdale et sa bande.

Un grand album pour Whitesnake en 1984, comme d'habitude. Le changement d'orientation musicale s'est fait en douceur et Slide it in a connu un succès énorme, ce qui n'est pas démérité. Le groupe pouvait envisager l'avenir avec sérénité, et ce n'est pas avec les albums suivants comme 1987 et Slip of the tongue que Coverdale & Co allait se vautrer. Le début d'une grande série qui allait faire oublier la période bluesy du groupe, ce qui est dommage car des albums comme Ready an'willing, ou Saints and sinners sont franchement intéressants. Je ne peux que vous inciter à redécouvrir ces trésors oubliés qui vous feront penser aux grandes heures de Led Zeppelin ou Deep Purple.

mardi 2 mars 2010

Iron Maiden - A matter of life and death

Que peut-on encore sur Iron Maiden qui n'ait pas encore été dit sur ce groupe anglais de légende? Que pour un vieux groupe, ils sont encore très inspirés? Oui, sans aucun doute... Pas pour rien qu'ils sont considérés comme étant le meilleur groupe de heavy metal au monde. C'est vrai que A matter of life and death, paru en 2006 est l'un des meilleurs de la bande à Steve Harris. Mais à vrai dire, rien de surprenant à cela, leurs albums studios sortis dans les années 2000 sont tous des petits bijoux.

Bien sûr, il y aura toujours des râleurs pour dire qu'ils sont devenus chiants avec l'âge. Toujours prévisibles. Je leur dirais qu'ils ont acquis un savoir-faire et une maturité que seul un groupe aussi expérimenté peut avoir. Et de mon point de vue, ils sont certainement plus originaux et inspirés que 98% de la scène heavy metal actuelle.

Au niveau des compositions? Rien à jeter, tout y est excellent. J'ai bien du mal à départager les morceaux, tant ceux-ci sont magnifiques et incroyablement bien interprétés. Les trois guitaristes se sont admirablement bien partagés leurs rôles. Les interventions en solo de chacun des gratteux est calibrée à la seconde près, la cohésion est à son paroxysme. Du grand art.
Steve Harris se fait plus discret que d'ordinaire, mais ce n'est pas pour autant qu'il est moins impliqué: il a en effet contribué à l'écriture des 10 morceaux. Et que dire sur Bruce Dickinson, si ce n'est qu'il semble que le temps n'a aucunement altéré sa voix, toujours aussi percutante... Le travail d'écriture de ce dernier n'est pas moins impressionnant: le thème principal de cet opus, la guerre, a été formidablement bien traité.

J'ai malgré tout mes petits préférés, comme These colours don't run ou Brighter than a thousand suns, qui montrent, si c'est encore nécessaire, que les Anglais ont encore énormément de choses à dire. Et je ne résiste pas non plus à des compositions aussi extraordinaires que The Pilgrim ou au premier single, The reincarnation of Benjamin Breeg.
Pour avoir eu l'occasion d'écouter plusieurs albums pirates enregistrés lors de la tournée qui a suivi cet album, les nouveaux titres ne sont pas moins efficaces par rapport aux plus anciens et ne déplaisent pas aux fans. Alors, ils sont toujours chiants, les vieux?

Iron Maiden nous délivre, une fois de plus, un disque de haute volée qui ne révolutionnera sans doute pas le genre, mais qui s'avère efficace. Si vous avez aimé dans les 80's un album comme Seventh son of a seventh son, le plus progressif des albums de Maiden, alors ce A matter of life and death est fait pour vous. Au fond, quand un groupe avec un tel passé continue à nous procurer autant de bons moments, que peut-on lui reprocher?

Un disque dans la plus pure lignée de Brave new world et Dance of death, qui va ravir les fans du groupe et qui pourra satisfaire les plus curieux qui ne sont pas encore allergiques au metal. Les autres... tant pis pour eux!

lundi 1 mars 2010

ZZ Top - Fandango

Un curieux groupe que ZZ Top. Pratiquant depuis leurs débuts un hard boogie teinté de blues inspiré, leur succès ne s'est jamais démenti, et pas seulement qu'auprès des rednecks du Texas. C'est le genre de musique qui vous donne presque instantanément envie de taper du pied.
Au niveau évolution, ce Fandango, publié en 1975, ne change en rien la voie empruntée par les Texans, à ceci près qu'il nous propose 3 titres live et 6 titres originaux enregistrés en studio.
Disséquons la trentaine de minutes de musique que contient ce disque pour voir de quoi il en retourne...

On commence par un Thunderbird, de facture on ne peut plus classique. Du gros boogie en introduction, pour faire plaisir à un public qui ne demande que ça, il n'y a rien de tel. A noter qu'à l'origine, ce n'est pas ZZ Top qui a écrit ce titre, mais un groupe d'adolescents nommé les Nightcaps. Comme ils n'avaient pas fait enregistrés les droits, ZZ Top s'est accaparé ce titre qui leur va comme un gant. Franchement, on ne se doute pas un seul instant qu'il ne s'agit pas d'une composition du groupe.
On enchaîne avec une reprise (là, ça être difficile de dire que c'est un de leurs titres!): il ne s'agit rien de moins que du Jailhouse rock, qu'un certain Elvis Presley avait popularisé dans les 50's. En tous cas, cette version sur-vitaminée donne la pêche en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Des trois titres live, c'est de loin le meilleur.
Backdoor medley est, comme le nom l'indique, un pot-pourri de plusieurs titres de ZZ Top et une reprise d'un bluesman célèbre, Wilie Dixon (connu pour avoir été pillé à maintes reprises par Led Zeppelin). Parmi les titres originaux, on trouve Backdoor love affair qui figurait sur leur premier album des Texans, ainsi qu'un nouveau titre, Long distance boogie. Un medley sympa, mais qui a tendance à traîner à longueur.

Passons aux titres studio, pour moi les plus intéressants de cet album. On commence avec un Nasty dogs and funky kings, où l'on voit le groupe débouler avec un riff bien gras et une petite pointe funk pas désagréable. Le solo de Billy Gibbons est toujours bon à prendre. Dommage que ce titre soit aussi court. Puis on enchaîne avec un blues poignant, comme ZZ Top sait les écrire, Blue Jean Blues. Comme quoi, même les rockers blancs savent écrire de bons titres de blues quand ils le veulent. Pas que je veuille entrer entrer dans une quelconque polémique entre Blancs et Noirs - je ne mange pas de ce pain là - mais c'est un fait, les premiers bluesmen étaient Noirs.
Balinese est un titre de boogie de facture classique. Je l'imagine bien interprété par le groupe dans un tripot crasseux dans un coin perdu du Texas. Rien de mauvais, mais pas franchement de quoi s'en relever la nuit. Mexican Blackbird est bluesy à souhait, et là encore je m'imagine facilement être dans un bar miteux juste à la frontière mexicaine, en train de regarder s'écouler le Rio Grande. Sympathique, à défaut d'être foncièrement original.
Maintenant on commence les choses sérieuses. Heard it on the X est un morceau ultra-entraînant, efficace, au riff aussi simpliste que sympathique. Le solo de Billy Gibbons est l'un des meilleurs qu'il ait jamais interprété. Le refrain toujours aussi simpliste, donne largement envie de chanter pendant les concert du groupe. Pas étonnant que Pantera, durant ses jeunes années, reprenait régulièrement ce titre. On conclut avec un Tush d'anthologie. Un riff ultra classique et simpliste et un solo magnifique ont rapidement fait de ce titre un classique, un de ceux que le groupe ne peut pas se permettre de ne pas jouer.

Un bon album, sympathique, même si je ne le considère pas come un de mes préférés. Mais ZZ Top n'a jamais sorti de véritablement de bouses. J'ai toujours eu un faible pour leurs premiers albums avec leur production légèrement cradingue qui restitue fidèlement une ambiance au Texas des 70's. Je préfère des albums comme Rio Grande mud, Tres hombres ou Degüello, qui à eux seuls contiennent un lot de classiques impressionnants.
Le rock de ZZ Top n'a jamais fait preuve d'originalité et, l'instar de groupes comme Kiss ou AC/DC, ce n'est pas franchement ce qu'on leur demande. Aucun mal à cela, bien au contraire. C'est leur marque de fabrique et c'est ce que le public veut entendre, donc aucune raison de s'en priver.
Fandango est l'un de leurs albums les plus vendus à ce jour et ce n'est pas immérité. Replongez-vous dans l'ambiance moite des troquets miteux du Texas de l'époque, et tant que vous y êtes, repassez-vous toute la discographie des 70's de ce groupe de légende. Ces albums sont capables de remonter le moral à n'importe qui, mieux que n'importe quel antidépresseur.