mardi 2 mars 2010

Iron Maiden - A matter of life and death

Que peut-on encore sur Iron Maiden qui n'ait pas encore été dit sur ce groupe anglais de légende? Que pour un vieux groupe, ils sont encore très inspirés? Oui, sans aucun doute... Pas pour rien qu'ils sont considérés comme étant le meilleur groupe de heavy metal au monde. C'est vrai que A matter of life and death, paru en 2006 est l'un des meilleurs de la bande à Steve Harris. Mais à vrai dire, rien de surprenant à cela, leurs albums studios sortis dans les années 2000 sont tous des petits bijoux.

Bien sûr, il y aura toujours des râleurs pour dire qu'ils sont devenus chiants avec l'âge. Toujours prévisibles. Je leur dirais qu'ils ont acquis un savoir-faire et une maturité que seul un groupe aussi expérimenté peut avoir. Et de mon point de vue, ils sont certainement plus originaux et inspirés que 98% de la scène heavy metal actuelle.

Au niveau des compositions? Rien à jeter, tout y est excellent. J'ai bien du mal à départager les morceaux, tant ceux-ci sont magnifiques et incroyablement bien interprétés. Les trois guitaristes se sont admirablement bien partagés leurs rôles. Les interventions en solo de chacun des gratteux est calibrée à la seconde près, la cohésion est à son paroxysme. Du grand art.
Steve Harris se fait plus discret que d'ordinaire, mais ce n'est pas pour autant qu'il est moins impliqué: il a en effet contribué à l'écriture des 10 morceaux. Et que dire sur Bruce Dickinson, si ce n'est qu'il semble que le temps n'a aucunement altéré sa voix, toujours aussi percutante... Le travail d'écriture de ce dernier n'est pas moins impressionnant: le thème principal de cet opus, la guerre, a été formidablement bien traité.

J'ai malgré tout mes petits préférés, comme These colours don't run ou Brighter than a thousand suns, qui montrent, si c'est encore nécessaire, que les Anglais ont encore énormément de choses à dire. Et je ne résiste pas non plus à des compositions aussi extraordinaires que The Pilgrim ou au premier single, The reincarnation of Benjamin Breeg.
Pour avoir eu l'occasion d'écouter plusieurs albums pirates enregistrés lors de la tournée qui a suivi cet album, les nouveaux titres ne sont pas moins efficaces par rapport aux plus anciens et ne déplaisent pas aux fans. Alors, ils sont toujours chiants, les vieux?

Iron Maiden nous délivre, une fois de plus, un disque de haute volée qui ne révolutionnera sans doute pas le genre, mais qui s'avère efficace. Si vous avez aimé dans les 80's un album comme Seventh son of a seventh son, le plus progressif des albums de Maiden, alors ce A matter of life and death est fait pour vous. Au fond, quand un groupe avec un tel passé continue à nous procurer autant de bons moments, que peut-on lui reprocher?

Un disque dans la plus pure lignée de Brave new world et Dance of death, qui va ravir les fans du groupe et qui pourra satisfaire les plus curieux qui ne sont pas encore allergiques au metal. Les autres... tant pis pour eux!

lundi 1 mars 2010

ZZ Top - Fandango

Un curieux groupe que ZZ Top. Pratiquant depuis leurs débuts un hard boogie teinté de blues inspiré, leur succès ne s'est jamais démenti, et pas seulement qu'auprès des rednecks du Texas. C'est le genre de musique qui vous donne presque instantanément envie de taper du pied.
Au niveau évolution, ce Fandango, publié en 1975, ne change en rien la voie empruntée par les Texans, à ceci près qu'il nous propose 3 titres live et 6 titres originaux enregistrés en studio.
Disséquons la trentaine de minutes de musique que contient ce disque pour voir de quoi il en retourne...

On commence par un Thunderbird, de facture on ne peut plus classique. Du gros boogie en introduction, pour faire plaisir à un public qui ne demande que ça, il n'y a rien de tel. A noter qu'à l'origine, ce n'est pas ZZ Top qui a écrit ce titre, mais un groupe d'adolescents nommé les Nightcaps. Comme ils n'avaient pas fait enregistrés les droits, ZZ Top s'est accaparé ce titre qui leur va comme un gant. Franchement, on ne se doute pas un seul instant qu'il ne s'agit pas d'une composition du groupe.
On enchaîne avec une reprise (là, ça être difficile de dire que c'est un de leurs titres!): il ne s'agit rien de moins que du Jailhouse rock, qu'un certain Elvis Presley avait popularisé dans les 50's. En tous cas, cette version sur-vitaminée donne la pêche en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Des trois titres live, c'est de loin le meilleur.
Backdoor medley est, comme le nom l'indique, un pot-pourri de plusieurs titres de ZZ Top et une reprise d'un bluesman célèbre, Wilie Dixon (connu pour avoir été pillé à maintes reprises par Led Zeppelin). Parmi les titres originaux, on trouve Backdoor love affair qui figurait sur leur premier album des Texans, ainsi qu'un nouveau titre, Long distance boogie. Un medley sympa, mais qui a tendance à traîner à longueur.

Passons aux titres studio, pour moi les plus intéressants de cet album. On commence avec un Nasty dogs and funky kings, où l'on voit le groupe débouler avec un riff bien gras et une petite pointe funk pas désagréable. Le solo de Billy Gibbons est toujours bon à prendre. Dommage que ce titre soit aussi court. Puis on enchaîne avec un blues poignant, comme ZZ Top sait les écrire, Blue Jean Blues. Comme quoi, même les rockers blancs savent écrire de bons titres de blues quand ils le veulent. Pas que je veuille entrer entrer dans une quelconque polémique entre Blancs et Noirs - je ne mange pas de ce pain là - mais c'est un fait, les premiers bluesmen étaient Noirs.
Balinese est un titre de boogie de facture classique. Je l'imagine bien interprété par le groupe dans un tripot crasseux dans un coin perdu du Texas. Rien de mauvais, mais pas franchement de quoi s'en relever la nuit. Mexican Blackbird est bluesy à souhait, et là encore je m'imagine facilement être dans un bar miteux juste à la frontière mexicaine, en train de regarder s'écouler le Rio Grande. Sympathique, à défaut d'être foncièrement original.
Maintenant on commence les choses sérieuses. Heard it on the X est un morceau ultra-entraînant, efficace, au riff aussi simpliste que sympathique. Le solo de Billy Gibbons est l'un des meilleurs qu'il ait jamais interprété. Le refrain toujours aussi simpliste, donne largement envie de chanter pendant les concert du groupe. Pas étonnant que Pantera, durant ses jeunes années, reprenait régulièrement ce titre. On conclut avec un Tush d'anthologie. Un riff ultra classique et simpliste et un solo magnifique ont rapidement fait de ce titre un classique, un de ceux que le groupe ne peut pas se permettre de ne pas jouer.

Un bon album, sympathique, même si je ne le considère pas come un de mes préférés. Mais ZZ Top n'a jamais sorti de véritablement de bouses. J'ai toujours eu un faible pour leurs premiers albums avec leur production légèrement cradingue qui restitue fidèlement une ambiance au Texas des 70's. Je préfère des albums comme Rio Grande mud, Tres hombres ou Degüello, qui à eux seuls contiennent un lot de classiques impressionnants.
Le rock de ZZ Top n'a jamais fait preuve d'originalité et, l'instar de groupes comme Kiss ou AC/DC, ce n'est pas franchement ce qu'on leur demande. Aucun mal à cela, bien au contraire. C'est leur marque de fabrique et c'est ce que le public veut entendre, donc aucune raison de s'en priver.
Fandango est l'un de leurs albums les plus vendus à ce jour et ce n'est pas immérité. Replongez-vous dans l'ambiance moite des troquets miteux du Texas de l'époque, et tant que vous y êtes, repassez-vous toute la discographie des 70's de ce groupe de légende. Ces albums sont capables de remonter le moral à n'importe qui, mieux que n'importe quel antidépresseur.

jeudi 25 février 2010

Overkill - WFO

Pour beaucoup, Overkill, c'est la seconde division du thrash. Vision quelque peu réductrice s'il en est, car ce groupe, même s'il n'a jamais atteint les plus hautes sphères comme Metallica ou Slayer, ne démérite pas pour autant. Les New-Yorkais n'ont jamais sorti d'albums pourris, ce qui est déjà un exploit. Difficile de dire ce qu'il leur a manqué pour pouvoir véritablement s'imposer. Je vous propose de revenir aujourd'hui sur ce WFO, publié en 1994, un des meilleurs opus de ce groupe injustement sous-estimé.

WFO, c'est l'abréviation Wide Fuckin' open. En gros, on nous demande d'ouvrir grands nos oreilles. Et franchement, ça serait bien dommage de s'en priver. Dès les premières secondes de Where it hurts, le morceau d'ouverture, on comprend que ça va cogner sévère. Je suis scotché par le son de la basse de DD Verni, que je trouve magnifique. Les guitares semblent être un poil sous-mixées, mais je peux vous assurer que les riffs sont d'une rare intensité, à défaut d'être franchement originaux. La voix de Bobby Ellsworth n'a jamais semblé aussi puissante: ce dernier éructe des vocaux impressionnants qui nous confirment que le groupe ne plaisante plus.
Et on enchaîne avec un Fast Junkie qui met tout le monde d'accord: quel déferlement de puissance et de sauvagerie pour un groupe que l'on disait has-been en 1994. A noter le travail impressionnant du batteur Tim Mallare, qui n'hésite pas à user régulièrement de la double pédale. Et surtout quel solo de gratte, mes enfants... Alex Skolnick de Testament en serait presque jaloux.
Des tueries, il y en a d'autres au cours de cette album de haute volée. Je pourrais vous citer The wait/New high in lows, They eat their young, Under one ou Bastard nation qui valent très largement le détour. Les autres morceaux? Intéressants, même si légèrement moins accrocheurs. Mais en aucun cas il ne s'agit de mauvais titres. C'est juste qu'il est très difficile d'aligner des morceaux de la trempe de Where it hurts en permanence.

Le problème de cet album, et j'irais jusqu'à généraliser en disant le problème d'Overkill, c'est qu'il a manqué à ce groupe une véritable personnalité. Je m'explique: on entend régulièrement des références à Metallica, à Iron Maiden au cours des morceaux. Le problème est moindre sur cet album, mais c'était nettement plus flagrant sur les albums précédents. C'est un peu dommage, car les musiciens ont largement le talent nécessaire pour imposer au public leurs vues. Maintenant, je n'irais pas jusqu'à dire qu'ils carrément "pompé" les groupes que je viens de citer, ce serait exagéré, mais il est difficile de nier cet état de fait.

Overkill nous a pondu en 1994 un album à l'efficacité redoutable, terriblement bien produit, au son compact. Le rendu final est époustouflant et la qualité des titres plutôt homogène. Je l'ai déjà dit et je me répète: j'adore le jeu de basse de DD Verni, particulièrement à l'honneur sur ce disque. Un disque qui a été capable de les faire passer à un échelon supérieur, et ce n'est que justice. De tous les groupes de thrash US, celui-ci est sans doute l'un de ceux qui a le moins connu le succès et c'est injuste. Je vous recommande de vous mettre au goût du jour en réécoutant ce WFO et en savourant plusieurs autres albums, tels Bloodletting, Killbox 13 ou le petit dernier, Ironbound, qui valent largement leur pesant d'or. Ils le méritent amplement.

mercredi 24 février 2010

Obituary - Slowly we rot

Un autre monument de la scène death metal que ce premier album d'Obituary, paru en 1989. Le créneau était déjà bien occupé à l'époque, notamment par Death et Morbid Angel. Pas forcément évident de venir chercher les maîtres du genre sur leur terrain. Et pourtant, Obituary, avec ce Slowly we rot, a su s'imposer avec brio. Il faut bien dire aussi que lorsqu'on est les géniteurs d'un album aussi violent, cru et lourd, difficile de rester inaperçu.

C'est effectivement ce qu'il y a de plus marquant sur cet album, la lourdeur. Prenez le titre éponyme. L'intro elle-même est représentative de tout le reste de l'album. Lorsque le rythme s'accélère, c'est du brutal. Une musique d'hommes... La production est brute de décoffrage, cela peut être perçu comme un défaut, mais en ce qui me concerne, je trouve que cela apporte plus de force aux compositions. Ce qui me marque le plus, c'est le chant de John Tardy, si toutefois on peut appeler cela du chant. On pourrait hésiter avec le qualificatif "cri inhumain". La voix est ici utilisée comme toute autre instrument, une approche du chant plutôt originale.

Les compositions en elles-mêmes sont toujours inspirées et efficaces, même plus de 20 plus tard. C'est plus rageur que jamais. Difficile d'en retenir une plus que les autres, mais en toute honnêteté, aucun des 12 titres figurant ici n'est à jeter, ce qui est déjà pas mal pour un premier opus. Bien sûr, j'ai toujours un petit faible pour des titres comme le sus-nommé Slowly we rot (le premier que j'ai entendu du groupe floridien), 'til death, Internal Bleeding ou Suffocation. Impossible de résister à la force de ces morceaux.

Il faut bien reconnaître qu'Obituary avait créé une nouvelle voie avec son death metal plus sombre et lourd que jamais. Il avait réussi à se différencier des pionniers du style, et je pense que c'est ce qui a fait sa gloire et surtout sa marque de fabrique. Pas mal pour un seul album. Il fallait se dire en 1989 que ce n'était que le début. D'autres pépites allaient suivre, tout comme le fabuleux Cause of death l'année suivante, The end complete en 1992 ou, plus proches de nous Frozen in time (2005) ou Darkest day (2009).

Les lecteurs réguliers de ce blog savent maintenant que je suis un grand fan de ces groupes pionniers qui ont su donner ses lettres de noblesse à la musique extrême. Obituary en fait incontestablement partie, et Slowly we rot est indubitablement un de ces albums fondateurs, un de ceux sans lesquels la musique extrême actuelle serait radicalement différente. Un statut légendaire amplement mérité car étant donné le contexte de l'époque, il n'était pas évident de sortir une telle œuvre. Je ne peux que vous conseiller de vous procurer ce premier opus au caractère historique ainsi que tous les autres albums d'Obituary que je vous ai cités tout au long de cette chronique.

lundi 22 février 2010

Guns'n'roses - Chinese democracy

Ce Chinese Democracy, on peut dire qu'il était attendu de pied ferme. La dernière sortie d'un album studio des Guns'n'roses remonte à 1993 et le moyen The spaghetti incident. Il était presque inespéré de voir dans les bacs ce disque, tant de fois annoncé et autant de fois repoussé.
Et en novembre 2008, il est enfin là... Pour quel résultat? Je serais poli en disant: "tout ça pour ça!"

Déjà, quand j'ai vu la pochette, je craignais le pire. Si le contenu est à l'image du contenant, ça ne va pas être fameux... Finalement, la pochette ne sera pas la pire chose sur cet album.
Les titres? On passe du moyen au médiocre. J'ai même du mal à dire qu'on y trouve de bons titres. C'est tout dire. je précise que cette chronique n'émane pas d'une personne qui détestait farouchement les Guns. Sans être un de leurs fans acharnés, j'aime bien m'écouter de temps à autre un Appetite for destruction.
On commence par les meilleurs titres (oui, je sais, tout est relatif!): Chinese democracy est assez pêchu, mais on ne peut pas dire non plus qu'il atteint des sommets, ce morceau d'ouverture. Rien à voir avec Welcome to the jungle... Pas de quoi fouetter un chat... Better, comme le titre l'indique, annonce un léger (!) mieux. Là, aussi, je ne peux pas dire un futur hymne... Le meilleur titre, de mon point de vue, c'est IRS. Nettement plus inspiré que tout le reste de cet album, il ne manque plus qu'un petit quelque chose pour en faire un titre à la hauteur de la réputation de Guns'n'roses. En étant grand seigneur, j'admets que les ambiances dégagées par Madagascar sont sympathiques, sans plus.
Shackler's revenge, Riad'n the bedouins, If the world ou Scraped se laissent écouter, sans plus. Pas de quoi s'en relever la nuit, mais pas de quoi susciter mon dégoût non plus. Non, le problème, ce sont les autres titres... C'est effrayant de nullité! Les Street of dreams, There was a time, Catcher in the rye, Sorry, Prostitute et This is love. Je n'arrive pas à comprendre où Axl Rose veut en venir. Je peux comprendre que ses goûts personnels en musique aient changé, mais pas à ce point. Ce n'est pas tant le changement d'orientation musicale qui me désole le plus, c'est la vacuité de ces morceaux. Axl Rose a réussi à remplir un album avec du vide... Jamais je ne m'aurais cru capable de dire une chose pareille...

Autant de temps et d'argent pour un résultat aussi indigent... 8 titres potables et 6 titres vides de sens et franchement inutiles, c'est le maigre bilan de ce Chinese democracy. Je n'avais rien entendu d'aussi décevant depuis l'album solo de Gene Simmons de 2004, Asshole, ou alors Eye to eye,l'album que Scorpions a sorti en 1999. Slash, Duff, Izzy, vous pourriez aider Axl à refaire de la vraie bonne musique? Parce qu'à ce rythme-là, Axl va couvrir de honte le nom de Guns'n'roses. Ce disque a réussi à me mettre en colère, c'est une insulte envers ceux qui attendaient impatiemment cet album. Rose a mis en cause par le passé les qualités d'instrumentistes de ses ex-petits camarades, mais seul, il n'a pas fait mieux que ces derniers. Vivement la reformation...

mercredi 17 février 2010

Black Label Society - Shot to hell

Zakk Wylde, guitariste de génie, réputé pour avoir joué pendant plus de 20 ans avec Ozzy Osbourne, qui a toujours eu du bol quand il s'agit de trouver des gratteux d'exception. Mais surtout Zakk Wylde, géniteur du génial projet solo Black Label Society. Un projet varié, capable d'alterner la brutalité pure, avec des albums comme Stronger than death, ou la douceur, comme Hangover music vol VI. Ce Shot to hell, dernier rejeton du père Wylde, paru en 2006, est un bon compromis entre ces deux mondes.

La sauvagerie, Zakk Wylde en a fait largement le tour au cours de ses quatre premiers opus. Les ballades de Hangover Music, qui toutefois ne manquent pas de charme, n'ont pas complètement convaincu les metalleux purs et durs. Pour satisfaire tout le monde, on prend sept titres bien couillus dans la plus pure veine de Black Label Society, et 6 titres très calmes, comme Zakk Wylde sait aussi les pondre.

Commençons par les morceaux bruts de décoffrage... On est ici en terrain connu, Zak Wylde n'innove en rien, mais comme c'est du bon, on lui pardonne volontiers. Il serait dommage de se priver de morceaux comme Concrete Jungle (qui aurait pu cependant avoir un succès à la radio), Black mass reverends, Give yourself to me et Devil's dime. Du gros rock bien lourd à la Pantera, mais on sent aussi que les pionniers fondateurs tels Black Sabbath ne sont pas bien loin. Et quels son de guitares, mes enfants... Unique, reconnaissable entre mille, ce dernier donne envie, plus que jamais, de taper du pied.

Le souci vient plutôt des ballades. Pas qu'elles soient mauvaises en soi, mais six titres, sur un album qui en comporte treize, ça fait beaucoup. Et je fais partie de ceux qui pensent que ce n'est pas vraiment l'élément de prédilection du génial Zakk. Dans l'histoire du rock, il y a eu des ballades extraordinaires et d'autres impressionnantes de mièvrerie. Celles de Black Label Society font malheureusement partie de la seconde catégorie. Autant, il y en avait sur Hangover music qui étaient plutôt sympathiques (même si j'ai toujours autant de mal avec cet album) - je pense à la reprise de Procol Harum A whiter shade of pale - autant celles qui figurent sur Shot to hell m'agacent. Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours autant de difficultés à imaginer Zakk Wylde à chialer sur l'épaule de sa femme. Non, plus sérieusement, je sais bien qu'il en faut pour tous les goûts, mais le père Zakk a tendance à se gaufrer avec ces morceaux sirupeux à souhait.

Ce Shot to hell nous offre de grands moments comme nous n'en avions pas eu de la part de Black Label Society depuis un moment. Le problème, vous l'avez compris, vient des ballades qui, à mon sens, freinent un album qui était bien parti pour cartonner auprès des metalleux. Je me répète, rien de catastrophique en soi, mais je persiste à croire que ce n'est absolument pas l'exercice dans lequel Zakk Wylde excelle le plus. Ce n'est franchement pas ce que j'attends d'un album de Black Label Society. Pour moi, cela doit être de la musique de bûcherons pour les bûcherons, pas de la musique à faire pleurer un grizzly affamé.

Un album recommandable, mais pas le plus indispensable. Après,tout dépend de votre humeur: si vous voulez du costaud, ruez-vous sur Sonic Brew, ou The blessed hellride. Si vous préférez le Black Label Society version soft, Shot to hell, de par sa diversité, vous plaira. Vous aurez facilement compris où je me situe.

Shot to hell, c'est un peu le genre de disques où on peut dire à des non-initiés :"Ah, tu vois ces rockers sont aussi des personnes sensibles!" Mais ce n'est définitivement pas ce que j'attends de ce groupe...

lundi 15 février 2010

Bethzaida - LXXVIII

Relativement méconnu, Bethzaida, le groupe de black norvégien, mérite qu'on s'y attarde. Lorsque je dis black, je devrais plutôt dire black teinté de death et de folk metal. Cette nuance permet de deviner que le groupe n'officie pas du tout dans le même registre que Marduk par exemple et qu'il est capable d'insuffler un minimum d'originalité et de subtilité dans ce monde de brutes. Leur deuxième LP, paru en 1998, laisse place à des ambiances plus diversifiées.

Comme je l'indiquais précédemment, ici, ça ne blaste pas à tout va. L'ambiance est plutôt lourde, mélancolique. Presque un appel du pied à un passé révolu. La flûte du chanteur Lars Ruben Hirsch ajoute un côté médiéval pas du tout désagréable. La voix est caverneuse, les rythmes plombés, le jeu du batteur Terje Myhre Krabol, à défaut d'être particulièrement abouti, est d'une très grande efficacité, et les guitaristes Brian III et Andre Svee sont capables de distiller différents types d'atmosphères. Constat plutôt flatteur, à première vue.
Et que penser des titres de LXXVIII? Parfaitement exécutés, excellente production qui rend justice aux morceaux. Là où le bât blesse, c'est qu'on a parfois du mal à différencier l'un ou l'autre morceau. L'originalité n'est pas ici ce qui prime, on mise plutôt sur l'efficacité et la lourdeur. Quand je dis lourdeur, ce n'est pas du doom non plus... Les titres sont éminemment sympathiques, tels The Blasphemer, Wolf's desire, No regrets before death ou leur premier coup d'éclat, Sumarian Rebirth. Sympathique est vraiment le mot qui convient, je ne peux pas dire transcendant. Et c'est bien dommage, car je suis sûr qu'il ne fallait plus grand chose à Bethzaida pour passer à l'échelon supérieur.

Bethzaida reste condamné à l'underground et a même malheureusement tendance à sombrer dans l'oubli. Plutôt injuste, car il y a bien pire que ce groupe dans le genre. Ce LXXVIII a tout de l'album sympathique, mais cela ne le rend pas indispensable pour autant. Autant dire qu'il s'adresse surtout aux plus curieux d'entre nous. Ce disque allait être leur chant du cygne, puisque peu de temps après la sortie de cet opus, le groupe allait se séparer, faute aux traditionnelles divergences musicales.

Un disque donc recommandable, mais pas de quoi le citer non plus comme une référence ultime.